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Psychédélique(s) étudié(s) : Psilocybine
Publiée le 27 juillet 2026
Type : Essai clinique
Auteurs : Daniel A. Schaefer, Manish Agrawal, Emanuele Mazzola, Michelle K. Leff, Celia Leeks, Benjamin S. Kematick, Yvan Beaussant
Résumé :

La dépression affecte environ un tiers des patients atteints de cancer et altère considérablement leur qualité de vie. Bien que la thérapie assistée par la psilocybine démontre des effets antidépresseurs rapides chez les personnes atteintes de pathologies oncologiques, la majorité des essais cliniques excluent les personnes recevant un traitement anticancéreux systémique actif, ce qui limite les données relatives à la sécurité d’une administration concomitante.

Cette étude constitue une analyse secondaire d’un essai ouvert de phase II évaluant l’efficacité et la tolérance de la thérapie assistée par la psilocybine chez 30 adultes atteints d’un cancer et d’un trouble dépressif majeur. Les participants sont répartis entre ceux recevant un traitement anticancéreux systémique actif dans les 30 jours précédant la séance et ceux n’en recevant pas.

Les résultats révèlent une réduction substantielle et équivalente des symptômes dépressifs dans les deux groupes à 1, 3 et 8 semaines, sans signal de toxicité accrue ni interactions pharmacologiques problématiques. Ces observations soutiennent l’inclusion de patients sous traitement oncologique actif dans les futurs essais cliniques portant sur les substances psychédéliques.

Objectif :

L’étude vise à comparer l’efficacité antidépressive et le profil d’innocuité de la thérapie assistée par la psilocybine entre des patients atteints de cancer recevant un traitement anticancéreux systémique concomitant et des patients n’en recevant pas.

Elle cherche également à caractériser la nature, la gravité et la dynamique temporelle des événements indésirables associés à cette intervention au cours d’un suivi de 8 semaines.

Méthodologie :
  • Type d’étude : Analyse secondaire d’un essai clinique ouvert de phase II à bras unique (identifiant ClinicalTrials.gov : NCT04593563).
  • Participants : 30 adultes atteints d’une néoplasie maligne confirmée et d’un trouble dépressif majeur selon le DSM-5 (score HAM-D ≥ 18) sans caractéristiques psychotiques.
  • Groupes comparés : Groupe sous traitement systémique actif (chimiothérapie cytotoxique, hormonothérapie, immunothérapie, inhibiteurs de tyrosine kinase, anticorps monoclonaux ou associations ; n = 17) versus groupe sans traitement systémique récent (n = 13).
  • Intervention : Préparation individuelle (2 heures) et combinée (75 minutes en groupe, 45 minutes individuelle), administration d’une dose orale unique de 25 mg de psilocybine en groupe (cohortes de 3 à 4 participants accompagnés individuellement par un thérapeute), suivie de séances d’intégration individuelles et collectives sur 8 semaines.
  • Critères d’évaluation : Différence intergroupe sur l’échelle de dépression de Montgomery–Åsberg (MADRS) aux semaines 1, 3 et 8, incidence et sévérité des événements indésirables (MedDRA), bilans biologiques, électrocardiogrammes et évaluation de la suicidalité via l’échelle C-SSRS.
Résultats principaux :
  • Efficacité antidépressive : Les scores MADRS diminuent de manière comparable dans les deux groupes dès la première semaine, sans différence statistiquement significative à la semaine 1 (P = 0,88), à la semaine 3 (P = 0,93) et à la semaine 8 (P = 0,97).
  • Charge globale d’événements indésirables : 240 événements indésirables sont recensés (moyenne de 9,0 par participant dans le groupe sous traitement systémique contre 6,7 dans le groupe témoin ; P = 0,08).
  • Événements sévères et graves : Quatre événements indésirables sévères et un événement indésirable grave (infection à Helicobacter pylori) surviennent uniquement chez des patients sous traitement systémique, mais tous sont jugés non liés à la psilocybine.
  • Types d’effets observés : Les céphalées, les nausées, les modifications transitoires de l’humeur, l’anxiété et la fatigue représentent les effets les plus fréquents, sans différence significative de fréquence entre les deux groupes (P > 0,10 pour chaque effet).
  • Dynamique temporelle : Une majorité des événements (77,9 %) se manifeste le jour même de l’administration ou durant la première semaine de suivi dans les deux groupes.
  • Paramètres de sécurité : Aucune anomalie de laboratoire, aucune modification ECG cliniquement significative et aucune aggravation de la suicidalité imputables à la psilocybine ne sont constatées.
Implications cliniques :

Cette analyse démontre la faisabilité et la sécurité à court terme de la thérapie assistée par la psilocybine chez des patients oncologiques sous traitement systémique actif, y compris sous chimiothérapie cytotoxique ou immunothérapie. Ces données concordent avec le profil pharmacocinétique de la psilocybine, dont la métabolisation rapide par la monoamine-oxydase A et la glucuronidation limite le risque d’interactions médicamenteuses majeures.

Sur le plan méthodologique et clinique, ces résultats remettent en question l’exclusion systématique des patients recevant une chimiothérapie active dans les protocoles de recherche psychédélique. Ils plaident pour la réalisation d’études prospectives de plus grande envergure afin d’élargir l’accès aux soins de support psychothérapeutiques et d’évaluer les bénéfices des formats de thérapie de groupe.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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