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Psychédélique(s) étudié(s) : DMT, LSD, Mescaline, Psilocybine
Publiée le 15 avril 2026
Type : Recherche originale
Auteurs : Kurt Stocker, Matthias Hartmann, Frederick S. Barrett, William A. Richards, Nathan D. Sepeda, Laura Ley, Anna M. Becker, Friederike Holze, Matthias E. Liechti
Résumé :

L’étude examine l’intégration du questionnaire d’expérience mystique (MEQ30) dans le cadre psychométrique plus large du questionnaire d’expérience psychédélique (PES48). Elle vise à valider la structure globale à huit facteurs du PES48 en anglais, qui comprend la structure à quatre facteurs du MEQ30. La partie validée du PES48 comprend également quatre facteurs supplémentaires : deux facteurs mystiques (“paradoxalité” et “connexion”) qui, avec le MEQ30, forment le MEQ40, et deux facteurs non mystiques (“expérience visuelle” et “expérience de détresse”). Jusqu’à présent, cette dernière partie à quatre facteurs du PES48 n’était validée que pour la version allemande.

Les chercheurs utilisent les données de 280 mesures du PES en anglais, provenant de 145 participants sains issus de quatre études contrôlées par placebo avec des doses de psilocybine faibles à élevées. La fiabilité des huit sous-échelles est évaluée à l’aide de mesures de cohérence interne, et la validité de la structure factorielle est évaluée par des indices d’ajustement du modèle issus de l’analyse factorielle confirmatoire. Les résultats en anglais sont ensuite comparés aux données de validation du PES en allemand.

Les résultats indiquent que six des huit sous-échelles du PES48 anglais (“mystique”, “humeur positive”, “transcendance du temps et de l’espace”, “inéffabilité”, “connexion”, “expérience de détresse”) présentent une cohérence interne élevée. Une sous-échelle (“paradoxalité”) montre une bonne cohérence interne, et une autre (“expérience visuelle”) une cohérence interne acceptable. Les deux modèles MEQ (MEQ30 et MEQ40) montrent des ajustements de modèle similaires et acceptables à bons. En anglais, les deux modèles MEQ montrent de meilleurs ajustements qu’en allemand. Toutes les moyennes des six échelles du MEQ40 des données anglaises sont plus élevées que celles des données allemandes.

Ces découvertes suggèrent que le PES48 à huit facteurs constitue un outil psychométrique valide également en anglais. La partie MEQ40 du PES48 permet de mesurer l’expérience mystique avec une étendue conceptuelle plus large qu’avec le MEQ30.

Objectif :

L’étude vise à vérifier si la structure globale à huit facteurs du Psychedelic Experience Scale (PES48), incluant la structure à quatre facteurs du Mystical Experience Questionnaire (MEQ30), peut être validée et utilisée efficacement en anglais. Le PES48 comprend quatre facteurs supplémentaires non encore validés en anglais : deux facteurs mystiques (“paradoxalité” et “connexion”, qui, avec le MEQ30, constituent le MEQ40) et deux facteurs non mystiques (“expérience visuelle” et “expérience de détresse”).

Méthodologie :
  • Participants : L’étude inclut des données de 280 mesures du PES en anglais, recueillies auprès de 145 participants sains (âge moyen = 41,5 ans ; 87 femmes) provenant de quatre études contrôlées par placebo administrant des doses de psilocybine (élevées, modérées et faibles). Ces données sont comparées à un ensemble de données allemandes de 239 mesures du PES (140 participants sains ; 73 femmes) issues de six études utilisant des substances psychédéliques classiques (psilocybine et/ou LSD).
  • Mesures : L’expérience psychédélique et mystique est évaluée à l’aide de l’échelle d’expérience psychédélique 100 (PES100), dont la partie validée (PES48) est utilisée. Le PES48 intègre le Mystical Experience Questionnaire 40 (MEQ40), qui se compose du MEQ30 et de deux facteurs mystiques supplémentaires (“paradoxalité” et “connexion”), ainsi que de deux facteurs non mystiques (“expérience visuelle” et “expérience de détresse”).
  • Procédure et Analyse des données : La fiabilité de la structure factorielle est évaluée par des mesures de cohérence interne telles que l’alpha de Cronbach et le McDonald’s ω. La validité est déterminée par des indices d’ajustement du modèle issus de l’analyse factorielle confirmatoire (AFC), incluant le Chi-carré normé (x²/df), le RMSEA, le SRMR et le CFI.
Résultats principaux :
  • Six des huit sous-échelles du PES48 en anglais (“mystique”, “humeur positive”, “transcendance du temps et de l’espace”, “inéffabilité”, “connexion” et “expérience de détresse”) présentent une cohérence interne élevée (α et ω > 0.90).
  • La sous-échelle “paradoxalité” démontre une bonne cohérence interne (α et ω entre 0.80 et 0.89).
  • La sous-échelle “expérience visuelle” affiche une cohérence interne acceptable (α et ω = 0.70).
  • Les modèles MEQ30 et MEQ40 montrent des ajustements de modèle similaires, allant d’acceptables à bons, pour les données en anglais.
  • Les modèles MEQ30 et MEQ40 en anglais présentent de meilleurs ajustements que leurs homologues en allemand.
  • Les moyennes des six échelles du MEQ40 sont plus élevées dans les données en anglais par rapport aux données en allemand.
Implications cliniques :

Les découvertes indiquent que le PES48 à huit facteurs est un outil psychométrique valide et efficace en anglais. Il permet de mesurer les expériences mystiques de manière plus complète que le MEQ30 en intégrant également les effets visuels non mystiques et les expériences de détresse, offrant ainsi une compréhension plus large de l’expérience psychédélique.

La partie MEQ40 du PES48 offre une portée conceptuelle plus étendue pour l’évaluation de l’expérience mystique. Les moyennes plus élevées des échelles MEQ40 observées dans les données anglaises par rapport aux données allemandes suggèrent que le contexte (le “setting”) de l’étude joue un rôle crucial dans l’intensité de l’expérience mystique vécue, plutôt que des différences linguistiques. Par exemple, les environnements plus accueillants des études en anglais (type “salon”) semblent favoriser des expériences mystiques plus intenses que les environnements cliniques des études en allemand.

Les auteurs recommandent l’utilisation combinée du PES48 et de l’échelle 3D-ASCr lorsque cela est possible dans la recherche clinique et la pratique, car ces instruments sont plus fortement liés aux résultats cliniquement pertinents. De futures recherches pourraient explorer comment les environnements de type “salon” influencent non seulement l’intensité des expériences mystiques, mais aussi les résultats positifs à long terme après la prise de substances psychédéliques. L’étude souligne l’importance de manipuler attentivement le “setting” comme variable contrôlée dans les essais cliniques sur les psychédéliques.

Publication complète :

https://doi.org/10.1002/mpr.70073

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