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Psychédélique(s) étudié(s) : Psilocybine
Publiée le 16 mars 2024
Type : Essai clinique
Auteurs : Isabelle Straumann, Friederike Holze, Anna M. Becker, Laura Ley, Nepomuk Halter, Matthias E. Liechti
Résumé :

Cette analyse regroupe les données de pharmacologie de sécurité issues de trois essais croisés randomisés en double aveugle et contrôlés par placebo, portant sur 85 participants sains et 113 administrations orales uniques de psilocybine à des doses de 15, 20, 25 et 30 mg.

Les résultats mettent en évidence une prédominance marquée des effets subjectifs positifs par rapport aux effets négatifs à toutes les doses testées. Les doses de 20, 25 et 30 mg génèrent des effets psychoactifs plus prononcés que la dose de 15 mg, tandis qu’une élévation de l’anxiété n’apparaît que pour les doses de 25 et 30 mg.

Sur le plan physiologique, la psilocybine induit une stimulation cardiovasculaire et thermique modérée et transitoire, sans altération des fonctions hépatiques ou rénales à moyen terme. Aucun événement indésirable grave n’est constaté, confirmant le profil de sécurité favorable de la molécule dans un cadre médical contrôlé.

Objectif :

L’étude vise à caractériser de manière approfondie les effets subjectifs aigus, les modifications autonomes et les événements indésirables aigus et subaigus provoqués par différentes doses de psilocybine chez des volontaires sains.

Elle cherche également à évaluer l’innocuité somatique de la molécule en mesurant les paramètres vitaux, les marqueurs sanguins de la fonction hépatique et rénale, ainsi que la prévalence des phénomènes de résurgence perceptive (“flashbacks”).

Méthodologie :
  • Protocole et conception : Analyse combinée de trois études cliniques de phase 1 randomisées, contrôlées par placebo, en cross-over et en double aveugle (à l’exception d’une condition pré-test), réalisées au Centre hospitalier universitaire de Bâle.
  • Participants : 85 volontaires sains (43 hommes, 42 femmes âgés de 25 à 55 ans) totalisant 113 administrations de psilocybine et 60 administrations de placebo.
  • Doses administrées : Doses orales uniques de 15 mg (n = 28), 20 mg (n = 33), 25 mg (n = 24) et 30 mg (n = 28) de psilocybine dihydratée sous forme de gélules standardisées.
  • Mesures pharmacodynamiques : Échelles visuelles analogiques répétées (effets globaux, positifs, négatifs, anxiété, dissolution de l’ego), échelle 5D-ASC à 24 heures et Liste des plaintes (“List of Complaints”) jusqu’à 24 heures.
  • Évaluations physiologiques et biologiques : Mesure automatisée de la pression artérielle, de la fréquence cardiaque et de la température tympanique, intervalle QTc (sur une cohorte) et bilans hépatiques et rénaux au début et à la fin de l’étude.
Résultats principaux :
  • Effets subjectifs : Les évaluations des “effets positifs” dépassent 50 % de l’échelle chez 79 % à 96 % des participants selon les doses, surpassant nettement les “effets négatifs” (14 % à 42 %). La dissolution de l’ego augmente de manière dose-dépendante.
  • Anxiété aiguë : Une augmentation statistiquement significative de l’anxiété n’est observée qu’aux doses de 25 mg et 30 mg. Toutes les manifestations anxieuses ont été apaisées par un simple soutien verbal sans recours aux benzodiazépines.
  • Paramètres cardiovasculaires et thermiques : 50 % des administrations induisent une pression artérielle systolique supérieure à 140 mmHg, mais aucune hypertension sévère (>180 mmHg) n’est observée. Une tachycardie (>100 bpm) survient dans 7 % des séances. Une température supérieure à 38 °C est constatée dans 16 % des cas globaux, augmentant avec la dose, sans hyperpyrexie (>40 °C).
  • Effets indésirables : Les plaintes aiguës les plus fréquentes incluent la fatigue, les céphalées, le manque de concentration et les nausées. À 24 heures, les effets subaigus consistent principalement en de l’épuisement et des céphalées légères.
  • Sécurité d’organe et flashbacks : Les taux de créatinine, le débit de filtration glomérulaire et les enzymes hépatiques demeurent inchangés à la fin du protocole. Cinq participants (6 %) signalent des flashbacks transitoires et non anxiogènes, sans aucun cas de trouble persistant des perceptions induit par les hallucinogènes (HPPD).
Implications cliniques :

Ces données confirment qu’une dose unique de psilocybine allant jusqu’à 30 mg présente une excellente sécurité somatique et psychiatrique chez des volontaires sains dans un environnement clinique préparé et supervisé.

Sur le plan clinique, la psilocybine démontre un impact cardiovasculaire nettement plus modéré que celui rapporté pour la MDMA dans des conditions comparables, ce qui en fait une option envisageable pour des protocoles thérapeutiques incluant des patients présentant des profils cardiovasculaires plus fragiles.

L’observation selon laquelle les doses de 20 mg et 25 mg offrent une intensité d’effets positifs comparable à celle de 30 mg, tout en limitant les pics d’anxiété, apporte des repères essentiels pour la sélection posologique en psychothérapie assistée par psychédéliques.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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