Les substances psychédéliques sérotoninergiques réapparaissent comme de potentiels nouveaux traitements pour plusieurs troubles psychiatriques, y compris le trouble dépressif majeur. Cette revue systématique, commandée par le Réseau canadien pour les traitements de l’humeur et de l’anxiété (CANMAT), analyse les preuves existantes pour fournir une recommandation consensuelle sur l’utilisation clinique des traitements psychédéliques pour ce trouble.
L’analyse identifie les essais cliniques contemporains sur les psychédéliques sérotoninergiques pour le traitement du trouble dépressif majeur et de la dépression liée au cancer, publiés entre janvier 1990 et juillet 2021. Les niveaux de preuve pour l’efficacité sont évalués selon les critères du CANMAT.
L’objectif de ce rapport du groupe de travail du CANMAT est d’examiner les preuves scientifiques concernant les traitements psychédéliques sérotoninergiques pour le trouble dépressif majeur. L’étude vise à synthétiser ces données afin de formuler des recommandations consensuelles pour leur utilisation clinique, dans un contexte où ces substances suscitent un intérêt renouvelé en tant que traitements novateurs.
- Type d’étude : Il s’agit d’une revue systématique qui identifie les essais cliniques contemporains sur les psychédéliques sérotoninergiques pour le traitement du trouble dépressif majeur et de la dépression liée au cancer.
- Période de recherche : Les études examinées sont publiées entre janvier 1990 et juillet 2021.
- Sources de données : La recherche est menée via des combinaisons de termes de recherche, l’inspection de bibliographies et l’examen d’autres revues et déclarations de consensus sur les psychédéliques.
- Évaluation des preuves : Les niveaux de preuve pour l’efficacité sont classés selon les critères du Réseau canadien pour les traitements de l’humeur et de l’anxiété (CANMAT).
- Substances étudiées : Seules la psilocybine et l’ayahuasca disposent d’essais cliniques contemporains évaluant leurs effets antidépresseurs.
- Efficacité de l’ayahuasca : Deux études pilotes montrent des effets positifs préliminaires d’une dose unique pour la dépression résistante au traitement, correspondant à un niveau de preuve 3.
- Efficacité de la psilocybine : De petits essais contrôlés randomisés montrent que la psilocybine, associée à la psychothérapie, est supérieure aux groupes contrôle (liste d’attente) et a une efficacité comparable à un comparateur actif (escitalopram) pour le trouble dépressif majeur. D’autres essais montrent son efficacité pour la dépression liée au cancer (niveau de preuve 3). Un seul essai en ouvert sur la dépression unipolaire résistante au traitement fournit un niveau de preuve 4.
- Limites des études : Les principales limitations identifiées dans toutes les études sont la petite taille des échantillons et le ‘désaveuglement’ fonctionnel.
- Effets indésirables : Les événements indésirables associés aux psychédéliques, tels que les effets psychotomimétiques (psychologiques) et physiques (nausées, vomissements, maux de tête), sont généralement de nature transitoire.
L’étude conclut qu’il n’existe actuellement que des preuves de faible niveau pour soutenir l’efficacité et la sécurité des substances psychédéliques dans le traitement du trouble dépressif majeur.
En 2022, au Canada, la psilocybine reste une option expérimentale, accessible uniquement via des essais cliniques ou le Programme d’accès spécial (PAS). Par conséquent, le CANMAT considère la psilocybine comme un traitement expérimental et recommande son utilisation principalement dans le cadre d’essais cliniques ou, plus rarement, via le PAS dans des circonstances particulières et exceptionnelles.
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