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Psychédélique(s) étudié(s) : Kétamine, LSD, MDMA, Psilocybine
Publiée le 5 juin 2026
Type : Recherche originale
Auteurs : Myfanwy Graham, Yimin Ge, Rosalie Liccardo Pacula, Seema Choksy Pessar, Chris Wilkins, Wayne Hall, David Hammond
Résumé :

L’étude observe qu’il existe peu de connaissances sur l’étendue de la consommation thérapeutique des substances psychédéliques ou sur les discussions avec les professionnels de la santé, malgré un intérêt mondial renouvelé pour ces substances.

Les chercheurs ont examiné les réponses autodéclarées issues de l’Étude Internationale sur les Politiques du Cannabis (ICPS) de 2023, menée par le biais d’enquêtes transversales répétées au Canada, aux États-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande. L’enquête comprenait des questions sur l’utilisation à vie, au cours de l’année passée et du mois passé de la psilocybine, du LSD, de la MDMA et de la kétamine. Elle interrogeait également les répondants sur leurs discussions avec des professionnels de la santé, leur usage médical autodéclaré et les événements indésirables associés. Le taux de proportion moyen est estimé pour chacun de ces éléments en utilisant des méthodes de régression logistique ajustées pour les données démographiques, le pays et les poids d’échantillonnage.

Les résultats montrent que 19 % des répondants de l’ICPS déclarent avoir utilisé au moins l’une des quatre substances au cours de leur vie. La psilocybine est la substance dont l’utilisation est la plus fréquemment estimée à vie et au cours de la dernière année, suivie du LSD et de la MDMA. Les prévalences estimées de l’usage de la psilocybine sont plus élevées au Canada (16,3 %) qu’aux États-Unis (13,0 %) et en Nouvelle-Zélande (12,1 %). En Australie, les taux d’usage à vie de la psilocybine sont significativement plus faibles (7,8 %). Environ 10 à 20 % des répondants ayant déjà utilisé une substance psychédélique ont interrogé leur médecin sur son usage médical, et plus d’un tiers de ceux ayant utilisé ces substances au cours de l’année précédente ont signalé avoir éprouvé un effet indésirable sur la santé. Les taux d’usage au cours du mois précédent sont faibles dans tous les pays.

L’interprétation suggère que l’intérêt des consommateurs pour l’usage thérapeutique de la psilocybine, de la MDMA, du LSD et de la kétamine dépasse le rythme des essais cliniques et des dispositions relatives à l’usage thérapeutique. Ces dispositions n’équivalent pas nécessairement à un accès pour les patients, et les motivations d’usage dual sont fréquentes. L’accès par des voies non réglementées et l’auto-initiation sans supervision médicale peuvent influencer la proportion d’individus qui subissent des événements indésirables.

Objectif :

L’étude vise à comprendre s’il existe des différences dans les taux d’usage à vie et au cours de l’année précédente de la psilocybine, du LSD, de la MDMA et de la kétamine entre différentes juridictions, compte tenu de l’enthousiasme mondial croissant pour ces substances et des disparités en matière d’accès médical à travers les pays.

Elle examine les données de 2023, la première année pour laquelle des informations sont disponibles avant les changements réglementaires concernant l’accès médical dans plusieurs de ces pays.

L’étude cherche également à déterminer dans quelle mesure les individus se renseignent sur l’utilisation de ces substances psychédéliques auprès des professionnels de la santé et s’ils subissent des événements indésirables associés à leur consommation.

Méthodologie :
  • Participants : L’étude utilise toutes les réponses de l’Étude Internationale sur les Politiques du Cannabis (ICPS) de 2023, une enquête transversale répétée, menée auprès de populations représentatives au Canada (N = 19 964), aux États-Unis (N = 39 653), en Australie (N = 3 042) et en Nouvelle-Zélande (N = 2 676). La population cible est constituée de membres des ménages âgés de 16 à 65 ans. Les participants sont issus des panels mondiaux Nielsen Consumer Insights et de leurs partenaires, utilisant une combinaison de méthodes d’échantillonnage probabilistes et non probabilistes.
  • Collecte de données : Les données sont recueillies via des enquêtes autodéclarées en ligne, administrées du 16 septembre au 7 novembre 2023. Le temps médian de réponse à l’enquête est de 22,2 minutes. Les enquêtes sont disponibles en anglais aux États-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande, et en anglais ou en français au Canada.
  • Mesures des substances : L’enquête ICPS 2023 inclut des questions sur l’usage à vie, au cours de l’année passée et du mois passé de la psilocybine (“champignons magiques”, “shrooms”), du LSD (“acide lysergique diéthylamide” ou “acide”), de la MDMA (3,4-méthylènedioxyméthamphétamine) et de la kétamine (ou eskétamine).
  • Usage médical et événements indésirables : Les participants sont interrogés sur leurs discussions avec un médecin ou un psychiatre concernant l’usage médical de ces substances, sur leur usage médical autodéclaré et sur les événements indésirables ressentis au cours des 12 derniers mois.
  • Pondération et analyse : L’équipe de l’étude ICPS applique des poids de post-stratification, ajustés en fonction de l’âge, du sexe, de l’appartenance ethnique, du niveau d’éducation, du pays et des poids d’échantillonnage. Les taux de proportion moyens ajustés sont estimés à l’aide de méthodes de régression logistique. Les répondants ayant sauté ou refusé de répondre aux questions sur les psychédéliques sont codés comme n’ayant pas fait usage (valeur zéro).
Résultats principaux :
  • Usage à vie : Environ 19 % de tous les répondants de l’ICPS déclarent un usage à vie d’au moins l’une des quatre substances étudiées (psilocybine, LSD, MDMA, kétamine). La psilocybine est la substance la plus fréquemment utilisée à vie et au cours de l’année précédente pour l’échantillon global, ainsi qu’au Canada, aux États-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande, suivie du LSD et de la MDMA.
  • Prévalences par pays : Les taux d’usage à vie de la psilocybine sont plus élevés au Canada (16,3 %) qu’aux États-Unis (13,0 %) et en Nouvelle-Zélande (12,1 %). Les taux estimés d’usage à vie de la psilocybine en Australie sont significativement plus faibles (7,8 %). Les taux d’usage à vie et au cours de l’année précédente de la MDMA sont plus élevés en Nouvelle-Zélande qu’au Canada et aux États-Unis.
  • Usage au cours de l’année précédente : Parmi les répondants déclarant un usage au cours de l’année précédente, la psilocybine est plus utilisée que les autres substances au Canada et aux États-Unis, tandis que l’Australie et la Nouvelle-Zélande présentent des schémas similaires pour la psilocybine et la MDMA. Les taux d’usage de n’importe quel psychédélique au cours de l’année précédente sont presque le double de ceux des psychédéliques spécifiques.
  • Discussions avec les professionnels de la santé : De 10 % à 20 % des répondants ayant déjà utilisé un psychédélique déclarent avoir discuté de son usage médical avec un professionnel de la santé. Cependant, pour l’ensemble des répondants de l’enquête, moins de 3 % dans tous les pays (sauf la psilocybine et le LSD en Nouvelle-Zélande) déclarent avoir posé la question.
  • Usage médical autodéclaré : Seulement 1,7 % de tous les répondants de l’ICPS déclarent un usage d’une des quatre substances au cours du mois précédent. Parmi les utilisateurs du mois précédent, environ 51,6 % déclarent que leur usage est à des fins médicales. Ce pourcentage est plus élevé chez les Américains (57,7 %) que chez les Canadiens (40,1 %).
  • Événements indésirables : Plus d’un tiers des répondants ayant utilisé le LSD, la MDMA et la kétamine au cours de l’année précédente signalent avoir subi un effet indésirable sur la santé. Les Américains sont plus susceptibles de signaler une réaction indésirable à la kétamine, tandis que les Canadiens, les Australiens et les Néo-Zélandais signalent plus souvent des événements indésirables liés au LSD et à la MDMA. Une faible proportion de ces événements indésirables conduit à une présentation aux urgences ou à un appel à un centre antipoison.
Implications cliniques :

L’étude souligne que l’intérêt des consommateurs pour l’usage thérapeutique de la psilocybine, de la MDMA, du LSD et de la kétamine a dépassé le rythme des essais cliniques et des dispositions d’usage thérapeutique. Ces dispositions ne garantissent pas nécessairement l’accès aux patients, et les motivations d’usage dual (médical et non médical) sont fréquentes. L’accès par des voies non réglementées et l’auto-initiation sans supervision médicale peuvent influencer la proportion d’individus qui subissent des événements indésirables.

Les résultats mettent en évidence une proportion plus élevée d’individus “médicalement curieux” parmi ceux qui déclarent un usage à vie, bien que les taux d’usage général soient faibles. Les événements indésirables sont courants, avec plus d’un tiers des utilisateurs de psychédéliques au cours de l’année précédente signalant un effet négatif sur la santé, avec des variations selon le pays et la substance.

L’étude fournit des données de base sur l’intérêt croissant pour l’usage médical et non médical des substances psychédéliques dans les pays à revenu élevé. Face à l’évolution des politiques internationales, il est crucial de continuer à surveiller la consommation de psychédéliques, les événements indésirables et l’accès aux services de santé.

Les consommateurs sollicitent des professionnels de la santé pour obtenir des conseils et s’auto-initient à l’usage en dehors des contextes réglementés. L’usage émergent des psychédéliques à des fins médicales et non médicales met en lumière l’importance de former et d’informer adéquatement les professionnels de la santé sur les bénéfices et les risques potentiels des psychédéliques, afin qu’ils puissent en discuter avec leurs patients. Les recherches futures devraient explorer l’impact des politiques nationales sur l’usage des psychédéliques au fil du temps et l’étendue des bénéfices ou des méfaits rapportés par le public et les individus.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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