L’étude évalue les effets du microdosage répété de la psilocybine (0,05 mg/kg administrés un jour sur deux pendant 21 jours) sur les mécanismes épigénétiques et la régulation de la neuroplasticité dans le cortex préfrontal médian (mPFC) chez le rat.
Les résultats révèlent que ce schéma d’administration n’entraîne pas d’altération du filtrage sensorimoteur ni de la mémoire de reconnaissance cognitive, ce qui indique l’absence d’effets de type psychotique. Sur le plan moléculaire, l’exposition répétée à de faibles doses induit un remodelage épigénétique adaptatif. Durant la phase précoce, une hausse de l’acétylation de l’histone H3 (H3K9ac), des modifications de la protéine BRD4 et la modulation d’histones désacétylases (HDAC2 et HDAC4) sont observées, favorisant un état de chromatine permissif et l’expression accrue des gènes de plasticité BDNF et Arc. Dans la phase tardive, une augmentation durable de la protéine du récepteur 5-HT2A ainsi qu’une persistance partielle de certaines marques épigénétiques sont constatées.
L’étude vise à déterminer si l’administration répétée de faibles doses de la psilocybine induit des modifications épigénétiques adaptatives dans le mPFC chez le rat en l’absence de dysfonctionnement comportemental, en examinant l’accessibilité de la chromatine, les régulateurs transcriptionnels et la régulation des gènes liés à la neuroplasticité.
- Modèle animal : Traitement de 56 rats mâles Wistar Han avec des injections sous-cutanées de la psilocybine (0,05 mg/kg) ou d’un véhicule (NaCl 0,9 %) tous les deux jours pendant 21 jours.
- Évaluations comportementales : Analyse du filtrage sensorimoteur par le test d’inhibition du sursaut acoustique par pré-impulsion (PPI) et mesure de la mémoire de reconnaissance par le test de reconnaissance d’un nouvel objet (NOR).
- Analyses moléculaires : Évaluation des protéines et de leur état de phosphorylation par Western blot, ainsi que de la transcription des gènes (BDNF, Arc, Npas4, 5-HT2A, BRD4, HDAC2, HDAC4) par qRT-PCR à 1 jour et 8 jours après la dernière injection.
- Innocuité comportementale : Le protocole de microdosage ne perturbe pas la réponse PPI ni les performances de discrimination d’objets à long terme.
- Remodelage épigénétique précoce : Augmentation significative des niveaux de la protéine H3K9ac, de la forme phosphorylée pBRD4 et de la protéine HDAC4 24 heures après la dernière dose.
- Induction transitoire des gènes de plasticité : Élévation nette des niveaux d’ARNm pour BDNF et Arc un jour après le traitement.
- Adaptations à long terme : Augmentation marquée de la protéine du récepteur 5-HT2A 8 jours après l’arrêt du traitement, associée à une diminution soutenue de la protéine HDAC2 et de la protéine BRD4 totale.
L’étude montre que le microdosage répété de psilocybine stimule un remodelage épigénétique adaptatif dans le cortex préfrontal médian, favorisant la plasticité synaptique sans causer de perturbations comportementales. Ces découvertes apportent des bases neurobiologiques au potentiel thérapeutique des substances psychédéliques à de faibles doses pour le traitement des troubles de l’humeur et de l’anxiété.
La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.