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Psychédélique(s) étudié(s) : Psilocybine
Publiée le 16 juin 2023
Type : Etude de cas
Auteurs : Gina Ratkovic, Mike Sosteric, Tristan Sosteric
Résumé :

Cette étude propose une évaluation critique du “Copenhagen Music Program”, une sélection musicale conçue pour structurer les séances de thérapie assistée par psilocybine. L’évaluation repose sur une étude de cas impliquant une thérapeute et psychonaute autochtone expérimentée au cours d’une séance utilisant une dose de 3,5 g de champignons à psilocybine séchés.

Les retours recueillis mettent en évidence un rejet des morceaux proposés, ressentis comme imposant des cadres coloniaux, ecclésiastiques chrétiens ou des appropriations New Age. Les auteurs soutiennent que ce programme exerce une forme de contrainte psychologique et émotionnelle qui canalise l’expérience selon une vision normative occidentale et néolibérale, réduisant ainsi les dimensions politiques et écologiques potentielles du voyage psychédélique.

L’étude conclut que de tels programmes préétablis ne conviennent pas nécessairement aux personnes issues de minorités autochtones et suggère de diversifier les répertoires ou de s’inspirer des pratiques chamaniques traditionnelles basées sur des ambiances sonores plus neutres et ouvertes.

Objectif :

L’étude vise à tester l’adéquation pratique, culturelle et thérapeutique du “Copenhagen Music Program” lors d’une séance à haute dose de psilocybine vécue par une participante autochtone expérimentée.

Elle cherche également à analyser de manière critique les présupposés idéologiques, coloniaux et religieux sous-jacents aux sélections musicales standardisées dans la recherche psychédélique contemporaine.

Méthodologie :
  • Participante : Une thérapeute autochtone expérimentée, membre de l’équipe de recherche, présentant un passif de traumatismes raciaux et relationnels.
  • Posologie et substance : Ingestion de 3,5 grammes de champignons contenant de la psilocybine sous forme séchée.
  • Cadre : Séance menée dans un espace insonorisé et familier spécialement aménagé, avec un accompagnement attentif.
  • Déroulement musical : Lancement du “Copenhagen Music Program” environ 30 minutes après l’ingestion, lors des premières manifestations psychoactives.
  • Collecte des données : Recueil des verbalisations et réactions de la participante face aux morceaux musicaux en temps réel, suivi d’un débriefing qualitatif approfondi.
  • Ajustement in situ : Abandon de la liste officielle après rejet de plusieurs morceaux et remplacement par la bande originale atmosphérique du film “Arrival” en boucle.
Résultats principaux :
  • Rejet de la sélection musicale : La participante juge les premiers morceaux conventionnels, inappropriés et contraignants, manifestant une résistance face à la direction imposée.
  • Activation de cadres coloniaux et religieux : Les compositions classiques occidentales (ex. “O magnum mysterium”, “Dido and Aeneas”, “Hymn of the Cherubim”) évoquent directement des espaces ecclésiastiques catholiques et coloniaux vécus comme hostiles et traumatisants.
  • Rejet de l’appropriation culturelle : Les morceaux d’inspiration indienne sont perçus comme une instrumentalisation superficielle issue du mouvement New Age, dénuée d’authenticité.
  • Rupture de l’alliance et du flux : Les transitions de styles et la perte de confiance envers le programme musical perturbent le cours naturel de l’expérience.
  • Rétablissement grâce à une musique atmosphérique : Le passage à une bande originale fluide et non invasive permet de recentrer immédiatement la séance et de poursuivre le travail intérieur de manière constructive.
Implications cliniques :

L’étude démontre que la musique utilisée en thérapie assistée par des psychédéliques n’est jamais neutre et peut véhiculer des rapports de pouvoir culturels, coloniaux et académiques. L’imposition de listes fermées issues de traditions musicales occidentales risque de reproduire des schémas d’oppression et d’aliénation chez les populations marginalisées.

Les auteurs préconisent une décolonisation des protocoles de recherche et de soin, passant par l’inclusion de chercheurs et praticiens autochtones dans la conception des dispositifs. Ils recommandent de laisser le choix musical entre les mains de la personne ou d’employer des structures sonores minimalistes et chamaniques (tambours, voix atmosphériques) favorisant l’autorégulation de l’expérience sans forcer de trajectoire prédéterminée.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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