Cet article de synthèse explore les développements récents dans l’étude scientifique de la méditation et des substances psychédéliques. Il examine les données disponibles concernant les convergences et les différences entre les données phénoménologiques et neurophysiologiques de la pratique de la méditation et des états induits par les psychédéliques, avec un accent particulier sur les altérations de l’expérience de soi.
Les auteurs soulignent que ni la méditation ni les états psychédéliques ne peuvent être conçus comme des catégories simples et uniformes. Ils suggèrent que la conscience de soi est un construit multidimensionnel et que la “perte du soi” peut prendre plusieurs formes. Différents aspects de la conscience de soi, tels que les aspects narratifs liés à la mémoire autobiographique et les aspects incarnés issus des processus multisensoriels, peuvent être affectés différemment par les psychédéliques et la méditation.
Enfin, l’étude considère les effets à long terme de ces expériences de perte de soi sur les traits individuels et le comportement prosocial, appelant à la prudence quant à la confusion entre les états temporaires de perte de soi et l’altruisme en tant que trait de caractère.
L’objectif principal de cette étude est de jeter un pont entre deux domaines de recherche : la neuroscience contemplative et la recherche sur les psychédéliques. L’article vise à discuter des preuves disponibles concernant les similitudes et les différences entre la méditation et les états induits par les substances psychédéliques, en se concentrant spécifiquement sur les modifications de la conscience de soi.
Les auteurs proposent un nouveau cadre théorique pour comprendre la “dissolution de l’ego” comme un phénomène multidimensionnel, plutôt qu’un concept univoque, en distinguant ses différentes formes et ses impacts sur les aspects narratifs et incarnés du soi.
- Type d’étude : Il s’agit d’une étude théorique et d’une revue de la littérature existante (‘Hypothesis and Theory’).
- Sources de données : L’analyse se fonde sur une synthèse de données issues de la recherche neuroscientifique (imagerie cérébrale fonctionnelle comme l’IRMf, l’EEG, la MEG), d’études phénoménologiques, de rapports subjectifs et de questionnaires psychométriques portant sur la méditation et l’usage de substances psychédéliques.
- Analyse : Les auteurs procèdent à une analyse comparative des phénomènes (ex: dissolution de l’ego) et de leurs corrélats neuronaux (ex: activité du réseau du mode par défaut) dans les deux contextes, afin de développer un modèle conceptuel unifié.
- Complexité des phénomènes : L’étude établit que ni la méditation ni les états psychédéliques ne constituent des catégories homogènes. Leurs effets varient considérablement en fonction de facteurs comme le type de pratique, la substance, le dosage, l’expérience du sujet et le contexte.
- Conscience de soi multidimensionnelle : Les auteurs proposent que la conscience de soi est un construit multidimensionnel qui inclut des aspects narratifs (liés à la mémoire autobiographique, aux pensées auto-référentielles) et des aspects incarnés/multisensoriels (sens de la propriété du corps, conscience corporelle, localisation spatiale).
- Formes de la “perte du soi” : La dissolution de l’ego n’est pas un phénomène monolithique. Elle peut se manifester par une simple cessation des pensées auto-référentielles (commune à la méditation et aux psychédéliques) ou par une perte totale d’accès à la mémoire autobiographique (plus spécifique aux psychédéliques). De même, les aspects incarnés peuvent être perturbés de diverses manières.
- Proposition d’un modèle : L’article propose un modèle conceptuel pour cartographier les différentes formes de perte de soi, en distinguant les altérations des dimensions narrative et multisensorielle. Ce modèle aide à mieux différencier des états qui, bien que tous qualifiés de “perte de soi”, présentent des phénoménologies distinctes.
L’étude suggère que le modèle multidimensionnel de la conscience de soi proposé peut servir de cadre pour de futures recherches, permettant une analyse plus fine et différenciée des états de conscience altérés. Il est recommandé de développer de nouveaux outils psychométriques capables de mesurer spécifiquement les différentes dimensions de l’expérience de soi (narrative, incarnée, etc.).
Les auteurs soulignent l’importance de compléter les rapports subjectifs, souvent jugés peu fiables, par des mesures comportementales et implicites pour étudier des phénomènes comme la perte de localisation spatiale. De plus, l’article ouvre la voie à des recherches sur la relation entre les expériences aiguës de dissolution du soi et les changements à long terme dans les traits de personnalité et les comportements prosociaux, tout en avertissant de ne pas assimiler hâtivement un état transitoire à un trait de caractère permanent.
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