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Psychédélique(s) étudié(s) : Ayahuasca, LSD, MDMA, NBOMes, Psilocybine, Salvia divinorum
Publiée le 28 avril 2017
Type : Recherche qualitative
Auteurs : Alexander B. Belser, Gabrielle Agin-Liebes, T. Cody Swift, Sara Terrana, Neşe Devenot, Harris L. Friedman, Jeffrey Guss, Anthony Bossis, Stephen Ross
Résumé :

La compréhension des mécanismes psychologiques d’action impliqués dans la psychothérapie assistée par la psilocybine reste à développer. Malgré un regain de recherche quantitative sur la psilocybine, cette étude représente la première investigation qualitative des expériences de participants en psychothérapie assistée par la psilocybine.

L’étude mène des entretiens semi-structurés avec 13 participants adultes, âgés de 22 à 69 ans (âge moyen = 50 ans), présentant une anxiété cliniquement élevée liée à un diagnostic de cancer. Les participants reçoivent une dose modérée de psilocybine ainsi qu’une psychothérapie d’appoint, l’accent étant mis sur le processus de construction de sens. Des entretiens transcrits intégralement sont analysés par une équipe de recherche de cinq membres, utilisant une analyse phénoménologique interprétative.

Les thèmes généraux identifiés dans la quasi-totalité des transcriptions incluent l’enracinement relationnel, l’éventail émotionnel, le rôle de la musique comme “vecteur” de l’expérience, des phénomènes visuels significatifs, des leçons de sagesse, des priorités de vie révisées et le désir de répéter l’expérience avec la psilocybine. Les thèmes “typiques”, présents dans la majorité des transcriptions, comportent des sentiments exaltés de joie, de béatitude et d’amour, l’incarnation, l’ineffabilité, des altérations de l’identité, un passage des sentiments de séparation à l’interconnexion, des expériences de détresse psychologique transitoire, l’apparition de “proches” comme “esprits” guides, et le partage de l’expérience avec des “proches” après le traitement. Parmi les thèmes “variants”, observés dans une minorité de transcriptions, on trouve des changements durables du “sens” de l’identité, des expériences de synesthésie, la “catharsis” d’émotions intenses, des “relations améliorées” après le traitement, le “lâcher-prise” suite à une détresse psychologique transitoire, le pardon et une “lutte continue” pour intégrer l’expérience.

Les conclusions soutiennent que la psychothérapie assistée par la psilocybine est un “traitement efficace” pour la “détresse psychologique” chez les patients atteints de cancer. Les implications pour la théorie et le traitement sont discutées.

Objectif :

L’étude vise à analyser qualitativement les expériences des participants en psychothérapie assistée par la psilocybine. Elle explore la “forme” et le “contenu” des expériences vécues lors des “sessions de dosage” de psilocybine, les descriptions subjectives de cette “intervention psychologique” dans son contexte, et la “compréhension” des “significations” profondes de leurs expériences vécues.

Elle s’appuie sur un sous-échantillon d’une étude quantitative précédente dont l’objectif principal était d’évaluer l’efficacité et la sécurité de la psilocybine, associée à la psychothérapie, pour la “détresse psychosociale” liée au cancer.

Méthodologie :
  • Type d’étude : L’étude est de “type” recherche qualitative et utilise spécifiquement l’Analyse Phénoménologique Interprétative (IPA) pour examiner les “expériences subjectives” des participants.
  • Participants : L’échantillon comprend 13 participants adultes, âgés de 22 à 69 ans (moyenne de 50 ans), sélectionnés parmi un essai clinique de “phase II” mené à l’Université de New York (NYU). Tous les participants souffrent d’une “anxiété cliniquement élevée” associée à un diagnostic de cancer. Les critères d’inclusion initiaux de l’étude quantitative exigeaient des participants âgés de 18 à 76 ans, avec une “espérance de vie” d’au moins un an, et un diagnostic primaire de “trouble de stress aigu”, de “trouble d’anxiété généralisée”, de “trouble anxieux” lié au cancer, ou de “trouble d’adaptation” avec anxiété.
  • Intervention : Les participants reçoivent une “psychothérapie assistée” par la psilocybine. Le traitement initial (dans l’essai clinique dont est issu ce sous-échantillon) dure 3 mois et comprend deux “sessions d’administration” de substance (une de psilocybine à 0,3 mg/kg et une de niacine à 250 mg, en “cross-over”, espacées de 7 semaines), ainsi que neuf “sessions de psychothérapie” adjunctive dispensées par deux psychothérapeutes agréés (avant, entre et après les “sessions de substance”), suivies d’une “évaluation” à 6 mois. Pendant les “sessions de substance”, les participants sont invités à s’allonger confortablement, à porter des “cache-yeux” et à écouter une “musique présélectionnée”, sous la surveillance constante de deux thérapeutes.
  • Collecte des données : Les données qualitatives sont recueillies via 13 “entretiens semi-structurés”, d’une durée d’environ 1h30 à 2h, menés par un seul membre de l’équipe de recherche. Les questions portent sur les “expériences” des participants avant, pendant et après leur participation à la “psychothérapie assistée” par la psilocybine, abordant les “changements perceptuels”, “émotionnels” et “mnésiques”, ainsi que les “attentes” avant le traitement et les “effets post-traitement”. Cinq de ces entretiens sont réalisés une semaine après la “seconde session” de dosage de psilocybine, et les huit autres environ un an plus tard. Tous les entretiens sont enregistrés et transcrits “verbatim”.
  • Analyse des données : L’analyse est réalisée par une équipe de cinq chercheurs, en suivant la méthode de l’Analyse Phénoménologique Interprétative (IPA). Le processus implique la “relecture approfondie” des transcriptions, le “codage indépendant” par deux évaluateurs, un “audit” par deux auditeurs indépendants pour “vérifier les codages” et les “commentaires”, et la “familiarisation” de tous les membres de l’équipe avec l’ensemble des transcriptions. Les “thèmes émergents” sont identifiés, organisés, définis en détail, et les “sous-thèmes” ainsi que leurs “interrelations” sont articulés pour maximiser la “rigueur” et la “validité” de l’analyse. Le logiciel “ATLAS.ti 7.5.4” est utilisé pour l’analyse des données.
Résultats principaux :
  • Thèmes Généraux (observés dans 12 ou 13 cas) :
    • Enracinement relationnel : Les participants décrivent des “perceptions profondes” et des “transformations” impliquant leurs “relations personnelles significatives”, telles que la “famille proche” et les “partenaires romantiques”.
    • Éventail émotionnel : L’étude observe des “expériences émotionnelles” d’une “profondeur” et d’une “amplitude” remarquables pendant les “sessions de psilocybine”, souvent accompagnées de “catharsis intenses” et de la “capacité” à ressentir une “multitude d’émotions”.
    • Rôle de la musique comme “vecteur” de l’expérience : La “musique présélectionnée” joue un “rôle central” pour tous les participants, servant de “conduit”, de “véhicule” ou de “support” pour “structurer” et “transporter” leur “expérience phénoménale”.
    • Phénomènes visuels significatifs : Tous les participants rapportent des “phénomènes visuels” “à “yeux fermés”, allant de “motifs simples” à des “visions complexes” et “personnelles” qui deviennent des “motifs organisateurs” essentiels dans leur “processus de construction de sens”.
    • Leçons de sagesse : Chaque participant exprime avoir acquis des “perceptions transpersonnelles” sur la “nature de l’univers” ou de l’existence, souvent perçues comme des “leçons de sagesse” difficiles, voire “impossibles” à exprimer avec des “mots”.
    • Priorités de vie révisées : Tous les participants font état de “bénéfices durables” concernant leur “mode de vie” et leur “qualité de vie”, avec un recentrage sur “l’instant présent”, une “connexion” à une “partie plus spirituelle” d’eux-mêmes et des “valeurs plus authentiques”.
    • Désir de répéter l’expérience avec la psilocybine : Douze des treize participants expriment le désir de répéter la “session de dosage” de psilocybine si l’occasion se présentait, souvent dans l’objectif “d’approfondir” l’expérience ou de la percevoir comme “profondément bénéfique”.
  • Thèmes Typiques (observés dans 7 à 11 cas) :
    • Sentiments exaltés de joie ou de béatitude : Onze participants décrivent des “moments d’exaltation”, de “joie” ou de “béatitude” comme des “expériences émotionnelles” prédominantes.
    • Sentiment d’amour : Onze participants rapportent avoir ressenti un “profond sentiment d’amour”.
    • Ineffabilité : Dix participants soulignent la “nature non verbale” de certaines “perceptions” et la “difficulté” ou “l’impossibilité” de caractériser leurs “expériences” avec des “mots”.
    • Altérations de l’identité pendant l’expérience avec la psilocybine : Neuf participants décrivent des “altérations” de leur “sens de soi”, allant de la “dissolution” des “limites” normales du “moi” à une “sensation d’identité séparée” du corps.
    • Incarnation : Sept participants décrivent les “effets pernicieux” du cancer sur leur corps, mais aussi des “visions” de “rejet physique” du cancer ou “d’acceptation” de leur corps, ainsi que l’utilisation expressive de leurs “mains”, “souffle”, “voix” ou “corps” entier pour manifester leur “expérience intérieure”.
    • De la “séparation” à l'”interconnexion” : Sept participants rapportent une “sensation d’interconnexion” avec les autres, la “planète” ou même “l’univers entier”, souvent accompagnée de “sentiments d’autonomisation” et “d’appartenance”.
    • Lutte difficile : expériences de “détresse psychologique” transitoire : Sept participants décrivent des “expériences transitoires” de “lutte psychologique” ou “émotionnelle”, souvent caractérisées par des “réactions aiguës” de “peur”, de “confusion”, de “panique” ou de “paranoïa”, qui se “résolvent” dans un “contexte thérapeutique” de soutien.
    • “Proches” comme “esprits” guides : Sept participants rapportent avoir été “visités” par des “esprits” guides, se manifestant généralement sous la forme de “visions” de “proches” offrant “guidance” ou “réassurance”.
    • Partage de l’expérience avec des “proches” : Sept participants décrivent comment, en partageant des aspects de leur expérience avec des “proches”, ils se sont sentis “plus proches” dans leurs “relations”.
  • Thèmes Variants (observés dans 2 à 6 cas) :
    • Changements durables du “sens” de l’identité : Six participants rapportent une “confiance accrue” pour établir des “limites” face aux “facteurs de stress” et “surmonter les obstacles” entravant leurs “objectifs de vie”, conduisant à une “plus grande paix” et “liberté”.
    • Expériences de synesthésie : Six participants décrivent des “expériences synesthésiques”, où un “stimulus” dans une “modalité sensorielle” (par exemple, l’ouïe) “déclenche” une “sensation” dans une autre (par exemple, la vue).
    • “Catharsis” d’émotions intenses : Cinq participants rapportent avoir eu accès à des “émotions refoulées” ou “intenses”, telles que le “chagrin”, la “tristesse” et la “douleur traumatique”, entraînant un “profond sentiment de soulagement”.
    • “Relations améliorées” après le traitement : Cinq participants décrivent une “modification” de leur “manière” de “relationner” avec les autres suite à leur participation à l’étude.
    • “Lâcher-prise” suite à une “détresse psychologique” transitoire : Quatre participants racontent être passés d’une “résistance défensive” à une “acceptation”, caractérisée par des “sentiments de soulagement”, de “plénitude”, de “liberté” et “d’affirmation” après des périodes intenses de “détresse”.
    • Pardon : Quatre participants parviennent à “transformer” des “sentiments” de “frustration”, de “colère” et de “déception” envers des “personnes importantes” de leur vie en “acceptation” et en “pardon”.
    • Intégration : “Lutte continue” : Trois participants continuent à “lutter” pour “intégrer” leurs “expériences” après la fin de l’étude, bien qu’ils rapportent que leur vie est “meilleure” et qu’ils se sentent “moins tristes”.
Implications cliniques :

L’étude suggère que la psychothérapie assistée par la psilocybine est une “intervention combinée prometteuse” pour le traitement de la “détresse psychologique”, des “affections psychiatriques” et pour le “bien-être” général. Les conclusions indiquent que la “psilocybine” est “bien acceptée” par les participants et constitue une “intervention prometteuse” pour la “détresse existentielle” et “psychologique” provoquée par un “diagnostic de cancer”.

Les résultats révèlent une “série complexe” et “multiniveau” de processus. Les participants perçoivent ce traitement comme étant “ancré” dans les “relations”, “incarné physiquement”, “chargé d’affect”, “profondément significatif” et “biographiquement instancié”, avec des “impacts durables” sur leur “expérience” d’eux-mêmes et du “monde”. Ces “constats” soulignent l’importance de “facteurs relationnels”, “corporels” et “affectifs”, qui pourraient jouer des “rôles cruciaux” dans les “expériences des participants”.

La recherche future doit approfondir ces “mécanismes psychologiques” d’action et “maximiser le bénéfice thérapeutique”. Il est suggéré que les “périodes transitoires” de “détresse”, même “intenses”, peuvent être “bien tolérées” dans un “milieu thérapeutique” de soutien, et que le “développement d’une alliance thérapeutique” de confiance est “crucial”.

De plus, les “impacts durables” sur la “qualité de vie”, les “priorités de vie” et le “sens de l’identité” des participants, y compris des “comportements plus sains” comme la “perte de poids”, justifient des “recherches futures” sur l’efficacité de la psychothérapie assistée par la psilocybine pour “l’obésité” et les “troubles de l’alimentation”.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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