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Psychédélique(s) étudié(s) : Psilocybine
Publiée le 15 avril 2025
Type : Protocole d'étude
Auteurs : Vanessa L Beesley, Tom J Kennedy, Fiona Maccallum, Margaret Ross, Renee Harvey, Susan L Rossell, Jerome Sarris, Daniel Perkins, Rachel E Neale, James Bennett-Levy, Shevaugn Johnson, Hanna Beebe, Natalie Roset, Jörg Strobel, Stephen Parker
Résumé :

Le trouble du deuil prolongé constitue une problématique de santé publique majeure, touchant jusqu’à 30 % des proches endeuillés dans le domaine de l’oncologie. Les prises en charge de référence s’avèrent souvent longues et laissent jusqu’à la moitié des personnes en souffrance face à des symptômes persistants. L’essai clinique PARTING est la première étude à explorer le potentiel de la psychothérapie assistée par la psilocybine pour traiter ce trouble spécifique.

Cette étude décrit le protocole d’un essai pilote ouvert mené auprès d’environ 15 participants souffrant d’un trouble du deuil prolongé après la perte d’un proche atteint de cancer. L’intervention s’échelonne sur une période de 5 semaines et comprend trois séances préparatoires, une journée d’administration d’une dose de 25 mg de psilocybine accompagnée d’un soutien psychologique non directif, suivie de quatre séances d’intégration. Un outil fondé sur l’intelligence artificielle est également employé pour générer une œuvre visuelle reflétant l’expérience vécue par le participant.

Les paramètres d’évaluation sont mesurés sur une durée de 12 mois. Le protocole examine la faisabilité, la sécurité physiologique et psychiatrique, l’acceptabilité de l’approche ainsi que les effets thérapeutiques perçus, notamment sur l’intensité du deuil, l’anxiété, la dépression, l’évitement et la flexibilité psychologique.

Objectif :

L’étude vise à évaluer la faisabilité, la sécurité et l’acceptabilité d’un modèle de psychothérapie de soutien assistée par la psilocybine chez des individus présentant un trouble du deuil prolongé consécutif au décès d’un proche par cancer.

Elle a également pour objectif de recueillir des données préliminaires sur le potentiel thérapeutique de cette approche afin d’orienter et d’adapter les futurs essais cliniques à plus grande échelle.

Méthodologie :
  • Type d’étude : Protocole d’essai pilote ouvert à bras unique conduit en Australie.
  • Participants : Recrutement prévu d’environ 15 adultes répondant aux critères diagnostiques du DSM-5-TR pour le trouble du deuil prolongé lié au décès d’un proche atteint de cancer survenu plus de 12 mois auparavant.
  • Programme thérapeutique : Intervention sur 5 semaines comprenant trois séances préparatoires de 60 à 120 minutes, une séance d’administration de 25 mg de psilocybine dans un cadre sécurisé, et quatre séances d’intégration de 60 à 90 minutes.
  • Encadrement clinique : Équipe constante composée d’un psychologue clinicien et d’un co-thérapeute (infirmier formé ou thérapeute autochtone qualifié dans le soin des traumatismes), appuyée par la présence sur site d’un psychiatre.
  • Outils d’accompagnement : Utilisation de musique sélectionnée, modélisation avec de l’argile pour favoriser l’ancrage émotionnel, toucher thérapeutique consenti et génération d’images par l’intelligence artificielle (Midjourney) pour soutenir l’intégration.
  • Évaluations : Suivi longitudinal à 1 jour, 6 semaines, 12 semaines, 6 mois et 12 mois après la prise de psilocybine à l’aide d’entretiens cliniques diagnostiques et d’auto-questionnaires validés (PG-13-R, DASS-21, AQoL-6D, WCS, CompACT, IES-R).
Résultats principaux :
  • Faisabilité opérationnelle : Le protocole définit des critères d’évaluation portant sur les taux de recrutement, la rétention tout au long des huit séances thérapeutiques et le taux de complétion des suivis sur 12 mois.
  • Surveillance de l’innocuité : L’évaluation de la sécurité repose sur le recueil continu des événements indésirables ainsi que sur le contrôle des paramètres physiologiques (tension artérielle, fréquence cardiaque, ECG, analyses sanguines hépatiques, rénales et hématologiques).
  • Acceptabilité et vécu : Des entretiens qualitatifs semi-structurés avec les patients et les thérapeutes permettent d’analyser l’expérience vécue, la tolérance du cadre thérapeutique et les perceptions du processus de soin.
  • Évolution des symptômes : Le protocole prévoit l’analyse des variations cliniques de la sévérité du deuil, de la détresse psychologique, du sentiment de connexion et de la flexibilité cognitive, avec un seuil de pertinence clinique fixé a priori à un demi-écart-type.
Implications cliniques :

Ce protocole propose un cadre thérapeutique structuré pour explorer une indication psychiatrique encore inédite dans le champ des thérapies assistées par des substances psychédéliques. En ciblant les mécanismes d’évitement émotionnel et la reconstruction de l’identité post-perte, l’intervention ambitionne de débloquer les impasses thérapeutiques fréquentes dans le deuil prolongé.

Les données générées par cet essai pilote fourniront des enseignements méthodologiques indispensables pour optimiser les dosages, la préparation et les modalités d’intégration avant d’envisager des études contrôlées randomisées de phase avancée.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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