Une controverse émerge dans le domaine de la thérapie psychédélique concernant la pertinence ou la nécessité pour les thérapeutes d’avoir une expérience personnelle avec les substances psychédéliques. Bien que des avantages et inconvénients potentiels existent, aucune étude n’a jusqu’à présent mesuré cet usage ou d’autres aspects de leur formation.
Cette étude examine d’abord la littérature sur l’apprentissage expérientiel en psychothérapie et psychiatrie, puis présente les résultats d’une enquête menée auprès de 145 thérapeutes associés à un essai clinique de phase II sur la psilocybine pour le trouble dépressif majeur. Trente-deux thérapeutes ont participé à l’enquête.
Les résultats révèlent que l’apprentissage expérientiel est courant dans ce domaine. La majorité des thérapeutes de l’échantillon sont des femmes blanches titulaires d’un doctorat. La plupart des participants (88 %) déclarent une expérience personnelle avec au moins un psychédélique sérotoninergique, la psilocybine étant la plus commune (81 %). Les intentions d’usage sont variées, incluant le développement personnel, la croissance spirituelle, le plaisir et la curiosité. Tous les répondants expriment des opinions favorables quant à l’efficacité de la thérapie par la psilocybine.
Cette étude vise à quantifier l’usage personnel de substances psychédéliques et à explorer d’autres aspects de la formation chez les thérapeutes psychédéliques. L’objectif est de fournir les premières données empiriques sur ce sujet afin d’éclairer le débat actuel sur l’importance et les implications de l’apprentissage expérientiel pour les professionnels de ce domaine.
- Participants : L’étude a été menée auprès d’un échantillon de 32 thérapeutes (taux de réponse de 22 %) sur 145 contactés. Tous étaient des facilitateurs dans l’essai clinique de phase II de l’Institut Usona sur la psilocybine pour le trouble dépressif majeur (MDD).
- Procédure : Les données ont été collectées via un questionnaire auto-administré en ligne d’une durée approximative de 15 à 20 minutes.
- Mesures : Le questionnaire a recueilli des informations sur les données démographiques, la formation et l’expérience clinique, la formation spécifique aux psychédéliques, l’expérience personnelle avec diverses substances psychédéliques (substances utilisées, fréquence, dernière utilisation, intentions, caractère transformateur de l’expérience) et les croyances concernant l’efficacité de la thérapie par la psilocybine.
- Démographie de l’échantillon : La majorité des participants sont des femmes (59 %), de race blanche (88 %) et titulaires d’un diplôme de doctorat (56 %). L’âge médian se situe dans la tranche 35-44 ans.
- Usage personnel de psychédéliques : Une forte prévalence de l’usage personnel est constatée, avec 88 % des participants (28 sur 32) déclarant une expérience avec au moins un psychédélique classique. La MDMA (88 %), la psilocybine (81 %) et le LSD (81 %) sont les substances les plus fréquemment consommées par l’échantillon.
- Intentions d’usage : Les motivations les plus courantes pour l’usage de psilocybine sont le développement personnel (92 %) et la croissance spirituelle (85 %). La curiosité et le plaisir sont également des intentions fréquemment citées pour d’autres substances comme le LSD.
- Croyance en l’efficacité : Les participants sont très optimistes quant à l’efficacité de la thérapie à la psilocybine. La quasi-totalité des répondants estiment qu’elle est ‘modérément’ ou ‘substantiellement’ plus efficace qu’un placebo pour traiter la dépression majeure.
Les conclusions de cette étude suggèrent que l’expérience personnelle avec les psychédéliques est une pratique courante au sein de cet échantillon de thérapeutes, ce qui indique que l’apprentissage expérientiel constitue une composante importante, bien que non officielle, de leur formation.
Ces résultats, les premiers à documenter empiriquement ce phénomène, peuvent servir de base à un débat éclairé sur le rôle de l’usage personnel dans la formation des thérapeutes. L’étude met également en lumière un manque de diversité parmi les participants, soulignant un problème systémique d’équité et d’accessibilité dans le domaine. Des recherches futures sont nécessaires pour déterminer si l’expérience personnelle influence la compétence du thérapeute ou introduit des biais, tout en s’attaquant aux limites de l’étude comme le faible taux de réponse.
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