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Psychédélique(s) étudié(s) : MDMA
Publiée le 1 mars 2024
Type : Revue
Auteurs : Kenneth Shinozuka, Burton J. Tabaac, Alejandro Arenas, Bryce D. Beutler, Kirsten Cherian, Viviana D. Evans, Chelsey Fasano, Owen S. Muir
Résumé :

Ce document présente la 3,4-méthylènedioxyméthamphétamine (MDMA) comme un traitement puissant et émergent pour le trouble de stress post-traumatique (TSPT). L’étude aborde les zones d’incertitude concernant le profil de risque de la MDMA, soulignant que la littérature existante est souvent biaisée. Les modèles animaux utilisent des doses bien supérieures à celles administrées en contexte clinique, et les études humaines portent fréquemment sur des usagers récréatifs consommant d’autres substances dans des cadres non contrôlés.

Les avancées thérapeutiques sont mises en évidence par les essais cliniques de phase III menés par la Multidisciplinary Association for Psychedelic Studies (MAPS). Ces essais montrent que la psychothérapie assistée par la MDMA a une taille d’effet élevée (d = 0.7–0.91), et que 67 % à 71 % des patients ne remplissent plus les critères diagnostiques du TSPT après 18 semaines. D’autres applications prometteuses sont également décrites pour le trouble lié à l’usage d’alcool et l’anxiété sociale. Cependant, l’étude note comme limitation que la quasi-totalité des essais cliniques ont été sponsorisés par une seule organisation (MAPS), et qu’il est nécessaire de comparer l’efficacité de cette thérapie aux traitements non pharmacologiques existants comme la thérapie cognitivo-comportementale. En conclusion, les essais suggèrent que la MDMA est supérieure aux antidépresseurs pour traiter le TSPT, et une disponibilité légale de la thérapie assistée par la MDMA pourrait survenir dès 2024 suite à la demande d’approbation auprès de la FDA.

Objectif :

L’objectif de ce document est de fournir aux cliniciens de première ligne une synthèse complète et à jour sur la thérapie assistée par la MDMA. L’étude vise à informer les professionnels de la santé sur l’histoire, la chimie, le mécanisme d’action, les avancées thérapeutiques, le profil de sécurité et les incertitudes entourant l’utilisation de la MDMA pour le traitement du trouble de stress post-traumatique (TSPT) et d’autres conditions psychiatriques.

Méthodologie :
  • L’étude se présente comme une revue de la littérature scientifique. Les auteurs synthétisent et analysent les données issues de diverses sources, incluant :
  • Des études précliniques : Recherches sur des modèles cellulaires et animaux pour élucider les mécanismes d’action et la neurotoxicité potentielle.
  • Des essais cliniques : Analyse approfondie des résultats des essais de phase II et de phase III, principalement ceux sponsorisés par MAPS, évaluant l’efficacité et la sécurité de la psychothérapie assistée par la MDMA.
  • Des études de neuro-imagerie : Examen des données qui montrent les effets de la MDMA sur l’activité et la connectivité cérébrale, notamment au niveau de l’amygdale et de l’hippocampe.
  • Des rapports de cas et des études observationnelles : Prise en compte des données issues de l’usage thérapeutique précoce et de l’usage récréatif pour contextualiser le profil de risque.
Résultats principaux :
  • Efficacité pour le TSPT : Les essais cliniques de phase III démontrent que la psychothérapie assistée par la MDMA réduit de manière significative les symptômes du TSPT. Entre 67 % et 71 % des participants ne répondent plus aux critères diagnostiques du TSPT à la fin du traitement. La taille d’effet (d = 0.91) est près de deux à trois fois supérieure à celle des antidépresseurs approuvés par la FDA.
  • Mécanisme d’action : La MDMA agit principalement en tant qu’agent de libération de la sérotonine. Elle inverse le fonctionnement du transporteur de la sérotonine (SERT), inhibe le transporteur vésiculaire des monoamines 2 (VMAT2), et se lie directement à certains récepteurs sérotoninergiques. Ces actions entraînent une augmentation de la neuroplasticité (via le BDNF), une diminution de l’activité de l’amygdale et une connectivité accrue entre l’amygdale et l’hippocampe, ce qui facilite le traitement des souvenirs traumatiques avec moins de peur.
  • Profil de sécurité en clinique : Les préoccupations concernant la neurotoxicité de la MDMA proviennent principalement d’études animales utilisant des doses très élevées ou d’études sur des usagers récréatifs. Dans un cadre thérapeutique contrôlé, la MDMA est bien tolérée et n’induit pas de déficits neurologiques ou psychologiques significatifs. Les effets secondaires courants (maux de tête, manque d’appétit) sont transitoires.
  • Applications potentielles : Au-delà du TSPT, la thérapie assistée par la MDMA montre des résultats prometteurs pour le traitement du trouble lié à l’usage d’alcool, de l’anxiété sociale (en particulier chez les adultes autistes), des troubles du comportement alimentaire et de l’anxiété liée à une maladie potentiellement mortelle.
Implications cliniques :

Les données actuelles suggèrent que la psychothérapie assistée par la MDMA constitue une avancée majeure pour le traitement du TSPT, surpassant les options pharmacologiques actuelles. L’implication principale pour les cliniciens de première ligne est la nécessité de se familiariser avec cette nouvelle approche thérapeutique, en prévision de son approbation et de sa disponibilité potentielle. Cette thérapie pourrait transformer la prise en charge des patients souffrant de TSPT résistant aux traitements. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ces résultats, comparer l’efficacité de la MDMA à d’autres psychothérapies axées sur le trauma, et étendre son application à d’autres troubles psychiatriques.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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