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Psychédélique(s) étudié(s) : Psilocybine
Publiée le 6 juillet 2026
Type : Recherche qualitative
Auteurs : Hannah Adler, Rebecca Filipic, Maria Gonzalez, Ki Kwon, Judith Lacey, Geraldine McDonald, Jerome Sarris, Katarzyna Chmiel, Mitchell Low, Justin Sinclair, Suzanne Grant
Résumé :

L’étude examine le vécu de la détresse existentielle chez les personnes atteintes de cancer, soulignant l’insuffisance des options de traitement actuelles. Elle met en lumière le potentiel inexploré de la thérapie assistée par psychédéliques (TAP) utilisant la psilocybine pour cette population, notant une littérature émergente qui indique des améliorations cliniques du bien-être. En Australie, l’étude constate un manque de connaissances concernant les attitudes, les croyances et les perceptions des professionnels de la santé (PS) vis-à-vis de l’utilisation de la TAP pour la détresse existentielle chez les patients atteints de cancer, ainsi que leurs opinions sur les modalités de délivrance de cette thérapie.

Pour atteindre ces objectifs, l’étude a mené des entretiens qualitatifs semi-structurés avec 11 PS de diverses spécialités, principalement issus de centres de traitement du cancer. Les entretiens sont analysés à l’aide d’une analyse thématique réflexive.

Quatre thèmes principaux sont identifiés : 1) “Un spectre de savoir : l’espace varié des connaissances en TAP”, 2) “Conceptualiser et réfléchir à la TAP en pratique”, 3) “Naviguer en territoire nuancé : la complexité de la fourniture et de l’engagement avec la TAP”, et 4) “Visualiser l’avenir potentiel de la TAP”. Les résultats indiquent que, malgré un intérêt persistant des PS pour le potentiel de la TAP, des obstacles clairs, des lacunes en matière de connaissances et un désir de recherche accrue sont présents. Les PS expriment également une préférence pour une délivrance de la TAP par des équipes multidisciplinaires, avec des modalités de prestation sensibles sur le plan culturel et rigoureuses sur le plan éthique. Bien que certains considèrent ce traitement comme un dernier recours, d’autres reconnaissent la nécessité d’un “outil” supplémentaire pour la gestion de la détresse existentielle en oncologie.

À mesure que les preuves de la TAP s’accumulent, des recherches cliniques et qualitatives approfondies sont nécessaires pour développer des modèles de délivrance éthiquement solides, culturellement sensibles et fondés sur des preuves cliniques, ainsi que sur des savoirs traditionnels. Bien que de petite taille, cette étude fournit des informations préliminaires sur la perception par les PS du rôle potentiel de la TAP chez les populations cancéreuses, spécifiquement pour la détresse existentielle. Elle contribue ainsi à une base de données qualitatives croissante pour comprendre les voies d’implémentation de la TAP dans les milieux oncologiques, et la complexité de gérer le besoin d’un nouvel outil face aux obstacles, limitations et bases de connaissances existants.

Objectif :

L’étude vise à combler une lacune dans la littérature en explorant les attitudes, les croyances et les perceptions des professionnels de la santé (PS) australiens concernant l’utilisation de la thérapie assistée par psychédéliques (TAP) pour la détresse existentielle chez les personnes atteintes de cancer.

Elle cherche spécifiquement à recueillir leurs opinions sur les modalités de délivrance de la TAP et à comprendre comment cette thérapie pourrait être intégrée dans les soins oncologiques en Australie.

Méthodologie :
  • Type d’étude : L’étude utilise des entretiens semi-structurés dans le cadre d’une approche qualitative.
  • Participants : 11 professionnels de la santé (PS) impliqués dans les soins du cancer sont interrogés. Le panel comprend des oncologues médicaux, des infirmiers, des psychiatres, des pharmaciens, des travailleurs sociaux, des spécialistes en soins palliatifs et des prestataires de soins de soutien. Le recrutement s’effectue par échantillonnage raisonné pour sélectionner des participants riches en informations.
  • Lieux de recrutement : Les participants sont recrutés directement via deux grands hôpitaux oncologiques australiens (Chris O’Brien Lifehouse et Peter MacCallum Cancer Centre), ainsi que par le biais de réseaux professionnels et d’autres établissements de santé connus de l’équipe de recherche.
  • Collecte de données : Les entretiens semi-structurés sont menés via Zoom entre juillet et août 2024 par trois membres formés de l’équipe de recherche. Chaque entretien dure entre 45 et 60 minutes, est enregistré, transcrit textuellement et anonymisé. Avant l’entretien, les participants remplissent un questionnaire sur les connaissances et les attitudes pour obtenir une description de base de leurs perceptions envers la TAP.
  • Analyse des données : Les données sont analysées à l’aide d’une analyse thématique réflexive (RTA), en suivant les lignes directrices de Braun et Clarke. L’approche est informée par une position épistémologique constructiviste, axée sur le sens et la signification des propos des participants dans le contexte de leur expérience vécue. Un codage sémantique et latent est utilisé, avec des discussions régulières et une démarche réflexive de l’équipe de recherche pour assurer la rigueur.
Résultats principaux :
  • Caractéristiques démographiques : Sur les 11 professionnels de la santé interrogés, 10 sont des femmes et un est un homme. L’âge moyen des participants est de 48,09 ans, avec une plage allant de 38 à 69 ans. Le panel inclut des spécialistes en soins palliatifs/de soutien, des psychologues, des infirmiers en oncologie, des pharmaciens, un psychiatre, un aumônier et un cadre hospitalier.
  • Connaissances et attitudes envers la TAP : Les scores de connaissance des participants concernant la thérapie assistée par psychédéliques (TAP) varient de 1,00 à 4,23 (moyenne de 2,49), ce qui indique une familiarité faible à modérée. Les scores d’attitude varient de 3,33 à 6,33 (moyenne de 4,45), reflétant des perceptions généralement neutres à modérément positives envers la TAP.
  • Thèmes clés identifiés : L’analyse thématique a révélé quatre thèmes principaux et plusieurs sous-thèmes, centrés sur les connaissances, les attitudes et les perceptions des PS concernant l’utilisation de la TAP pour la détresse existentielle chez les personnes atteintes de cancer.
    • Thème 1 : Un spectre de savoir – L’espace varié des connaissances en TAP : Les PS présentent des niveaux de connaissance variés de la TAP, allant de minimes à élevés, et beaucoup expriment un désir de recherche supplémentaire et de développement de parcours éducatifs.
    • Thème 2 : Conceptualiser et réfléchir à la TAP en pratique : La psilocybine est souvent perçue comme une thérapie non de “première ligne”. Les PS privilégient un modèle de délivrance en équipes multidisciplinaires et soulignent l’importance d’une formation structurée et de modèles de soins adaptés (comme le modèle EMBARK) pour une intégration sûre et efficace.
    • Thème 3 : Naviguer en territoire nuancé – La complexité de la fourniture et de l’engagement avec la TAP : Des obstacles institutionnels et des défis sont identifiés, notamment le besoin d’infrastructures dédiées, la capacité du système de santé, la difficulté de standardisation et les préoccupations concernant le coût et la stigmatisation associés aux psychédéliques. Les PS s’interrogent sur la place de la TAP dans les soins palliatifs et préconisent une délivrance hors de ce cadre exclusif.
    • Thème 4 : Visualiser l’avenir potentiel de la TAP : Malgré les barrières, les PS sont ouverts à explorer davantage la TAP en raison du besoin d’outils thérapeutiques supplémentaires pour la détresse existentielle et expriment un espoir quant à son potentiel pour améliorer le bien-être des patients et offrir de nouvelles perspectives face à la souffrance.
Implications cliniques :

L’étude révèle que les professionnels de la santé (PS) australiens ont des vues prudemment optimistes quant à l’utilisation de la thérapie assistée par psychédéliques (TAP) pour la détresse existentielle chez les personnes atteintes de cancer. Bien qu’ils reconnaissent le potentiel de la TAP, ils identifient également des obstacles significatifs.

Ces obstacles incluent un manque de formation adéquate, des défis infrastructurels, la stigmatisation associée aux substances psychédéliques et des préoccupations concernant l’accès équitable. Les PS privilégient des modèles de soins multidisciplinaires, informés des traumatismes et culturellement sensibles, tels que le modèle EMBARK, par rapport à des approches de soutien minimales, les considérant comme plus prometteurs.

L’étude souligne la nécessité de recherches cliniques et qualitatives approfondies pour développer des modèles de délivrance éthiquement solides, culturellement adaptés et fondés sur des preuves cliniques, intégrant également les savoirs traditionnels. Elle contribue à une meilleure compréhension des voies d’implémentation de la TAP dans les milieux oncologiques et met en évidence la complexité de gérer le besoin de nouveaux outils thérapeutiques face aux barrières et aux lacunes de connaissances existantes.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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