Aller au contenu
Psychédélique(s) étudié(s) : MDMA
Publiée le 5 janvier 2023
Type : Essai clinique
Auteurs : Bessel A. van der Kolk, M.D., Julie B. Wang, M.P.H, Ph.D., Rachel Yehuda, Ph.D., Leah Bedrosian, M.P.H., Allison Cooker, PhD, Charlotte Harrison MA, Michael Mithoefer, M.D., Berra Yazar-Klosinki, Ph.D., Amy Emerson, Rick Doblin, Ph.D.
Résumé :

Cette étude présente les résultats d’un essai clinique de phase 3 randomisé, en double aveugle, contrôlé par placebo et multicentrique, visant à évaluer les effets de la thérapie assistée par la MDMA (MDMA-AT) chez des patients atteints de TSPT sévère. Une large majorité des participants (85 %) signale avoir subi des traumatismes dans la petite enfance, un facteur fortement associé à des déficits dans les capacités d’adaptation émotionnelle qui entravent les traitements classiques.

Les participants sont répartis aléatoirement pour recevoir une thérapie manuelle, soit avec de la MDMA, soit avec un placebo. Les symptômes sont mesurés au début de l’étude et deux mois après la dernière session expérimentale à l’aide de plusieurs échelles, dont l’échelle du TSPT administrée par le clinicien (CAPS-5), l’échelle d’alexithymie de Toronto (TAS-20), l’échelle d’auto-compassion (SCS) et l’inventaire des capacités du soi altérées (IASC).

L’étude conclut que la thérapie assistée par la MDMA, comparée à la psychothérapie seule, modifie de manière significative les domaines de l’alexithymie, de l’auto-compassion et des capacités du soi altérées. Ces résultats suggèrent que la MDMA-AT peut substantiellement améliorer les processus mentaux transdiagnostiques associés à une faible réponse au traitement.

Objectif :

L’objectif principal de cette étude est de tester l’efficacité et la sécurité de la thérapie assistée par la MDMA (MDMA-AT) chez des individus souffrant de trouble de stress post-traumatique (TSPT) sévère. De plus, l’étude vise à évaluer les effets de la MDMA-AT sur trois mesures de résultats transdiagnostiques : l’alexithymie, l’auto-compassion et les capacités du soi altérées. L’analyse de ces mesures cherche à éclairer les processus psychologiques qui sous-tendent les gains thérapeutiques significatifs et durables observés avec la MDMA-AT par rapport à la psychothérapie seule.

Méthodologie :
  • Conception de l’étude : Il s’agit d’un essai clinique de phase 3, randomisé, en double aveugle, contrôlé par placebo et mené sur 15 sites.
  • Participants : 90 participants répondant aux critères du DSM-5 pour un TSPT actuel et sévère (score CAPS-5 ≥ 35) avec une durée des symptômes de six mois ou plus. 85% des participants avaient des antécédents de traumatismes développementaux (abus physiques et/ou sexuels pendant l’enfance).
  • Intervention : Les participants ont été répartis en deux groupes : un groupe recevant la MDMA avec thérapie (MDMA-AT) et un groupe recevant un placebo avec thérapie (P+Th). Le protocole comprenait trois sessions préparatoires de 90 minutes, trois sessions expérimentales de 8 heures (avec MDMA ou placebo) espacées d’environ quatre semaines, et neuf sessions d’intégration de 90 minutes. La dose de MDMA était de 80 mg suivie d’un supplément de 40 mg pour la première session, puis augmentée à 120 mg + 60 mg pour les deux sessions suivantes.
  • Mesures : Les symptômes du TSPT ont été évalués avec l’échelle CAPS-5. Les mesures transdiagnostiques comprenaient l’échelle d’alexithymie de Toronto (TAS-20), l’échelle d’auto-compassion (SCS) et l’inventaire des capacités du soi altérées (IASC). Les évaluations ont été réalisées au départ et environ 18 semaines après le début du traitement.
Résultats principaux :
  • Améliorations générales : Le groupe MDMA-AT montre une amélioration significativement plus importante que le groupe placebo sur les mesures de l’alexithymie, de l’auto-compassion et des capacités du soi altérées.
  • Alexithymie (TAS-20) : L’amélioration dans le groupe MDMA-AT est nettement supérieure à celle du groupe placebo (p < .0006).
  • Auto-compassion (SCS) : Les participants du groupe MDMA-AT connaissent une augmentation de l’auto-compassion significativement plus grande (p < .0001) par rapport au groupe placebo.
  • Capacités du soi (IASC) : Des améliorations significatives sont observées dans le groupe MDMA-AT sur plusieurs facteurs de l’IASC, notamment la ‘désillusion de l’idéalisation’ (p = .05), la ‘susceptibilité à l’influence’ (p = .0099) et le ‘déficit des compétences affectives’ (p = .02).
  • Corrélation : Les changements dans les mesures de l’auto-expérience sont fortement corrélés à la réduction des symptômes du TSPT, ce qui suggère que l’amélioration de la régulation émotionnelle et des capacités du soi sont des facteurs essentiels pour un résultat de traitement positif.
Implications cliniques :

Cette étude démontre que la thérapie assistée par la MDMA améliore de manière significative des processus psychologiques fondamentaux tels que la régulation des émotions, la conscience de soi et l’auto-compassion, qui sont souvent altérés chez les survivants de traumatismes, en particulier ceux ayant subi des abus dans l’enfance. Contrairement à la psychothérapie seule, la MDMA-AT semble particulièrement efficace pour les individus présentant des déficits importants dans ces capacités, qui sont généralement associés à une résistance au traitement.

Les résultats suggèrent que les améliorations de ces capacités du soi sont des facteurs prédictifs essentiels de la rémission du TSPT. Par conséquent, l’évaluation de l’alexithymie, de l’auto-compassion et d’autres capacités du soi pourrait être aussi pertinente que la mesure de la sévérité du TSPT pour la planification du traitement et la recherche sur les résultats. La MDMA pourrait ainsi potentialiser l’efficacité de la psychothérapie en aidant les patients à surmonter les obstacles psychologiques qui les empêchent d’aborder leurs traumatismes.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

Retour en haut
Rechercher