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Psychédélique(s) étudié(s) : MDMA, Psilocybine
Publiée le 1 juin 2022
Type : Revue systématique
Auteurs : Aryan Sarparast, Kelan Thomas, Benjamin Malcolm, Christopher S. Stauffer
Résumé :

Cette revue systématique examine l’ensemble des données disponibles sur les interactions pharmacocinétiques, physiologiques et subjectives entre les médicaments psychiatriques et deux substances psychédéliques en cours de développement clinique avancé : la MDMA et la psilocybine.

L’analyse regroupe quarante publications scientifiques, incluant des essais contrôlés randomisés, des enquêtes épidémiologiques et des rapports de cas. Les données portent sur diverses classes thérapeutiques, notamment les antidépresseurs, les antipsychotiques, les anxiolytiques, les stabilisateurs de l’humeur et les psychostimulants.

Les résultats mettent en évidence des profils d’interaction très différents entre la MDMA et la psilocybine. Les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (ISRS et IRSN) atténuent fortement les effets subjectifs et physiologiques de la MDMA, alors que l’escitalopram ne bloque pas les effets psychédéliques de la psilocybine tout en diminuant son anxiogénicité aiguë. Les inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO) combinés à la MDMA présentent des risques mortels de syndrome sérotoninergique, et l’association de lithium avec des psychédéliques montre des signalements préoccupants de convulsions.

Objectif :

L’étude vise à identifier, compiler et synthétiser les données publiées concernant les interactions pharmacologiques, physiologiques et subjectives entre les médicaments psychiatriques usuels et l’administration de la MDMA ou de la psilocybine chez l’être humain.

Elle cherche à éclairer les cliniciens et les chercheurs sur la gestion sécuritaire des traitements de fond lors de l’intégration de la thérapie assistée par psychédéliques, en identifiant les synergies toxiques et les réductions potentielles d’efficacité thérapeutique.

Méthodologie :
  • Protocole et directives : Revue systématique menée conformément aux lignes directrices PRISMA et enregistrée sur PROSPERO.
  • Sources et sélection : Requête effectuée sur la base de données MEDLINE via PubMed de 1958 à décembre 2020, complétée par 12 articles identifiés manuellement, ciblant 22 classes médicamenteuses et 135 molécules psychiatriques spécifiques combinées à la MDMA ou à la psilocybine.
  • Critères d’inclusion : Études chez l’humain incluant des essais contrôlés randomisés (ECR), des études épidémiologiques et des rapports de cas documentant des issues pharmacocinétiques, physiologiques ou subjectives.
  • Corpus retenu : 40 publications sélectionnées, comprenant 26 publications d’ECR (17 essais originaux et 9 analyses secondaires portant sur des adultes sains), 3 études épidémiologiques et 11 rapports de cas.
Résultats principaux :
  • ISRS, IRSN et MDMA : Les inhibiteurs de transporteurs (citalopram, fluoxetine, paroxétine, duloxétine) diminuent substantiellement les effets subjectifs (baisse de 30 % à 80 %) et cardiovasculaires de la MDMA, malgré une augmentation des concentrations plasmatiques de MDMA causée par l’inhibition du CYP2D6.
  • ISRS et Psilocybine : L’administration préalable d’escitalopram pendant deux semaines ne diminue pas les effets psychédéliques globaux de la psilocybine, mais atténue significativement l’anxiété aiguë, les effets indésirables et les hausses de pression artérielle.
  • Antipsychotiques : Les antagonistes des récepteurs 5-HT2A comme la rispéridone et la chlorpromazine bloquent les effets visuels et les altérations de conscience provoqués par la psilocybine. À l’inverse, l’halopéridol (antagoniste D2 pur) n’inhibe pas les altérations perceptives mais augmente l’angoisse et la dysphorie avec la MDMA et la psilocybine.
  • IMAO et MDMA : L’association d’IMAO (tels que le moclobémide ou la phénelzine) et de MDMA est hautement toxique et potentiellement létale en raison d’un risque extrême de syndrome sérotoninergique sévère et d’hyperthermie maligne.
  • Psychostimulants et Bupropion : Le méthylphénidate combiné à la MDMA induit une toxicité cardiovasculaire accrue. Le bupropion prolonge la durée des effets positifs de la MDMA mais présente, dans les données de pharmacovigilance, un taux accru de mortalité en usage non médical.
  • Stabilisateurs de l’humeur : Les données épidémiologiques en ligne suggèrent un risque élevé de convulsions lors de la prise simultanée de lithium et de psychédéliques classiques, risque non observé avec la lamotrigine.
Implications cliniques :

Ces constats apportent un éclairage crucial pour les protocoles de recherche et la future pratique clinique de la psychothérapie assistée par psychédéliques. L’obligation courante d’interrompre complètement les antidépresseurs sérotoninergiques avant une séance de psilocybine pourrait être remise en question au vu de l’absence d’atténuation d’effet observée avec l’escitalopram.

Pour la MDMA, l’arrêt préalable des ISRS ou IRSN demeure justifié afin d’éviter une annulation des effets thérapeutiques recherchés, bien que le sevrage comporte ses propres risques de rechute. Enfin, les contre-indications absolues concernent les IMAO avec la MDMA ainsi que la prudence maximale requise avec le lithium lors de la prise de psychédéliques.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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