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Psychédélique(s) étudié(s) : Ayahuasca, DMT, LSD, Psilocybine
Publiée le 6 janvier 2026
Type : Revue critique
Auteurs : Bruno Moses, Manoj Doss, Enzo Tagliazucchi
Résumé :

L’étude examine comment les substances psychédéliques sérotoninergiques induisent des changements profonds de la conscience, produisant un état altéré souvent appelé état psychédélique. L’hypothèse du cerveau entropique (EBH) propose que cet état est caractérisé par une augmentation de l’entropie cérébrale, c’est-à-dire une plus grande caractère aléatoire de l’activité neuronale, supposée refléter une richesse phénoménale élargie.

Étant donné les nombreuses études de neuroimagerie rapportant une entropie accrue sous l’effet des psychédéliques, une partie substantielle du domaine a adopté l’entropie comme un biomarqueur fiable de l’état psychédélique. Les auteurs de cette revue soutiennent que cette vision est intrinsèquement simpliste et proposent une perspective plus nuancée et complète.

L’analyse identifie les principales limites empiriques, méthodologiques et conceptuelles associées à l’utilisation de l’entropie cérébrale comme biomarqueur psychédélique, organisées en quatre thèmes. Bien que des questions substantielles demeurent sur la validité des biomarqueurs basés sur l’entropie, l’étude conclut que le concept justifie une enquête plus approfondie et offre des suggestions pratiques pour que les recherches futures puissent aborder ces limitations.

Objectif :

L’objectif principal de cette étude est de réaliser une revue critique de l’entropie cérébrale en tant que biomarqueur de l’état psychédélique. L’étude vise à évaluer les forces et les faiblesses des métriques basées sur l’entropie, en abordant à la fois leurs applications empiriques et leurs fondements théoriques.

Elle cherche à dépasser une vision jugée simpliste pour offrir une perspective plus nuancée et complète. Enfin, l’étude a pour but d’identifier les limites clés des approches actuelles et de proposer des pistes de recherche pour améliorer la fiabilité, l’interprétabilité et l’utilité clinique ou scientifique de ces métriques.

Méthodologie :
  • Type d’analyse : L’étude est une revue critique de la littérature scientifique existante.
  • Processus : Les auteurs examinent les preuves soutenant l’utilisation des métriques d’entropie pour caractériser l’état psychédélique et discutent de leur utilité potentielle.
  • Cadre d’analyse : Les limitations de l’approche actuelle sont identifiées et organisées en quatre thèmes principaux : la spécificité des altérations de l’entropie, l’incapacité à rendre compte de la nature multidimensionnelle des états de conscience, la multiplicité des métriques d’entropie et leurs divergences, et l’insuffisance des preuves pour l’équivalence entre entropie cérébrale et richesse phénoménale.
  • Finalité : La revue se conclut par des recommandations pour affiner les métriques basées sur l’entropie et suggère des orientations pour les travaux futurs.
Résultats principaux :
  • Spécificité : Les altérations de l’entropie ne sont pas spécifiques aux substances psychédéliques. D’autres substances (caféine, kétamine) et conditions (stimulation sensorielle, certains troubles neuropsychiatriques) peuvent également augmenter l’entropie cérébrale.
  • Approche scalaire : Les approches actuelles, basées sur une valeur scalaire unique d’entropie, sont limitées pour décrire les états de conscience complexes. L’état psychédélique est multidimensionnel, impliquant à la fois des améliorations et des déficits dans différents domaines phénoménologiques, ce qu’une seule mesure ne peut capturer.
  • Multiplicité des métriques : Il existe de multiples métriques d’entropie (ex: LZC, entropie de Shannon, entropie d’échantillonnage), chacune ayant des interprétations distinctes et montrant des niveaux de cohérence variables, voire des corrélations négatives entre elles, ce qui complique l’interprétation des résultats.
  • Équivalence neurophénoménologique : Les preuves actuelles sont insuffisantes pour soutenir une équivalence directe entre l’entropie cérébrale (une mesure objective) et la richesse phénoménale (une expérience subjective). La validité de cette association fondamentale de l’hypothèse du cerveau entropique reste à démontrer.
Implications cliniques :

L’étude implique que l’utilisation de l’entropie cérébrale comme biomarqueur autonome et robuste de l’état psychédélique n’est pas justifiée par les fondements empiriques et théoriques actuels. Les chercheurs sont invités à faire preuve de prudence et à reconnaître les limites conceptuelles et méthodologiques de cette approche.

Pour l’avenir, les auteurs suggèrent que le concept même d’entropie cérébrale soit élargi et affiné. Ils appellent à des protocoles de recherche plus rigoureux, incluant des groupes de contrôle actifs, des études comparatives entre différentes substances, des échantillons plus larges et des hypothèses pré-enregistrées. Le développement de nouvelles métriques et une meilleure justification théorique sont nécessaires pour renforcer la valeur scientifique des biomarqueurs basés sur l’entropie dans la recherche sur les psychédéliques.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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