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Psychédélique(s) étudié(s) : 2C-B, 5-MeO-DMT, Ayahuasca, DMT, DOI, Ibogaïne, Kétamine, LSD, MDMA, Mescaline, Psilocybine, Salvia divinorum
Publiée le 30 janvier 2026
Type : Etude par questionnaire
Auteurs : Baeleigh VanderZwaag, Jill Robinson, Albert Garcia-Romeu, Mauricio Garcia-Barrera, Stephanie Lake, Philippe Lucas
Résumé :

Cette étude analyse l’utilisation naturaliste de substances psychédéliques pour la gestion des symptômes liés au traumatisme crânien (TBI). Basée sur les données de l’Enquête Psychédélique Mondiale (Global Psychedelic Survey), la recherche explore les préférences des individus en matière de substances, les symptômes ciblés et l’efficacité auto-rapportée de ces pratiques.

L’analyse se concentre sur un échantillon de 145 participants ayant subi un TBI et utilisant des psychédéliques à des fins thérapeutiques. Les résultats indiquent que la psilocybine est la substance la plus fréquemment utilisée et perçue comme la plus efficace. Les utilisateurs ciblent principalement un ensemble complexe de symptômes cognitifs, somatiques et émotionnels. L’étude suggère que les symptômes de l’humeur sont ceux qui répondent le mieux à l’utilisation de psychédéliques, et que la connaissance auto-déclarée des substances ainsi que l’intention de croissance personnelle sont associées à une plus grande efficacité perçue.

Objectif :

L’étude poursuit quatre objectifs principaux. Premièrement, elle vise à évaluer l’utilisation naturaliste des substances psychédéliques pour gérer les symptômes liés à un traumatisme crânien (TBI). Deuxièmement, elle cherche à identifier les psychédéliques privilégiés par les utilisateurs dans ce contexte spécifique. Troisièmement, l’étude a pour but de déterminer les symptômes du TBI les plus fréquemment ciblés par cette pratique. Enfin, elle évalue l’efficacité auto-rapportée de ces substances pour la gestion des symptômes du TBI, afin d’orienter les futures recherches cliniques.

Méthodologie :
  • Type d’étude : Il s’agit d’une analyse secondaire des données de l’Enquête Psychédélique Mondiale (GPS), une enquête transversale et auto-déclarée.
  • Participants : L’analyse porte sur un sous-échantillon de 145 adultes anglophones ayant déclaré utiliser des substances psychédéliques pour gérer les symptômes d’un traumatisme crânien (TBI). Les participants sont majoritairement des hommes (67,6 %), caucasiens (83,4 %) et résidant en Amérique du Nord.
  • Collecte des données : Les données ont été recueillies de manière anonyme entre le 19 mai et le 2 juin 2023 via l’application Quantified Citizen.
  • Mesures : Le questionnaire a collecté des informations démographiques, des données sur la consommation de substances, la cause du TBI, les symptômes ciblés (cognitifs, somatiques, émotionnels), la substance jugée la plus efficace et une note d’efficacité auto-rapportée sur une échelle de 0 à 100.
  • Analyse statistique : Les analyses incluent des statistiques descriptives, une visualisation des co-occurrences de symptômes (UpSet plot, analyse de réseau) et une régression linéaire multiple pour identifier les prédicteurs de l’efficacité perçue.
Résultats principaux :
  • Substances utilisées et efficacité : La psilocybine est la substance la plus couramment utilisée au cours de la vie (74,5 %) et est citée par 26,9 % des répondants comme la plus efficace pour leurs symptômes de TBI. En termes de note moyenne d’efficacité, la psilocybine (65,8/100), la kétamine (65,4/100) et le LSD (58,6/100) obtiennent les scores les plus élevés.
  • Symptômes ciblés : Les participants rapportent utiliser les psychédéliques pour gérer un large éventail de symptômes. La co-occurrence la plus fréquente est une triade de symptômes touchant les sphères cognitive, de l’humeur (émotionnelle) et somatique.
  • Efficacité auto-rapportée : L’efficacité moyenne globale auto-rapportée des psychédéliques pour les symptômes du TBI est de 48,68 sur 100. Environ 90 % des participants rapportent un certain niveau d’amélioration, tandis que 9,7 % indiquent qu’aucune substance psychédélique n’a été efficace.
  • Prédicteurs de l’efficacité : La régression linéaire montre qu’une meilleure connaissance auto-rapportée des psychédéliques, l’utilisation de ces substances pour la croissance personnelle et le ciblage des symptômes de l’humeur sont significativement associés à des notes d’efficacité plus élevées.
Implications cliniques :

Les résultats de cette étude suggèrent qu’un sous-groupe de personnes souffrant de traumatisme crânien (TBI) expérimente les substances psychédéliques pour autogérer leurs symptômes, avec une efficacité perçue variable. Ces observations préliminaires soulignent la nécessité de mener des recherches cliniques rigoureuses pour évaluer objectivement la sécurité et l’efficacité des psychédéliques dans cette population.

L’étude fournit des pistes pour la conception de futurs essais contrôlés, notamment en ce qui concerne le choix des substances (comme la psilocybine), des populations cibles (par exemple, les patients avec des symptômes chroniques post-commotionnels) et des mesures de résultats (en particulier pour les symptômes de l’humeur). Elle met en évidence l’importance d’encadrer ces usages pour limiter les risques et maximiser les bénéfices potentiels.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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