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Psychédélique(s) étudié(s) : Ayahuasca, DMT, LSD, MDMA, Mescaline, Psilocybine
Publiée le 9 juin 2026
Type : Revue systématique
Auteurs : Lucas Cruz, Fernando R. Beserra, Julia M. K. Freind, Sandro E. Rodrigues, Daniel C. Mograbi
Résumé :

L’étude met en évidence des résultats prometteurs des psychédéliques dans le traitement des troubles psychiatriques. Elle note que, tant dans les contextes cliniques que récréatifs, des éléments contextuels, tels que la musique, peuvent influencer l’expérience des utilisateurs et être liés à des résultats positifs. Cette revue systématique identifie la manière dont la musique est sélectionnée et utilisée en psychothérapie assistée par psychédéliques (PAP).

La recherche a adopté les critères PRISMA et a été menée en utilisant PubMed, PsycNet, Web of Science, Scopus et Cochrane comme bases de données. L’utilisation de la musique en PAP est comparée, en tenant compte d’aspects tels que la création d’une playlist, ses caractéristiques et les particularités du cadre. Un total de 36 articles est identifié, dont 25 mentionnent l’utilisation de la musique, abordant principalement les troubles dépressifs et le trouble de stress post-traumatique avec l’utilisation de la psilocybine et de la 3,4-méthylènedioxyméthamphétamine (MDMA).

Une variation considérable est observée en termes de procédures, principalement parce que les études explorent différents troubles et substances, mais aussi en raison de l’absence de protocole standardisé concernant la musique. Comprendre quels aspects sont privilégiés lors du choix de la musique pour la PAP peut orienter les futurs efforts cliniques et de recherche.

Objectif :

Cette revue systématique vise à identifier, caractériser et évaluer l’utilisation de la musique et des playlists dans les applications cliniques des psychédéliques classiques et de la MDMA.

L’objectif est d’analyser comment la musique est sélectionnée et employée dans la psychothérapie assistée par psychédéliques (PAP).

Méthodologie :
  • Type d’étude : Une revue systématique est menée, enregistrée sur le registre international prospectif des revues systématiques (PROSPERO) sous le numéro CRD42022365423.
  • Critères de recherche : La revue suit les recommandations PRISMA. Les bases de données consultées incluent PubMed, PsycNet, Web of Science, Scopus et Cochrane.
  • Critères d’inclusion : Sont incluses les recherches cliniques axées sur le traitement de troubles psychiatriques utilisant des substances psychédéliques classiques (le LSD, la psilocybine, l’Ayahuasca/la DMT et la mescaline) et la MDMA. Les types d’études pris en compte sont les essais cliniques randomisés (ECR) et les études ouvertes sans groupe placebo.
  • Critères d’exclusion : Les études observationnelles, les études de cas et les articles de revue sont exclus, de même que les études se concentrant sur d’autres substances ou méthodes.
  • Période de recherche : Les recherches couvrent la période allant de janvier 2013 à mai 2024.
  • Langue : Seuls les articles écrits en anglais sont inclus.
  • Processus de sélection : Les résultats de recherche sont importés dans Rayyan pour faciliter la collaboration. Deux évaluateurs indépendants (L.C. et J.F.) examinent les titres et résumés, puis les articles en texte intégral. Un troisième évaluateur (F.B.) est consulté en cas de désaccord.
  • Catégorisation des études : Les études sont catégorisées en fonction de la méthode, de l’échantillon, de la substance utilisée et du cadre, ainsi que des caractéristiques de la playlist musicale (source, nombre de chansons, genres, durée, prise en compte des phases de l’expérience psychédélique et présence de voix).
  • Évaluation de la qualité : L’évaluation de la qualité est effectuée à l’aide du système de notation de Kmet et al. (2004), comprenant 14 aspects. Aucune étude n’a été exclue sur la base de cette évaluation.
Résultats principaux :
  • Articles inclus : Sur un total de 4062 articles initialement identifiés, 36 articles sont inclus dans la revue. Parmi eux, 25 articles mentionnent l’utilisation de musique.
  • Absence de musique : Trois études affirment explicitement ne pas utiliser de musique ; l’une justifie ce choix par la volonté d’étudier uniquement les effets pharmacologiques de l’Ayahuasca, une autre par le désir d’un environnement calme et neutre, et la dernière ne fournit pas de justification. Toutes ces études ont rapporté des résultats thérapeutiques positifs.
  • Détails des playlists : 13 des 25 études utilisant une playlist fournissent des détails, et 7 offrent un lien direct vers la playlist utilisée. Les playlists de l’Université Johns Hopkins et les playlists de Kaelen sont les plus fréquemment utilisées.
  • Sources de musique : 9 articles mentionnent l’utilisation de services de streaming, tandis qu’une étude utilise des CD et iTunes.
  • Durée des playlists : 14 études fournissent des informations sur la durée, variant entre 1,5 et 7,3 heures, avec une durée moyenne d’environ 333,7 minutes (environ 5 heures et 34 minutes).
  • Nombre de chansons : Le nombre de chansons par playlist varie entre 6 et 98, la plupart des playlists (6 études) contenant entre 40 et 70 chansons.
  • Musique avec voix : 10 articles utilisent de la musique avec voix. Une étude évite les paroles négatives, une autre privilégie des langues non comprises par le participant, et une autre suggère d’éviter strictement les paroles. Une étude utilise deux playlists, l’une avec voix et l’autre sans voix.
  • Genres musicaux : Les genres sont divers, mais la musique classique, le New Age, le jazz, l’opéra et la musique ambiante sont les plus représentés.
  • Phases de l’expérience : Au moins 10 playlists tiennent compte des phases de l’expérience psychédélique.
  • Contexte thérapeutique : 34 études mentionnent la présence de guides. 14 études se préoccupent de créer une atmosphère confortable. 20 études encouragent l’utilisation de masques oculaires ou la fermeture des yeux. 13 études mentionnent l’utilisation d’écouteurs.
  • Substances étudiées : La psilocybine (18 études), la MDMA (11 études), l’Ayahuasca/la DMT (5 études) et le LSD (1 étude) sont les principales substances. Une étude compare la psilocybine à l’escitalopram.
  • Troubles traités : Les troubles dépressifs (15 études) et le trouble de stress post-traumatique (8 études) sont les plus étudiés, suivis par les troubles anxieux, la dépendance à l’alcool, la dépendance au tabac, l’anorexie mentale et le trouble dysmorphique corporel.
  • Conception des études : 20 études sont des essais cliniques randomisés, 13 sont des études ouvertes, et 3 utilisent une combinaison des deux approches.
Implications cliniques :

L’étude souligne que, malgré l’importance attribuée à la musique en recherche psychédélique, peu d’informations détaillées existent sur son rôle spécifique ou ses effets sur les résultats cliniques. Le manque de données sur la création des playlists et l’implication de professionnels en musicothérapie est notable.

Une variabilité significative est constatée dans la mise en œuvre et le rapport de l’utilisation de la musique. Les études sur l’Ayahuasca/la DMT omettent souvent la musique, contrairement aux essais sur la psilocybine, ce qui est frappant étant donné l’usage rituel de ces substances.

Il est impératif de développer des méthodes standardisées pour la construction et l’évaluation des playlists. La recherche future doit concilier la standardisation des protocoles avec le confort et l’autonomie des participants.

La distinction entre musique instrumentale et vocale est une considération pertinente pour éviter d’influencer la suggestibilité accrue induite par les psychédéliques. L’étude suggère d’explorer l’impact de paramètres musicaux spécifiques tels que le tempo, le timbre, la variabilité et l’instrumentation. L’utilisation de genres musicaux universels comme la musique classique doit être équilibrée avec une sensibilité culturelle et l’intégration de musique locale significative pour les participants.

L’étude met en évidence l’importance des masques oculaires et de la qualité sonore (casques, systèmes audio) pour améliorer l’expérience. Les futures recherches bénéficieraient de trois axes principaux : tester spécifiquement la contribution de la musique aux résultats cliniques, examiner les paramètres musicaux spécifiques et améliorer les pratiques de rapport (description de la construction de la playlist, durée, logique de séquençage, méthodes de diffusion et équipement sonore).

En conclusion, bien que la plupart des études utilisent des playlists, peu fournissent des détails précis. L’étude propose un cadre pour catégoriser et conceptualiser les playlists basé sur leur structure et leur degré d’individualisation, suggérant une approche plus structurée pour la recherche et plus personnalisée pour les soins cliniques.

Publication complète :

https://doi.org/10.1002/jclp.70167

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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