Le trouble persistant des perceptions induit par les hallucinogènes (HPPD) constitue une affection rare et mal comprise, caractérisée par la réapparition partielle ou totale de perturbations perceptuelles initialement ressenties lors d’intoxications aiguës sans reprise récente de substances. Cette revue analyse la littérature disponible afin de clarifier l’étiologie, la phénoménologie clinique et les options thérapeutiques de ce syndrome.
Les auteurs décrivent deux sous-types distincts : le HPPD de type I, d’évolution bénigne, épisodique et réversible, et le HPPD de type II, marqué par une persistance chronique, envahissante et hautement invalidante. Bien que le LSD demeure la substance la plus fréquemment documentée dans la survenue de ce trouble, une grande diversité de substances psychédéliques et d’autres agents psychoactifs peuvent également déclencher ces anomalies perceptuelles.
Sur le plan physiopathologique, l’hypothèse principale suggère une désinhibition corticale résultant de l’altération des interneurones inhibiteurs sérotoninergiques et GABAergiques. Les stratégies thérapeutiques actuelles reposent essentiellement sur les agonistes alpha-2 adrénergiques, les benzodiazépines et certains stabilisateurs de l’humeur ou antiépileptiques, tandis que les antipsychotiques atypiques présentent des résultats controversés et peuvent parfois aggraver la symptomatologie.
L’étude vise à recenser et analyser l’ensemble des études originales portant sur le HPPD afin d’examiner les hypothèses étiologiques, les substances inductrices, le profil clinique des sous-types I et II, les comorbidités psychiatriques associées et les approches thérapeutiques existantes ou émergentes.
- Recherche documentaire : Une recherche systématique est effectuée sur la base de données PubMed jusqu’au 15 septembre 2017 en utilisant les termes “Hallucinogen Persisting Perception Disorder” et “Hallucinogen Persisting Perceptual Disorder”.
- Critères de sélection : Sont inclus tous les articles originaux en anglais (essais ouverts ou à double insu, études observationnelles prospectives ou rétrospectives, rapports de cas) décrivant des anomalies perceptuelles chez des patients ayant des antécédents d’usage de substances. Les revues narratives, éditoriaux, lettres et études pédiatriques sont exclus.
- Sélection des articles : Sur 46 références identifiées, 25 études répondant strictement aux critères d’éligibilité sont retenues pour la synthèse qualitative.
- Substances incriminées : Le LSD et la phencyclidine (PCP) représentent la majorité des cas recensés (14 études, 294 patients), suivis par le cannabis, les cannabinoïdes de synthèse et la MDMA.
- Symptomatologie visuelle : Les manifestations les plus fréquentes incluent la palinopsie, la présence de traînées lumineuses (“tracers”), la neige visuelle (“visual snow”), les halos, les micropsies/macropsies et des distorsions du mouvement.
- Distinction clinique : Le HPPD de type I correspond à des reviviscences courtes et spontanément résolutives n’entraînant qu’une altération mineure du fonctionnement, tandis que le HPPD de type II présente une chronicité sévère, souvent associée à une anxiété majeure et à des symptômes dissociatifs de dépersonnalisation et déréalisation.
- Efficacité thérapeutique : La clonidine et le clonazépam démontrent une efficacité clinique notable pour réduire les distorsions visuelles et l’anxiété associée. Les antiépileptiques tels que la lamotrigine ou le lévétiracétam montrent des résultats favorables dans les formes réfractaires, tandis que la rispéridone est fréquemment associée à une détérioration des symptômes.
Cette revue souligne l’importance d’adopter une nosologie opérationnelle claire distinguant formellement le HPPD de type I et de type II afin d’orienter adéquatement le diagnostic et le pronostic.
Sur le plan clinique, le choix des interventions pharmacologiques doit tenir compte des comorbidités anxieuses ou affectives et privilégier les molécules régulant les systèmes GABAergiques et adrénergiques, tout en évitant l’usage non ciblé d’antipsychotiques atypiques susceptibles d’exacerber les perturbations visuelles.
La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.