Bien que les substances psychédéliques présentent un potentiel thérapeutique prometteur, certains usagers font face à des difficultés prolongées après leur consommation. Cette étude examine la prévalence, la sévérité, la durée et les stratégies d’adaptation associées à ces défis post-psychédéliques.
Les résultats mettent en évidence la prévalence élevée du sentiment de déconnexion sociale, de l’anxiété et des crises de panique, ainsi que des luttes existentielles. L’anxiété et les crises de panique sont perçues comme les difficultés les plus sévères, tandis que les crises existentielles et la diminution de l’estime de soi durent le plus longtemps, persistant en moyenne plus de 15 mois.
L’auto-éducation par la lecture et l’information constitue la méthode d’adaptation la plus fréquente face à plusieurs difficultés, tandis que la psychothérapie professionnelle s’avère particulièrement utile pour la dépression et la perte d’estime de soi, et le soutien des pairs et de la famille pour gérer l’anxiété.
L’étude vise à déterminer la prévalence relative, la sévérité perçue et la durée de 11 types de difficultés psychologiques prolongées survenant après la prise de substances psychédéliques.
Elle cherche également à identifier quelles stratégies d’adaptation et formes de soutien sont perçues comme les plus efficaces pour chaque type spécifique de difficulté rapportée.
- Échantillon : 159 participants âgés d’au moins 18 ans ayant vécu des difficultés fonctionnelles d’une durée supérieure à un jour après une expérience psychédélique survenue entre 2 et 10 ans auparavant.
- Substances rapportées : La psilocybine (n = 59), l’ayahuasca (n = 26), le LSD (n = 23), la MDMA (n = 20), la DMT (n = 12), la kétamine (n = 12), le 5-MeO-DMT (n = 9), la salvia (n = 4), la mescaline (n = 4), le 2C-B et l’ibogaïne.
- Mesures : Évaluation par questionnaire en ligne de la prévalence de 11 difficultés distinctes, de leur sévérité sur une échelle en 3 points, de leur durée sur une échelle d’intervalles temporels, et sélection des deux meilleures stratégies d’adaptation parmi 12 options.
- Analyses statistiques : Tests t appariés avec correction pour comparaisons multiples afin de comparer les sévérités et durées, et tests du chi-carré avec correction de Bonferroni pour analyser la distribution des stratégies d’adaptation.
- Prévalence : La déconnexion sociale (71,7 %), l’anxiété et les attaques de panique (67,9 %), les luttes existentielles (65,4 %), la dépression (61,0 %) et la déréalisation (54,7 %) constituent les difficultés les plus fréquentes.
- Sévérité : L’anxiété et les attaques de panique obtiennent le score moyen de sévérité le plus élevé (M = 2,24), suivies par la paranoïa (M = 2,22) et la confusion cognitive (M = 2,17). La déréalisation, la dépersonnalisation et les perturbations visuelles sont jugées significativement moins sévères.
- Durée : La diminution de l’estime de soi (M = 3,72, soit environ 15 mois) et la lutte existentielle (M = 3,51, soit environ 17 mois) sont les difficultés qui persistent le plus longtemps dans le temps.
- Stratégies d’adaptation : L’auto-éducation par des lectures et vidéos représente la stratégie la plus utile pour 6 difficultés sur 11 (notamment la déconnexion sociale, les crises existentielles et la déréalisation). La thérapie professionnelle prédomine pour la dépression (37,0 %) et l’estime de soi diminuée (42,7 %), tandis que le soutien des proches et des pairs est privilégié pour l’anxiété et les attaques de panique (30,1 %).
Les résultats soulignent l’importance de renforcer les pratiques d’intégration après l’usage de substances psychédéliques, en mettant l’accent sur la reconnexion sociale et l’accompagnement dans la quête de sens.
La persistance prolongée de certaines difficultés existentielles et identitaires démontre la nécessité d’élaborer des ressources diversifiées et à long terme, associant thérapies professionnelles, éducation accessible et groupes de soutien par les pairs, dépassant le simple cadre de la thérapie individuelle standard.
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