L’hypertension artérielle constitue une cause majeure de morbidité et de mortalité dans le monde, touchant de façon disproportionnée les minorités raciales et ethniques. Alors que des travaux récents mettent en évidence des corrélations protectrices entre la consommation de psychédéliques classiques et la prévalence de l’hypertension, cette étude examine l’influence modératrice de l’origine raciale et ethnique sur ce lien.
À partir des données de l’Enquête nationale sur l’usage de drogues et la santé (NSDUH) menée entre 2005 et 2014 aux États-Unis auprès de plus de 380 000 adultes, les auteurs évaluent l’association entre l’usage de psychédéliques classiques et le diagnostic d’hypertension au cours de l’année écoulée. Parmi les composés analysés, seule la psilocybine présente un lien protecteur statistiquement significatif au niveau de la population globale.
L’analyse met en lumière un effet modérateur significatif de l’ethnicité hispanique. La réduction des risques d’hypertension associée à l’usage de la psilocybine se manifeste uniquement chez les participants blancs non hispaniques, tandis qu’aucune association protectrice significative n’est observée chez les participants noirs, hispaniques, autochtones, asiatiques ou multiraciaux.
L’étude vise à déterminer si l’appartenance raciale et ethnique modère les associations protectrices observées entre l’usage de substances psychédéliques classiques au cours de la vie et le diagnostic d’hypertension au cours de l’année précédente.
Elle cherche également à identifier les psychédéliques classiques spécifiquement associés à une baisse de l’hypertension et à évaluer la persistance de ces bénéfices au sein de chaque sous-groupe racial et ethnique.
- Source des données : Exploitation des cohortes 2005-2014 de l’enquête transversale représentative à l’échelle nationale “National Survey on Drug Use and Health” (NSDUH).
- Échantillon : Inclusion de l’ensemble des répondants âgés de 18 ans et plus (N > 380 000).
- Variables indépendantes : Déclaration de l’usage au cours de la vie de quatre psychédéliques classiques, à savoir la psilocybine, le LSD, la mescaline et le peyotl.
- Variable dépendante : Diagnostic médical d’hypertension artérielle rapporté au cours des douze derniers mois.
- Analyses statistiques : Régressions logistiques pondérées selon le plan d’échantillonnage de la NSDUH, contrôlant pour les facteurs sociodémographiques (âge, sexe, revenu, niveau d’éducation, statut marital) et l’usage d’autres substances illicites.
- Tests de modération : Évaluation des effets d’interaction entre l’identité raciale ou ethnique et la consommation de psilocybine.
- Substance associée : La psilocybine s’avère être le seul psychédélique classique corrélé à une probabilité réduite d’hypertension au cours de la dernière année dans l’ensemble de la population étudiée (aOR = 0,82 ; IC à 95 % [0,74, 0,91]).
- Effet modérateur : L’interaction entre la consommation de psilocybine et l’appartenance au groupe hispanique est statistiquement significative pour prédire la prévalence de l’hypertension (bêta = 0,48 ; p = 0,009).
- Spécificité ethnique : L’association protectrice est exclusivement constatée chez les participants blancs non hispaniques (aOR = 0,83 ; IC à 95 % [0,75, 0,92] ; p < 0,001).
- Absence d’effet protecteur chez les minorités : Aucun lien statistiquement significatif n’apparaît entre l’usage de psilocybine et l’hypertension chez les participants noirs, hispaniques, autochtones, asiatiques ou multiraciaux.
Ces résultats soulignent que les bénéfices potentiels pour la santé cardiovasculaire associés à l’usage de substances psychédéliques ne se généralisent pas de manière uniforme à l’ensemble des groupes démographiques. Les disparités socio-économiques, les inégalités structurelles d’accès aux soins de santé et les facteurs de confusion liés au mode de vie peuvent expliquer l’absence d’association protectrice chez les minorités raciales et ethniques.
Cette disparité appelle la communauté scientifique à accroître la diversité au sein des essais cliniques et des études longitudinales sur les psychédéliques, afin d’évaluer rigoureusement les mécanismes biologiques et contextuels influençant les résultats de santé chez les populations historiquement sous-représentées.
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