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Psychédélique(s) étudié(s) : DMT, LSD, Mescaline, Psilocybine
Publiée le 20 janvier 2023
Type : Etude expérimentale
Auteurs : Deborah Rudin, Alexander Areesanan, Matthias E. Liechti, Carsten Gründemann
Résumé :

Les substances psychédéliques classiques démontrent un potentiel thérapeutique prometteur pour le traitement de divers troubles psychiatriques, notamment l’anxiété et la dépression chez les patients atteints de maladies potentiellement mortelles. Bien que des rapports antérieurs suggèrent des propriétés immunomodulatrices associées aux récepteurs sérotoninergiques, les effets directs de ces composés sur les cellules immunitaires humaines restent peu documentés in vitro.

Cette étude examine l’action directe du LSD, de la psilocine, de la DMT et de la mescaline sur des lymphocytes T humains primaires et sur une lignée de monocytes humains. Les résultats démontrent qu’à des concentrations allant jusqu’aux niveaux suprapharmacologiques, aucun de ces psychédéliques n’altère de manière significative la prolifération des lymphocytes T, l’expression de marqueurs d’activation ou la sécrétion de cytokines clés.

De même, l’induction de la voie NF-κB dans les monocytes stimulés n’est pas modifiée par ces molécules. Ces données suggèrent que les altérations immunitaires observées in vivo résultent plutôt de mécanismes neuroendocriniens indirects, confirmant ainsi le profil de sécurité immunologique de ces substances en cadre thérapeutique.

Objectif :

L’étude vise à évaluer les effets immunomodulateurs directs de plusieurs substances psychédéliques classiques (le LSD, la psilocine, la DMT et la mescaline) sur les cellules immunitaires humaines in vitro.

Elle cherche précisément à déterminer si ces composés altèrent la prolifération et la production de cytokines des sous-populations de lymphocytes T primaires stimulés (CD4+ et CD8+), ou s’ils modulent l’activation de la voie transcriptionnelle NF-κB dans les monocytes.

Méthodologie :
  • Cellules étudiées : Isolement de cellules mononucléées du sang périphérique humain (PBMC) issues de donneurs sains adultes et utilisation de la lignée cellulaire monocytaire humaine rapportrice THP-1 NF-κB-eGFP.
  • Composés testés : Diéthylamide de l’acide lysergique (LSD), psilocine, N,N-diméthyltryptamine (DMT) et mescaline, testés à des concentrations s’étendant de 1 à 30 µM.
  • Contrôles expérimentaux : Utilisation de la cyclosporine A (CsA, 5 µg/ml) comme témoin positif d’inhibition lymphocytaire et de la dexaméthasone comme témoin d’inhibition de la voie NF-κB.
  • Prolifération cellulaire : Suivi de la division cellulaire par cytométrie en flux après marquage au carboxyfluorescéine diacétate succinimidyl ester (CFSE) pendant 72 heures sous stimulation par des anticorps anti-CD3 et anti-CD28.
  • Production de cytokines et marqueurs : Mesure intracellulaire par cytométrie en flux après restimulation par PMA/ionomycine de l’expression de CD69 et des cytokines IL-2, TNF-α, CCL4 (MIP-1β) pour les cellules CD8+, ainsi que CD69, IL-2, TNF-α, IL-21, IFN-γ et IL-17 pour les cellules CD4+.
  • Signalisation NF-κB : Évaluation de l’induction d’eGFP déclenchée par le lipopolysaccharide (LPS, 100 ng/ml) sur les cellules THP-1 après 24 heures d’incubation.
Résultats principaux :
  • Prolifération des lymphocytes T : Aucun des psychédéliques classiques testés n’affecte le taux de prolifération des lymphocytes T humains primaires jusqu’à une concentration de 30 µM, contrairement à la cyclosporine A qui exerce une inhibition marquée.
  • Activation et cytokines des CD8+ : Le LSD, la psilocine, la DMT et la mescaline ne réduisent pas l’expression du marqueur précoce d’activation CD69, ni la libération d’IL-2, de TNF-α ou de CCL4 par les lymphocytes T CD8+.
  • Activation et cytokines des CD4+ : Les molécules ne modifient pas l’expression de CD69, ni les sécrétions d’IL-2, d’IL-21, d’IFN-γ ou d’IL-17 dans les lymphocytes T CD4+. Seule une concentration élevée de 30 µM diminue la libération de TNF-α sous le seuil de 50 %.
  • Voie de signalisation NF-κB : Les psychédéliques n’inhibent pas le signal NF-κB stimulé par le LPS dans les cellules rapportrices THP-1, alors que le contrôle positif (dexaméthasone) le réduit nettement.
Implications cliniques :

Ces résultats démontrent que les substances psychédéliques classiques n’exercent pas d’effet immunosuppresseur direct cliniquement pertinent sur les lymphocytes T ou les monocytes humains. Les variations immunitaires rapportées dans de précédentes études cliniques in vivo s’expliquent très probablement par des voies indirectes, notamment l’activation de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien entraînant une libération de cortisol induite par le récepteur 5-HT2A.

Ces conclusions apportent un soutien essentiel quant à l’innocuité immunologique de la psychothérapie assistée par psychédéliques, confirmant l’absence de risque d’immunosuppression directe chez des patients vulnérables ou atteints de pathologies graves telles que le cancer avancé.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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