Aller au contenu
Psychédélique(s) étudié(s) : Ayahuasca, Kétamine, LSD, MDMA, Psilocybine
Publiée le 13 juin 2026
Type : Recherche originale
Auteurs : Anna Luiza Guimarães, Fernando R. Beserra, Lucas Cruz, Bheatrix Bienemmann, Julia M.K. Freind, Victoria Guinle, Rafael S. Rodrigues, Jesus Anchondo Regalado, Daniel C. Mograbi
Résumé :

L’étude note un intérêt croissant pour les substances psychédéliques à des fins sanitaires au cours de la dernière décennie. Cependant, la représentation des parties prenantes (groupes autochtones, militants, décideurs politiques) dans les discussions sur la recherche et la réglementation reste insuffisante.

De nombreuses substances psychédéliques proviennent de pratiques traditionnelles développées dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, mais ces régions sont rarement représentées dans la recherche sur les perspectives des parties prenantes. La présente étude se propose d’examiner les obstacles, les facilitateurs et les perspectives identifiés par un large éventail de parties prenantes clés concernant la recherche et la réglementation des psychédéliques au Brésil.

Objectif :

L’étude vise à examiner les obstacles, les facilitateurs et les perspectives identifiés par un large éventail de parties prenantes clés concernant la recherche et la réglementation des substances psychédéliques au Brésil. Elle répond à la question de recherche suivante : “Quels sont les obstacles, les facilitateurs et les autres perspectives perçues par différentes parties prenantes concernant la recherche et la réglementation des psychédéliques au Brésil ?”

Méthodologie :
  • Participants : Vingt-six parties prenantes, comprenant des leaders autochtones, des acteurs de l’industrie formelle, des cliniciens, des militants, des décideurs politiques et des vendeurs informels, sont interviewées entre mai 2022 et juin 2023.
  • Recrutement : Le recrutement est effectué par échantillonnage raisonné, identifiant des membres clés issus de différents milieux par des chercheurs expérimentés dans le domaine des psychédéliques.
  • Collecte de données : Des entretiens en ligne semi-structurés, incluant des groupes de discussion (n=7) et des entretiens individuels (n=5), sont menés pour recueillir des informations approfondies tout en garantissant l’anonymat et la confidentialité.
  • Analyse des données : L’analyse thématique inductive est appliquée selon le cadre en six phases de Braun et Clarke. L’indexation de cooccurrence des groupes de codes est utilisée pour évaluer la pertinence de chaque thème parmi les groupes de parties prenantes.
Résultats principaux :
  • Obstacles : L’analyse thématique révèle quatre obstacles principaux : l’accessibilité (accès limité, inégal ou déformé à l’information), la réglementation (gouvernance, prohibitionnisme, marché, privatisation et brevetabilité), le manque de connaissances (état des preuves scientifiques, financement de la recherche, formation spécialisée) et les risques (stigmatisation, risques psychologiques).
  • Facilitateurs : Trois facilitateurs sont identifiés : le besoin d’innovation (forte demande, popularité croissante, potentiel étendu, soins centrés sur la personne), les avancées scientifiques (progrès de la recherche, preuves de sécurité) et les lacunes juridiques (réglementation internationale, lacunes réglementaires locales).
  • Perspectives : Quatre perspectives émergent : l’intégration des connaissances ancestrales, l’idéalisation, le mysticisme et la rigueur scientifique, l’autonomie de l’utilisateur et les bénéfices sociaux tangibles.
  • Convergence des thèmes : Les thèmes sont présents de manière similaire dans le discours des parties prenantes, mais avec des fréquences et des pondérations variables, permettant des comparaisons de la pertinence particulière des thèmes pour chaque groupe.
Implications cliniques :

L’étude détaille les obstacles, les facilitateurs et les perspectives culturels, politiques, scientifiques et cliniques pour la recherche et la réglementation des substances psychédéliques dans une région ayant une riche histoire d’utilisation traditionnelle. Elle aborde leurs implications éthiques, réglementaires et cliniques.

Les conclusions mettent en évidence la nécessité de cadres réglementaires fondés sur des preuves, qui favorisent des processus d’autorisation de recherche prévisibles, réduisent la dépendance à l’égard de voies légales exceptionnelles (judiciarisées/coûteuses) et diminuent l’ambiguïté réglementaire. Les organismes gouvernementaux sont encouragés à établir des mécanismes de consultation participatifs, incluant formellement diverses parties prenantes, en particulier les représentants autochtones, les patients et les cliniciens, dans les processus décisionnels.

L’inclusion de ces groupes permet le codéveloppement de protocoles de traitement avec les communautés traditionnelles, des accords de partage des bénéfices et une protection contre le brevetage extractif afin de prévenir l’appropriation culturelle et/ou la gentrification dans les futurs efforts de recherche et de commercialisation. Le développement de programmes de formation professionnelle accrédités et de lignes directrices cliniques nationales améliorerait la probabilité d’une évolutivité au sein des systèmes de santé publique, évitant ainsi un accès restreint aux centres privés et urbains.

Le potentiel des psychédéliques à transformer les soins de santé mentale dépend de décisions réglementaires fondées sur des preuves plutôt que sur la stigmatisation, de l’accessibilité et de la rigueur scientifique, sans perdre de vue le pluralisme épistémique.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

Retour en haut
Rechercher