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Psychédélique(s) étudié(s) : Psilocybine
Publiée le 27 janvier 2026
Type : Recherche qualitative
Auteurs : Hannah Whitmore, Maria Mangini, Heather Leutwyler, Brian Anderson
Résumé :

Cette étude qualitative secondaire analyse comment la thérapie de groupe assistée par la psilocybine peut influencer les attitudes face à la mort chez les hommes gays âgés, survivants de longue date du SIDA. La détresse émotionnelle est fréquente chez les personnes atteintes de maladies graves, notamment celles qui font face à des stigmates sociaux comme les patients atteints du VIH. L’acceptation de la mort peut agir comme un facteur de protection contre cette détresse. Les interventions psychopharmacologiques standards se sont révélées insuffisantes, tandis que la recherche préliminaire sur la thérapie assistée par des substances psychédéliques montre qu’elle est bien tolérée et constitue un traitement prometteur.

L’analyse se base sur les transcriptions d’entretiens de six participants d’une étude parente. Les résultats mettent en évidence trois thèmes majeurs : l’acceptation de la mort, du mourir ou de l’impermanence ; l’acceptation de la maladie ; et l’accueil d’émotions complexes. Ces conclusions suggèrent que la thérapie de groupe à la psilocybine aide les participants à développer l’acceptation de la mort en les amenant à accepter leur maladie et à embrasser un large éventail d’émotions liées à la mortalité. L’étude conclut sur la nécessité de recherches supplémentaires pour valider ces observations, mais apporte une contribution significative à l’intersection de la science psychédélique et des maladies graves en soulignant l’importance des résultats liés à l’acceptation de la mort.

Objectif :

L’étude vise à explorer comment la thérapie de groupe assistée par la psilocybine peut influencer les attitudes envers la mort chez les hommes gays âgés, survivants de longue date du SIDA, qui sont souvent sous-représentés dans les essais cliniques.

Méthodologie :
  • Type d’étude : Il s’agit d’une analyse qualitative secondaire utilisant la méthodologie de la Théorie Ancrée Constructiviste (Constructivist Grounded Theory).
  • Participants : Les données proviennent de six hommes gays, âgés de 50 ans ou plus, identifiés comme survivants de longue date du SIDA (diagnostic de VIH avant 1996) et ayant également un historique de cancer. Les participants ont été sélectionnés à dessein à partir d’une étude pilote parente.
  • Collecte des données : L’analyse porte sur neuf transcriptions d’entretiens semi-structurés, réalisés un jour après la session de psilocybine et, pour trois participants, lors d’un suivi à trois mois.
  • Analyse des données : Les transcriptions ont été analysées à l’aide du logiciel Atlas.ti. Le processus de codage a été mené de manière inductive pour dériver les thèmes directement des données, en progressant d’un codage ouvert à un codage axial puis sélectif.
Résultats principaux :
  • L’analyse des données a permis de dégager trois thèmes principaux :
  • Acceptation de la mort, du mourir ou de l’impermanence : Les participants décrivent une réduction de la peur de la mort et un sentiment accru de paix et d’équanimité face à leur propre mortalité, souvent après avoir réfléchi à leurs pertes et à leurs expériences de quasi-mort.
  • Acceptation de la maladie : Ce thème englobe l’acceptation du VIH/SIDA, du cancer et du handicap. Les participants expriment une forme d’acceptation de leur condition, la normalisant dans le contexte plus large de l’expérience humaine.
  • Accueil de la complexité émotionnelle : Les participants rapportent avoir appris à contenir et à vivre des émotions complexes et souvent contradictoires (comme l’espoir, la tristesse, l’amour, la colère) sans les éviter ni les juger.
Implications cliniques :

Les résultats suggèrent que la thérapie de groupe assistée par la psilocybine représente une intervention prometteuse pour les adultes âgés atteints de maladies graves, en particulier ceux qui sont confrontés à de multiples stigmates et à l’isolement. Cette approche thérapeutique semble capable d’induire des améliorations rapides et durables de la dépression, de la démoralisation, de la détresse existentielle et de la qualité de vie globale.

L’intégration de cette thérapie dans les services de soins palliatifs, d’oncologie et de gériatrie, idéalement en format de groupe, pourrait répondre à des besoins psychosociaux et spirituels non satisfaits chez les patients. L’étude met en évidence que l’acceptation n’est pas une résignation, mais un processus actif de transformation de la peur en paix et de l’isolement en connexion.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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