L’intérêt scientifique et public pour la psychothérapie assistée par psychédéliques (PAP) connaît une croissance rapide. Cette étude examine les attitudes à l’égard des psychédéliques au sein d’un échantillon diversifié et multinational de psychiatres exerçant en Europe.
Les participants répondent à un questionnaire en ligne anonyme comprenant des données démographiques, un test de connaissances fondamentales sur les psychédéliques et le questionnaire Attitudes on Psychedelics Questionnaire (APQ), validé pour la première fois en langue anglaise. Au total, 419 psychiatres issus de 33 pays européens participent à l’enquête, dont un tiers (34,4 %) rapporte un usage personnel antérieur de substances psychédéliques.
Les résultats révèlent une ouverture générale envers les psychédéliques et la PAP, bien que les répondants expriment des réserves et de la prudence concernant l’évaluation des risques potentiels. Les attitudes positives sont particulièrement associées au jeune âge, au genre masculin, à la spiritualité, à une meilleure identification des substances psychédéliques ainsi qu’à une expérience passée d’usage de psychédéliques ou de participation à la recherche dans ce domaine.
L’étude vise à sonder un large échantillon de psychiatres européens afin d’évaluer leurs attitudes globales et multidimensionnelles envers les psychédéliques et leur usage médical à l’aide de l’échelle APQ.
Elle cherche également à mesurer les connaissances fondamentales de ces praticiens en matière de psychopharmacologie des substances psychédéliques et à déterminer les caractéristiques personnelles et professionnelles associées à des attitudes favorables ou défavorables.
- Type d’étude : Étude transversale anonyme menée en ligne via SurveyMonkey entre le 13 avril 2022 et le 5 mars 2023, préalablement enregistrée sur Open Science Framework.
- Participants : Échantillon de 419 psychiatres (internes, résidents ou spécialistes en exercice) travaillant dans 33 pays européens, recrutés par contact direct et via des organisations professionnelles (EFPT, EPA).
- Instruments de mesure : Recueil des variables sociodémographiques et cliniques, test de connaissances fondamentales portant sur la reconnaissance de substances psychédéliques et non psychédéliques, et version anglaise du questionnaire APQ (20 items répartis en quatre sous-échelles : ouverture, usage légal, effets et évaluation des risques).
- Analyses statistiques : Analyse factorielle confirmatoire pour valider le modèle de l’APQ, corrélations de Spearman, tests non paramétriques (Mann-Whitney) et régressions linéaires pas à pas pour déterminer les prédicteurs des attitudes.
- Attitudes globales modérées : Le score médian total à l’APQ s’établit à 66,0 sur 100, la sous-échelle “Ouverture aux psychédéliques” obtenant le score le plus élevé et la sous-échelle “Évaluation des risques” le score le plus faible.
- Connaissances de base : Le score médian de connaissances atteint 86,0 sur 100 ; la psilocybine (98,1 %), le LSD (97,6 %) et la mescaline (91,9 %) sont les substances les mieux identifiées comme psychédéliques, tandis que la kétamine divise fortement les répondants (63,0 % la qualifiant de psychédélique).
- Facteurs prédictifs : Le modèle de régression linéaire explique 31,3 % de la variance des scores de l’APQ ; un usage passé de psychédéliques, de meilleures connaissances, un âge plus jeune, le genre masculin, l’identification à la spiritualité et une expérience préalable avec la PAP ou la recherche sont significativement associés à des attitudes plus favorables.
- Variables professionnelles : L’orientation thérapeutique (biologique ou psychothérapeutique) ou le cadre d’exercice n’exercent aucune influence prédictive significative sur les attitudes globales en dehors de l’implication préalable dans la recherche ou les thérapies assistées.
Les conclusions mettent en lumière l’ouverture d’esprit des psychiatres européens face à la réémergence des thérapies psychédéliques, tout en soulignant la persistance d’inquiétudes tangibles liées aux effets indésirables potentiels et à la sécurité des patients.
L’influence marquée de l’expérience personnelle préalable et de la familiarité avec le domaine sur les attitudes suggère un risque potentiel de biais et d’enthousiasme chez les futurs prescripteurs. Les auteurs recommandent l’élaboration de programmes de formation médicale équilibrés, rigoureux et impartiaux afin de préparer adéquatement les professionnels de santé mentale à l’intégration éventuelle de ces thérapies en pratique clinique.
La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.