Aller au contenu
Psychédélique(s) étudié(s) : 2C-B, 5-MeO-DMT, Ayahuasca, DMT, Ibogaïne, Kétamine, LSD, MDMA, Mescaline, Psilocybine, Salvia divinorum
Publiée le 29 septembre 2026
Type : Etude par questionnaire
Auteurs : Michelle Priest, Terry L. Schell, Ben Senator, Beau Kilmer
Résumé :

Cette étude examine la prévalence de l’usage des substances psychédéliques, la volonté d’en consommer et les préférences politiques associées au sein d’un échantillon représentatif à l’échelle nationale de vétérans américains, en établissant des comparaisons avec la population non-vétérane.

Les résultats indiquent qu’environ 4,8 millions de vétérans (27,4 %) ont déjà consommé au moins une fois de la psilocybine, du LSD ou de la MDMA au cours de leur vie, le LSD et la psilocybine étant les substances les plus rapportées. L’usage au cours de l’année écoulée demeure toutefois rare (inférieur à 3 % pour toutes les substances). Après ajustement sur les variables sociodémographiques, les vétérans présentent une probabilité plus élevée d’avoir expérimenté le LSD et manifestent un soutien légèrement supérieur à la légalisation de la psilocybine et du LSD par rapport aux non-vétérans.

En outre, plus de la moitié des vétérans soutiennent le remboursement ou la dispensation par le Department of Veterans Affairs (VA) de la thérapie assistée par psilocybine (53,9 %) ou par MDMA (44,9 %) en cas d’approbation réglementaire. Cependant, près de la moitié d’entre eux ignorent si la divulgation d’un tel usage à leur médecin du VA mettrait en péril leurs prestations sociales.

Objectif :

L’étude vise à combler le manque de données représentatives au niveau national sur l’usage des substances psychédéliques et les opinions réglementaires chez les vétérans des États-Unis.

Elle cherche à quantifier l’usage au cours de la vie et au cours de la dernière année de diverses substances psychédéliques, à évaluer l’ouverture à leur expérimentation, et à déterminer l’attitude des vétérans vis-à-vis des politiques publiques et des directives institutionnelles du VA.

Méthodologie :
  • Source des données : Données issues de l’enquête probabiliste nationale « RAND Psychedelics Survey » (RPS) de 2025, administrée par NORC à l’Université de Chicago via le panel AmeriSpeak.
  • Échantillon : 10 122 adultes américains au total, incluant un sous-échantillon ciblé de 1 339 vétérans identifiés par des critères stricts de service militaire actif.
  • Période de collecte : Enquête menée principalement en ligne (97,3 %) et par téléphone (2,7 %) du 9 septembre au 1er octobre 2025.
  • Substances évaluées : Champignons à psilocybine/psilocybine synthétique, Amanita muscaria, MDMA/MDA, LSD, DMT (incluant l’ayahuasca), 5-MeO-DMT, mescaline, ibogaïne/iboga, kétamine, Salvia divinorum et 2C-B/phénéthylamines synthétiques.
  • Analyses statistiques : Régressions logistiques pondérées non ajustées et ajustées (modèles doublement robustes contrôlant l’âge, le sexe, la race et l’appartenance ethnique) réalisées avec Stata version 17.0 pour comparer vétérans et non-vétérans.
Résultats principaux :
  • Prévalence au cours de la vie : 27,4 % des vétérans rapportent avoir consommé au moins une fois de la psilocybine, du LSD ou de la MDMA. Les taux individuels les plus élevés concernent le LSD (19,6 %) et la psilocybine (18,6 %), suivis de la MDMA (7,7 %) et de la mescaline (7,7 %).
  • Comparaison de l’usage : Les vétérans présentent une cote d’usage de LSD au cours de la vie significativement plus élevée que les non-vétérans démographiquement comparables (AOR = 1,26). L’usage au cours des 12 derniers mois demeure très faible pour l’ensemble des substances (≤ 2,6 %).
  • Volonté d’essayer : Parmi les vétérans n’en ayant jamais consommé, la volonté d’essayer est plus marquée pour la psilocybine (11,1 %) que pour le LSD (5,1 %). Pour des substances rares comme l’ibogaïne (5,0 %) ou la DMT (8,3 %), l’intérêt dépasse nettement la prévalence d’usage passée.
  • Attitudes envers la légalisation : Le soutien à la légalisation chez les vétérans atteint 23,0 % pour la psilocybine, 11,4 % pour le LSD et 8,5 % pour la MDMA. Après ajustement démographique, les vétérans sont plus favorables à la légalisation de la psilocybine (AOR = 1,34) et du LSD (AOR = 1,41) que leurs homologues civils.
  • Perception des politiques du VA : 48,1 % des vétérans sont incertains quant au risque de perdre leurs prestations du VA en discutant de l’usage de champignons à psilocybine avec leur médecin (46,3 % pour la MDMA).
  • Prise en charge par le VA : 53,9 % des vétérans sont favorables à la couverture ou à la fourniture de la thérapie assistée par psilocybine si elle est approuvée par la FDA (44,9 % pour la MDMA), avec une préférence pour un modèle mixte (VA ou secteur privé).
Implications cliniques :

L’étude souligne un décalage substantiel entre l’intérêt croissant des vétérans pour les applications thérapeutiques des psychédéliques et le cadre institutionnel actuel. Bien qu’une majorité significative d’anciens combattants soutienne l’accès et le remboursement de ces approches par le VA en cas d’approbation par la FDA, une incertitude répandue persiste quant aux répercussions disciplinaires ou administratives sur leurs droits et allocations.

Les auteurs préconisent la publication de directives explicites de la part du VA, comparables à celles adoptées par le passé pour le cannabis médical, afin d’encourager un dialogue ouvert et sécurisé entre les patients et le personnel soignant, sans crainte de suspension de bénéfices.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

Retour en haut
Rechercher