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Psychédélique(s) étudié(s) : Ayahuasca, DMT
Publiée le 14 juillet 2026
Type : Essai clinique
Auteurs : Helena D. Aicher, Joëlle Dornbierer, Luzia Caflisch, Dila Suay, Michael J. Mueller, Hans-Peter Landolt, Boris B. Quednow, Milan Scheidegger, Dario Dornbierer
Résumé :

Les émotions autoréférentielles négatives comme la honte et l’embarras jouent un rôle central dans la psychopathologie de multiples troubles psychiatriques, mais restent souvent insuffisamment traitées par les approches médicamenteuses classiques. Les substances psychédéliques telles que l’ayahuasca, une décoction végétale contenant de la DMT et des alcaloïdes de la harmala, sont proposées pour moduler positivement ces processus d’auto-évaluation.

Cette étude examine les effets d’une formulation pharmaceutique combinant 100 mg d’harmine et 100 mg de la DMT (administrée de manière séquentielle) par rapport à l’harmine seule et à un placebo chez 28 hommes volontaires sains. L’évaluation repose sur un paradigme de karaoké où les participants écoutent des enregistrements de leur propre chant ainsi que des pistes vocales de contrôle, puis évaluent leurs réponses émotionnelles.

Les résultats indiquent que la combinaison harmine/DMT réduit de manière significative la sensation d’embarras et les scores globaux de honte lorsque les participants écoutent leur propre voix. Ces observations suggèrent que la DMT associée à l’harmine module de façon aiguë les émotions autoréférentielles négatives, offrant une voie thérapeutique prometteuse à explorer dans des populations cliniques.

Objectif :

L’étude vise à examiner les effets aigus d’une formulation combinant de l’harmine et de la DMT, ainsi que de l’harmine seule, sur la modulation de l’embarras et de la honte induits expérimentalement lors d’une tâche d’auto-évaluation sociale chez des volontaires sains.

Méthodologie :
  • Type d’étude : Essai clinique croisé, randomisé, à double aveugle et contrôlé contre placebo.
  • Participants : 28 hommes volontaires sains (âge moyen de 24,79 ans) avec une expérience minimale des psychédéliques.
  • Traitements : Trois sessions espacées d’au moins deux semaines administrant soit HAR/DMT (100 mg d’harmine buccale + 100 mg de la DMT intranasale fractionnés), soit HAR (100 mg d’harmine + placebo), soit PLA (placebo + placebo).
  • Tâche du karaoké : Écoute de séquences vocales enregistrées de 16 secondes sous trois conditions : le propre chant du participant (“Soi”), la voix d’un comparateur non professionnel (“Autre mauvais”) et la voix de l’artiste original (“Autre bon”).
  • Mesures : Évaluation des réponses émotionnelles aiguës via des échelles visuelles analogiques (EVA : agréable, désagréable, embarrassant, amusant, qualité objective) et évaluation de la honte par l’échelle ESS (Experiential Shame Scale).
Résultats principaux :
  • Réduction de l’embarras : La combinaison HAR/DMT réduit significativement l’embarras ressenti dans la condition “Soi” par rapport au placebo (p = 0,001), sans effet significatif pour les autres conditions vocales.
  • Atténuation de la honte : HAR/DMT diminue de façon significative le score global de la honte à l’échelle ESS (p = 0,019) ainsi que sa sous-échelle émotionnelle (p = 0,009) comparativement au placebo.
  • Absence d’effet de l’harmine seule : L’administration d’harmine seule ne produit aucun effet significatif sur les scores d’embarras ou de honte par rapport au placebo.
  • Spécificité de l’effet : Les scores sur l’item “amusant” restent inchangés entre les conditions, suggérant que la diminution des émotions négatives ne s’explique pas par une simple élévation non spécifique de l’humeur ou une distraction.
Implications cliniques :

Ces découvertes suggèrent que la modulation aiguë de l’affect autoréférentiel négatif par la DMT associée à l’harmine présente une pertinence clinique pour les troubles psychiatriques caractérisés par la honte, l’autocritique et la rumination, comme la dépression, l’anxiété sociale et le trouble de stress post-traumatique.

Le profil de tolérance et la courte durée d’action de cette formulation pourraient faciliter son intégration dans des cadres psychothérapeutiques axés sur la flexibilité psychologique et la compassion, comme la thérapie centrée sur la compassion (CFT) ou la thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT).

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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