Aller au contenu
Psychédélique(s) étudié(s) : Ayahuasca, LSD, Psilocybine
Publiée le 24 février 2026
Type : Etude par questionnaire
Auteurs : David Sjöström, Emma Claesdotter-Knutsson, Petri Kajonius
Résumé :

Cette étude descriptive et exploratoire examine les différences entre les adolescents et les adultes concernant les expériences psychédéliques, en se concentrant sur les résultats indésirables et le rôle potentiel des traits de personnalité. L’analyse se base sur les données d’un échantillon communautaire (N=1185) où les participants rapportent rétrospectivement leur expérience psychédélique la plus significative.

Les résultats indiquent que les adolescents rapportent significativement plus de résultats indésirables, tels que des changements de personnalité négatifs et des expériences craintives, par rapport aux adultes. En revanche, les résultats positifs comme le sentiment de sens, les expériences de type mystique et l’amélioration des relations ne diffèrent pas de manière significative entre les groupes d’âge.

L’étude montre également que le groupe d’âge reste un prédicteur significatif des résultats indésirables, même après ajustement pour les traits de personnalité. Cependant, le névrosisme explique une part de variance considérablement plus importante que l’âge. Ces conclusions suggèrent que si les adolescents peuvent retirer des effets positifs similaires à ceux des adultes, ils sont potentiellement plus vulnérables aux issues négatives.

Objectif :

L’étude poursuit trois objectifs de recherche principaux. Premièrement, elle vise à comparer les adolescents (moins de 25 ans) et les adultes (25 ans et plus) en ce qui concerne les résultats indésirables liés à l’usage de substances psychédéliques, en partant de l’hypothèse que les adolescents en rapporteraient davantage.

Deuxièmement, elle cherche à déterminer dans quelle mesure les traits de personnalité individuels, notamment le névrosisme, expliquent la variance dans ces résultats indésirables.

Enfin, l’étude examine comment l’âge, utilisé comme une variable continue par opposition à un regroupement dichotomique, prédit les résultats négatifs, en supposant que les effets de l’âge différeraient selon le modèle utilisé.

Méthodologie :
  • Participants : L’étude inclut un échantillon final de 1 185 individus ayant une expérience préalable de l’usage d’une substance psychédélique classique. Les participants sont répartis en deux groupes d’âge : les adolescents (moins de 25 ans, N=134) et les adultes (25 ans et plus, N=1051).
  • Procédure : Les données transversales sont collectées via une enquête en ligne (utilisant Google Forms et la plateforme Prolific). Les participants rapportent de manière rétrospective leur expérience psychédélique la plus marquante.
  • Instruments de mesure : Plusieurs échelles validées sont utilisées, notamment : la ‘Harmony in Life Scale’ (HILS) pour le bien-être, l’inventaire de personnalité ‘Big Five IPIP-NEO-30’ pour évaluer le névrosisme, l’extraversion, l’ouverture, l’agréabilité et la conscience. Un ‘Adverse Outcome Index’ à 7 items, créé par les chercheurs, est utilisé pour évaluer les difficultés post-expérience (confusion, anxiété, etc.). Des questions à item unique mesurent les changements de personnalité, les changements relationnels et les aspects clés de l’expérience psychédélique (sens, défi, peur).
  • Analyse des données : Les analyses sont réalisées avec le logiciel Jamovi. Elles comprennent des statistiques descriptives, des tests t pour échantillons indépendants, des analyses de covariance (ANCOVA) et des régressions linéaires pour évaluer les différences entre les groupes d’âge et le rôle des traits de personnalité.
Résultats principaux :
  • Les adolescents rapportent significativement plus de résultats indésirables que les adultes, incluant une humeur dépressive, des perturbations sensorielles, une anxiété persistante, de la confusion, des problèmes de sommeil et des sentiments d’irréalité.
  • Les adolescents signalent également un changement de personnalité négatif plus important que les adultes, avec un effet de taille moyenne à grande. Aucune différence significative n’est observée pour le changement de personnalité positif.
  • Les résultats positifs tels que le caractère significatif de l’expérience, les expériences de type mystique et l’amélioration des relations avec les amis, soi-même ou la nature ne présentent pas de différences significatives entre les groupes.
  • L’analyse de covariance (ANCOVA) montre que le groupe d’âge reste un prédicteur significatif des résultats indésirables même après contrôle des traits de personnalité, bien que l’effet soit atténué.
  • Le névrosisme explique une part de variance beaucoup plus importante que l’âge dans les résultats indésirables. Une agréabilité et une ouverture plus faibles sont également associées à davantage de résultats négatifs.
Implications cliniques :

Les conclusions de cette étude suggèrent que les adolescents, bien qu’ils puissent bénéficier d’effets positifs comparables à ceux des adultes suite à l’usage de substances psychédéliques, présentent une vulnérabilité accrue aux résultats indésirables. Cela souligne l’importance des différences individuelles, en particulier le trait de personnalité du névrosisme, qui se révèle être un prédicteur plus puissant des issues négatives que l’âge seul.

Ces résultats appellent au développement de stratégies de réduction des risques et de discours de santé publique qui soient à la fois sensibles à l’âge et axés sur les traits de personnalité. L’étude met en évidence la nécessité de mener de futures recherches longitudinales et contrôlées pour mieux comprendre comment les stades de développement et les caractéristiques individuelles influencent les effets des substances psychédéliques.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

Retour en haut
Rechercher