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Psychédélique(s) étudié(s) : Psilocybine
Publiée le 12 juin 2026
Type : Etude expérimentale
Auteurs : Josh Allen, Bianca Jupp, Tamara L. Baker, Mohammad B. Haskali, Robert Brkljača, Zoe Plummer, Mujun Sun, Justin Brand, Brian R. Christie, Chantel T. Debert, Stuart J. McDonald, Terence J. O'Brien, Pablo M. Casillas-Espinosa, Sandy R. Shultz
Résumé :

L’étude analyse les effets des lésions cérébrales traumatiques (LCT) qui entraînent des déficits neurocomportementaux persistants et augmentent le risque de troubles psychiatriques tels que la dépression, l’anxiété et les dysfonctions cognitives. Ces troubles sont liés à une neuroplasticité perturbée, une neuroinflammation et une signalisation sérotoninergique (5-HT) altérée. Actuellement, il n’existe pas de pharmacothérapies efficaces pour les LCT chroniques.

La psilocybine, un agoniste psychédélique des récepteurs 5-HT2A, se révèle prometteuse grâce à ses effets neuroplasticité-améliorants, anti-inflammatoires et antidépresseurs. Dans cette étude, des rats mâles subissent une lésion par percussion fluidique ou une lésion simulée, suivie un an plus tard d’une injection unique de psilocybine (1 mg/kg) ou de sérum physiologique. Les tests comportementaux débutent 24 heures après le traitement, et la tomographie par émission de positons (TEP) évalue la liaison 5-HT2A après deux semaines.

Les LCT provoquent des déficits persistants au niveau sensorimoteur, de l’apprentissage et de la mémoire, ainsi que des troubles affectifs. Elles réduisent la liaison 5-HT2A et entraînent des altérations microgliales dans le cortex préfrontal médial, caractérisées par une diminution de la ramification des processus et une augmentation de la taille du soma. Le traitement à la psilocybine améliore la fonction sensorimotrice, restaure la liaison 5-HT2A et réduit le nombre de cellules microgliales. Ces découvertes soulignent le “potentiel thérapeutique” de la psilocybine dans les LCT chroniques et soutiennent la poursuite des recherches sur les “traitements psychédéliques”.

Objectif :

L’objectif principal de cette étude est d’évaluer les effets thérapeutiques d’une dose unique de “psilocybine” pour atténuer les déficits comportementaux, neurobiologiques et de neuroimagerie, survenant un an après une lésion cérébrale traumatique (LCT). Plus précisément, l’étude vise à déterminer si la psilocybine, administrée un an après une LCT, peut améliorer le comportement, l’apprentissage et la mémoire, ainsi que moduler la liaison des récepteurs 5-HT2A et la densité et la morphologie microgliales.

Elle cherche à mettre en évidence le “potentiel thérapeutique” de la psilocybine dans les LCT chroniques et à justifier des investigations supplémentaires sur les “traitements psychédéliques” pour cette condition.

Méthodologie :
  • Participants : L’étude inclut des rats mâles Sprague-Dawley de 10 semaines, obtenus auprès d’AMREP Animal Services, appariés et logés par paires.
  • Modèle de lésion : Les rats sont répartis aléatoirement pour recevoir une lésion cérébrale traumatique (LCT) par percussion fluidique (FPI) ou une lésion simulée (“sham injury”). Une craniotomie de 5 mm est réalisée sous anesthésie, suivie de la délivrance de la LCT via un dispositif de FPI ou d’une procédure simulée.
  • Protocole de traitement : Un an après la LCT, les rats reçoivent une injection intrapéritonéale unique de “psilocybine” (1 mg/kg dans du sérum physiologique) ou de sérum physiologique, 24 heures avant les tests comportementaux. Cette dose et ce calendrier sont choisis pour leurs effets pro-plastiques et comportementaux dans les 24 heures suivant l’administration, tout en évitant la phase psychédélique aiguë.
  • Tests comportementaux : Les évaluations comportementales débutent 24 heures après le traitement et durent une semaine. Elles sont réalisées à l’aide d’un logiciel de suivi vidéo automatisé et comprennent :
    • Test de la poutre (Beam-walk test) : Évaluation de la fonction sensorimotrice.
    • Labyrinthe en croix surélevé (Elevated-plus maze) : Évaluation de l’anxiété et des comportements impulsifs.
    • Test clair/obscur (Light/dark test) : Évaluation de l’anxiété basée sur l’aversion pour les espaces lumineux.
    • Test en champ ouvert (Open-field test) : Évaluation du comportement exploratoire et de l’anxiété.
    • Test de préférence pour le saccharose (Sucrose preference test) : Évaluation du comportement hédonique.
    • Labyrinthe aquatique (Water maze) : Évaluation de l’apprentissage spatial et de la mémoire.
    • Test d’interaction sociale (Social interaction test) : Évaluation de la sociabilité.
  • Imagerie par tomographie par émission de positons (TEP) : Deux semaines après le traitement, une sous-population de rats subit des examens TEP pour évaluer la liaison des récepteurs 5-HT2A à l’aide du radioligand “[18F]altansérine”, synthétisé selon des protocoles publiés.
  • Imagerie par résonance magnétique (IRM) : Des examens IRM sont réalisés après les TEP à l’aide d’un instrument Bruker 9.4 T pour évaluer les volumes cérébraux.
  • Analyses histochimiques et morphologiques : Les cerveaux sont perfusés, puis des sections coronales de 30 µm sont préparées. Les cellules microgliales IBA1-positives sont quantifiées dans le cortex préfrontal médial par stéréologie non biaisée. La morphologie microgliale est examinée à l’aide du logiciel Neurolucida, notamment la taille du soma et les caractéristiques des processus (analyses de Sholl).
  • Analyses statistiques : Les données comportementales, neurobiologiques et de neuroimagerie sont analysées à l’aide de SPSS V27, GraphPad Prism V8.0.1 et SPM12. Des ANOVA à deux facteurs sont utilisées pour les effets de la lésion et du traitement. Des tests post-hoc de Tukey ou Kruskal-Wallis avec des tests post-hoc de Dunn sont appliqués si nécessaire.
Résultats principaux :
  • L’étude révèle que la “psilocybine” restaure les “déficits comportementaux” induits par les LCT, y compris l’amélioration de la fonction sensorimotrice (test de la poutre) et de l’apprentissage/mémoire (labyrinthe aquatique).
  • Les déficits de liaison des récepteurs “5-HT2A”, causés par les LCT, sont inversés par l’administration de “psilocybine”. Les rats LCT traités à la “psilocybine” présentent une liaison des récepteurs 5-HT2A normalisée par rapport aux rats LCT non traités.
  • La “psilocybine” diminue significativement le nombre de cellules microgliales IBA1-positives dans le cortex préfrontal chez les rats ayant subi une LCT, bien qu’elle n’inverse pas les changements morphologiques microgliaux (comme la taille du soma ou la complexité des processus) induits par la LCT.
  • La LCT entraîne des déficits sensorimoteurs, d’apprentissage et de mémoire, ainsi que des altérations affectives persistantes (diminution de la préférence pour le saccharose, réduction du temps passé au centre de l’arène en champ ouvert).
  • Les rats traités à la “psilocybine” montrent une amélioration significative du temps de traversée dans le test de la poutre et des temps de recherche de la plateforme dans le labyrinthe aquatique par rapport aux rats LCT non traités.
  • La “psilocybine” induit des “réponses de secouement de la tête” (“head-twitch responses”) chez les rats “sham” et LCT, un indicateur d’activation des récepteurs 5-HT2A.
Implications cliniques :

L’étude souligne le “potentiel thérapeutique” d’une dose unique de “psilocybine” pour atténuer les déficits comportementaux, neurobiologiques et de neuroimagerie un an après une LCT. Les résultats démontrent que la “psilocybine” restaure les déficits moteurs, d’apprentissage et de mémoire, normalise la liaison des récepteurs 5-HT2A et réduit la densité microgliale dans le cortex préfrontal.

Ces découvertes suggèrent que la “psilocybine” pourrait offrir une nouvelle voie pour le traitement des LCT chroniques, en particulier pour les patients présentant des symptômes persistants après la période de récupération spontanée. L’étude propose que des recherches supplémentaires soient nécessaires pour évaluer si ces effets sont médiatisés par une plasticité synaptique accrue, la neurogenèse ou une modulation sérotoninergique dans les voies motrices et somato-sensorielles.

Cependant, l’étude présente des limitations. Les analyses microgliales sont circonscrites au cortex préfrontal médial, et ces résultats ne doivent pas être interprétés comme une preuve directe d’effets anti-inflammatoires. De futures études devraient inclure d’autres régions cérébrales, des marqueurs moléculaires et cellulaires (cytokines, réponses astrocytaires) pour une évaluation plus complète de la modulation neuroimmune. De plus, la conception de l’étude à dose unique et à un stade chronique de récupération limite l’interprétation des effets temporels de la “psilocybine” sur la neuroinflammation et la récupération. Il est également nécessaire de mener des réplications sur des cohortes femelles pour évaluer les effets spécifiques au sexe et généralisables.

Ces résultats préliminaires, bien que prometteurs, restreignent la pertinence clinique directe et l’utilité translationnelle de l’étude. Les changements comportementaux et neurobiologiques observés ne peuvent pas être directement assimilés à des améliorations fonctionnelles significatives ou à des résultats de récupération cliniquement pertinents chez les patients.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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