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Psychédélique(s) étudié(s) : MDMA
Publiée le 10 février 2026
Type : Etude par questionnaire
Auteurs : Michelle Olofsson, Kasim Acar, Otto Simonsson, Maria Bragesjö, Tonya White, Rita Almeida, Predrag Petrovic, Alexander Lebedev
Résumé :

La recherche récente met en lumière le potentiel de la psychothérapie assistée par la 3,4-méthylènedioxyméthamphétamine (MDMA) pour le traitement du trouble de stress post-traumatique et d’autres conditions psychiatriques liées aux traumatismes. Cependant, les effets de l’usage de la MDMA sur le bien-être psychologique dans des populations ayant des antécédents de traumatismes en dehors des contextes cliniques sont moins connus.

Cette étude évalue les associations entre l’usage de la MDMA au cours de la vie et un prédicteur psychologique de la résilience souvent négligé : le sens de la vie. En utilisant les données d’une enquête menée auprès d’un échantillon d’adultes suédois (n=807), des modèles de régression linéaire multiple sont utilisés pour évaluer les associations entre l’usage de la MDMA et le sens de la vie, ainsi que les interactions avec les antécédents de traumatismes infantiles.

Le sens de la vie est mesuré à l’aide de la sous-échelle ‘présence’ du questionnaire sur le sens de la vie (MLQ). Bien que l’usage de la MDMA ne soit pas significativement associé au sens de la vie de manière générale, une interaction significative émerge entre l’usage de la MDMA et le traumatisme infantile. Spécifiquement, l’usage de la MDMA est associé à un sens de la vie plus élevé chez les individus ayant des antécédents de traumatismes infantiles. Ces associations justifient des recherches longitudinales et expérimentales supplémentaires pour déterminer si l’exposition à la MDMA est liée à des changements dans le sens de la vie.

Objectif :

L’étude vise à évaluer deux hypothèses principales à l’aide des données d’une cohorte d’adultes en Suède. Premièrement, elle postule que l’usage de la MDMA au cours de la vie est associé à une plus grande présence de sens dans la vie, après ajustement pour l’usage d’autres substances récréatives courantes. Deuxièmement, elle émet l’hypothèse que l’association entre l’usage de la MDMA et le sens de la vie est plus forte chez les personnes ayant des antécédents de traumatisme. L’étude part du principe que si l’usage de la MDMA est lié au sens de la vie, le potentiel d’augmentation de ce sens serait plus grand chez les individus traumatisés, qui présentent souvent un sens de la vie plus faible.

Méthodologie :
  • Participants : L’étude inclut 807 adultes suédois recrutés via des plateformes en ligne, des universités et des réseaux sociaux, dont des forums dédiés à l’usage scientifique et récréatif de substances psychédéliques.
  • Mesures : Le sens de la vie est évalué avec la sous-échelle ‘Présence’ du ‘Meaning in Life Questionnaire’ (MLQ). Le traumatisme infantile est mesuré par une question subjective sur le fait d’avoir été psychologiquement traumatisé avant 17 ans (réponses ‘Non’, ‘Peut-être’, ‘Oui’). L’usage de la MDMA et d’autres substances (alcool, opiacés, cannabis, stimulants, tabac, autres psychédéliques) au cours de la vie est également rapporté.
  • Analyse statistique : Des modèles de régression linéaire multiple sont utilisés pour tester les associations entre l’usage de la MDMA et le sens de la vie, ainsi que l’effet d’interaction avec le traumatisme infantile. Les modèles sont ajustés pour des covariables telles que l’âge, le genre, l’éducation et l’usage d’autres substances.
Résultats principaux :
  • Association générale : L’étude ne trouve pas d’association statistiquement significative entre l’usage de la MDMA au cours de la vie et le sens de la vie dans l’échantillon global (β = 1.80, p = 0.055).
  • Interaction avec le traumatisme : Une interaction significative est observée entre l’usage de la MDMA et les antécédents de traumatisme infantile sur le sens de la vie (β = 4.06, p = 0.012).
  • Résultat principal : L’usage de la MDMA est spécifiquement associé à un sens de la vie plus élevé chez les individus qui rapportent avoir été psychologiquement traumatisés durant leur enfance. Aucune interaction significative similaire n’est trouvée pour d’autres substances comme l’alcool, les opiacés ou d’autres psychédéliques.
  • Traumatisme et sens de la vie : Les participants rapportant avoir été traumatisés (‘Oui’ ou ‘Peut-être’) présentent en moyenne des scores de sens de la vie significativement plus bas que ceux n’ayant pas de tels antécédents.
Implications cliniques :

Les résultats de cette étude suggèrent que l’association entre l’usage de la MDMA et un sens de la vie plus élevé est particulièrement pertinente dans le contexte d’un traumatisme infantile. Ces découvertes pourraient éclairer les mécanismes thérapeutiques de la psychothérapie assistée par la MDMA, en indiquant que la ‘création de sens’ (meaning-making) pourrait être un facteur psychologique important dans le processus de guérison.

Bien que la nature transversale de l’étude ne permette pas d’établir une relation de cause à effet, les associations observées encouragent une investigation plus approfondie des applications cliniques de la MDMA pour les traumatismes psychologiques. Des recherches futures, utilisant des devis longitudinaux ou expérimentaux, sont nécessaires pour évaluer le lien causal potentiel entre la MDMA et les changements dans le sens de la vie.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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