Face à la popularité croissante de l’usage des substances psychédéliques, il devient essentiel de comprendre les schémas de consommation et les résultats cliniques qui y sont associés. Cette étude explore les modes d’utilisation des psychédéliques chez les jeunes adultes d’âge universitaire, en se concentrant sur les comportements de dosage, les intentions d’usage et l’impact des traumatismes vécus durant l’enfance.
L’analyse montre que les taux de consommation comorbide de substances sont similaires entre les individus avec et sans antécédents d’usage de psychédéliques. Toutefois, les personnes n’ayant jamais consommé de psychédéliques présentent une fréquence de consommation d’opioïdes significativement plus élevée. Après exclusion des participants n’ayant rapporté aucune expérience infantile négative (ACEs), l’usage de psychédéliques au cours de la vie n’est pas associé de manière significative à une diminution des symptômes de traumatisme, des difficultés psychosociales ou de la dérégulation émotionnelle.
L’étude suggère qu’un historique d’usage de substances psychédéliques pourrait être lié à une réduction des taux de consommation d’opioïdes, tout en n’augmentant pas la consommation d’autres substances.
L’étude vise à combler les lacunes de la littérature scientifique en explorant les schémas d’utilisation des substances psychédéliques chez les jeunes adultes d’âge universitaire. L’accent est particulièrement mis sur les comportements de dosage, les intentions d’usage, et l’impact des traumatismes de l’enfance.
En examinant les relations entre ces différents facteurs, les auteurs cherchent à fournir une compréhension plus complète de la manière dont les psychédéliques affectent la santé mentale et la régulation émotionnelle dans cette population. L’étude a également pour objectif d’apporter un éclairage sur le rôle de la spiritualité subjective dans les expériences psychédéliques et sur la façon dont ces expériences peuvent contribuer à la croissance personnelle et au bien-être.
- Participants : L’étude est menée auprès de 1395 étudiants de premier cycle en psychologie, dont 76% de femmes.
- Procédure : Les données sont collectées via un questionnaire en ligne auto-administré sur la plateforme Qualtrics.
- Mesures : Une série de questionnaires standardisés est utilisée pour évaluer les expériences négatives de l’enfance (ACE), les antécédents de consommation de substances, la régulation émotionnelle (DERS-16), la symptomatologie traumatique (TSC-40), le fonctionnement psychosocial (B-IPF) et la spiritualité subjective (Brief M-Scale).
- Analyse des données : Les participants sont répartis en groupes selon qu’ils ont ou non une expérience de vie avec les psychédéliques. Les analyses statistiques comparent ces groupes sur les différentes mesures pour identifier les associations significatives.
- Consommation de substances : Les taux de consommation comorbide de substances sont globalement similaires entre les usagers et les non-usagers de psychédéliques. Cependant, le groupe n’ayant jamais consommé de psychédéliques rapporte une fréquence d’usage d’opioïdes significativement plus élevée.
- Traumatisme et santé mentale : Chez les participants ayant subi des traumatismes infantiles, l’usage de psychédéliques au cours de la vie n’est pas significativement associé à une réduction des symptômes de traumatisme, des difficultés psychosociales ou de la dérégulation émotionnelle.
- Spiritualité : L’usage de psychédéliques est associé à des scores de spiritualité subjective plus élevés.
- Intentions d’usage : L’étude montre que les intentions (par exemple, croissance personnelle vs. récréatif) et les dosages varient au sein de la population étudiée, ce qui influence les expériences rapportées.
L’étude suggère que l’usage de substances psychédéliques n’entraîne pas nécessairement une augmentation de la consommation d’autres substances et pourrait être associé à une diminution des taux d’usage d’opioïdes chez les jeunes adultes. Ces résultats sont pertinents pour les stratégies de réduction des risques.
Les auteurs indiquent que l’usage naturaliste (non supervisé) de psychédéliques n’est pas associé à des améliorations des symptômes liés aux traumatismes. Cela souligne l’importance du contexte : un environnement favorable et une utilisation intentionnelle et guidée pourraient produire des résultats thérapeutiques très différents. L’association positive avec la spiritualité subjective ouvre des pistes pour de futures recherches sur les mécanismes de bien-être liés à ces substances.
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