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Psychédélique(s) étudié(s) : LSD, Psilocybine
Publiée le 30 juin 2026
Type : Protocole d'étude
Auteurs : David Sjöström, Olea Schau Rybäck, Emma Claesdotter Knutsson, Petri Kajonius, Oskar Jensen Sondén, Per Carlbring, Johannes Björkstrand, Pouya Movahed Rad
Résumé :

L’anorexie mentale (AN) est un trouble psychiatrique sévère caractérisé par une morbidité, une mortalité et des taux de rechute élevés, apparaissant le plus souvent à l’adolescence. Malgré les traitements psychologiques et nutritionnels spécialisés, les résultats restent sous-optimaux, avec des taux élevés de rechute et de chronicité. La psilocybine a été étudiée avec une efficacité préliminaire dans d’autres affections psychiatriques caractérisées par la rigidité et la résistance au traitement, mais les preuves cliniques dans l’anorexie mentale — en particulier chez les adolescents — sont limitées.

Objectif :

L’étude psiAN vise à évaluer la sécurité, la tolérabilité et la faisabilité de la thérapie assistée par la psilocybine combinée à un soutien psychologique chez les adolescents et les jeunes adultes atteints d’anorexie mentale récurrente. Elle explore également les corrélats cliniques, expérientiels et neurobiologiques du changement.

Méthodologie :

L’étude décrit la méthodologie suivante :

  • Type d’étude : Il s’agit d’un essai clinique randomisé et contrôlé de phase IIa, en ouvert (non aveugle), connu sous le nom d’étude psiAN.
  • Population cible : L’étude recrute des adolescents et de jeunes adultes âgés de 16 à 35 ans, diagnostiqués avec une anorexie mentale (AN) selon le DSM-5, et ayant un historique de rechute après une restauration partielle du poids (IMC ≥ 17). Les participants doivent avoir un IMC supérieur à 16,0 à l’inclusion et être en contact stable avec des soins psychiatriques spécialisés. L’inclusion des adolescents (16-17 ans) est échelonnée après un examen de sécurité des données adultes.
  • Critères d’exclusion : Incluent un trouble psychotique ou bipolaire actuel ou à vie, un trouble lié à l’usage de substances, des conditions médicales ou cardiovasculaires significatives contre-indiquant l’administration de la psilocybine ou les procédures d’IRM, la grossesse ou l’allaitement, et l’utilisation continue de médicaments avec des interactions connues avec les substances psychédéliques sérotoninergiques qui ne peuvent pas être interrompus en toute sécurité.
  • Randomisation et allocation : Les participants sont randomisés selon un ratio 1:1 pour recevoir soit deux administrations de 25 mg de psilocybine avec un soutien psychologique manuelisé et le traitement habituel (TAU), soit le TAU seul. Une période de sevrage supervisée est mise en œuvre si la discontinuation de médicaments interagissants est requise.
  • Interventions : Les participants du bras de traitement actif reçoivent deux doses orales de 25 mg de psilocybine, administrées à quatre semaines d’intervalle, en complément du TAU. Le traitement est administré dans un environnement clinique contrôlé, avec un soutien psychologique structuré par deux thérapeutes formés.
  • Soutien psychologique : Le soutien psychologique est une composante essentielle du traitement actif, fourni à tous les participants recevant de la psilocybine. Il comprend deux séances préparatoires d’une heure avant la première administration, une présence continue des thérapeutes pendant les sessions de dosage, et des sessions d’intégration après chaque administration. L’approche est non-directive et vise à favoriser la “sécurité psychologique”, l’ouverture à l’expérience et l’intégration.
  • Personne de soutien : Chaque participant est tenu d’identifier une personne de soutien (parent, tuteur, membre de la famille, partenaire ou ami proche) disponible pour toutes les sessions.
  • Lieu de l’étude : Toutes les procédures cliniques (dépistage, séances de soutien psychologique, administrations de psilocybine) sont effectuées au Département de Psychiatrie, Hôpital Universitaire de Skåne, Lund, Suède. Les évaluations IRMf sont réalisées au National 7T Facility à Lund.
  • Suivi : L’étude prévoit des évaluations répétées de la ligne de base jusqu’à 12 mois de suivi pour évaluer les effets à court et à long terme ainsi que les résultats liés aux rechutes. Les participants du groupe de contrôle se voient offrir le traitement à la psilocybine après 6 mois de suivi.
  • Critères de jugement primaires (sécurité et tolérabilité) : L’étude évalue systématiquement les événements indésirables (EI) et les événements indésirables graves (EIG), la surveillance psychiatrique (évaluation structurée de la suicidalité, symptômes psychotiques, instabilité affective) et les paramètres médicaux (électrocardiographie (ECG), tension artérielle, pouls, glycémie, tests de fonction hépatique et rénale, toxicologie urinaire, indice de masse corporelle (IMC)) de l’initiation de l’intervention jusqu’au point de terminaison primaire (semaine 9), avec une surveillance continue jusqu’à 12 mois.
  • Critères de jugement secondaires :
    • Gravité des symptômes de troubles alimentaires : Évaluée longitudinalement à l’aide de l’EDE-Q et de l’IMC.
    • Temps jusqu’à la rechute : La rechute est opérationnalisée comme un critère composite incluant une perte de poids cliniquement significative, une réhospitalisation, l’initiation d’un traitement intensifié ou une détérioration auto-rapportée confirmée cliniquement.
    • Symptômes d’humeur et d’anxiété : Évalués par le PHQ-9 et le GAD-7.
    • Bien-être psychologique et fonctionnement affectif : Évalués par le PANAS, le SWLS et le HILS.
    • Traits de personnalité : Évalués par le TIPI et l’échelle Honnêteté-Humilité.
    • Expériences psychédéliques subjectives : Évaluées par le 5D-ASC, le MEQ-4 et l’échelle d’Expérience de Vie Significative (MLE).
  • Mesures neurobiologiques exploratoires :
    • IRMf (imagerie par résonance magnétique fonctionnelle) : Réalisée à trois moments (initial, lendemain de la première dose, semaine 9) pour évaluer les changements structurels et fonctionnels, incluant la connectivité de l’état de repos, une tâche de “Monetary Incentive Delay Task” (MIDT) simplifiée et une “Calorie-Cue Task” (CCT).
    • BDNF (facteur neurotrophique dérivé du cerveau) : Mesuré longitudinalement dans le plasma sanguin pour détecter les changements post-dosage et explorer les associations. Le polymorphisme Val66Met du BDNF est également génotypé.
Résultats principaux :

Étant donné que le document est un protocole d’étude, les résultats définitifs de l’essai ne sont pas encore disponibles. L’étude est de nature descriptive et exploratoire, visant principalement à générer des hypothèses et à estimer les tailles d’effet. Les analyses prévues se concentrent sur :

  • La sécurité et la tolérabilité : L’étude résume les résultats de sécurité en utilisant des fréquences et des proportions, avec des comparaisons entre groupes.
  • Les résultats cliniques longitudinaux : Les changements dans la gravité des symptômes de troubles alimentaires, le statut pondéral, les symptômes d’humeur et d’anxiété, ainsi que le bien-être psychologique sont analysés à l’aide de modèles à effets mixtes.
  • Le temps jusqu’à l’événement : Des méthodes d’analyse de survie sont utilisées pour évaluer des critères tels que la rechute.
  • Les changements neurobiologiques : Les analyses d’imagerie cérébrale se concentrent sur les changements intra-sujets par rapport à la ligne de base et les contrastes entre groupes à des moments prédéfinis. Les associations entre les mesures neuro-imagerie, les résultats cliniques et les variables d’expérience subjective sont explorées par des approches corrélationnelles et de régression.
  • Les marqueurs de neuroplasticité : Les échantillons sanguins périphériques sont collectés pour quantifier le BDNF et explorer ses associations avec les changements de symptômes, les trajectoires de rechute et la réponse subjective au traitement.
Implications cliniques :

L’étude psiAN comble une lacune dans les options de traitement actuelles de l’anorexie mentale en investiguant la thérapie assistée par la psilocybine dans un cadre clinique contrôlé avec une évaluation neurobiologique intégrée. Plusieurs caractéristiques distinguent ce protocole : l’inclusion progressive d’adolescents âgés de 16 à 17 ans après un examen formel de sécurité des adultes, l’utilisation de l’IRMf 7T et du BDNF périphérique comme mesures mécanistiques exploratoires, un modèle de soutien psychologique manuel adapté aux vulnérabilités spécifiques à l’anorexie mentale, et l’implication structurée des équipes de traitement existantes et du système familial.

Cette étude, en tant que protocole de phase précoce, présente des limitations inhérentes à sa conception, notamment son format ouvert qui exclut l’aveuglement et une taille d’échantillon de 40 participants qui limite la puissance statistique pour les critères de jugement secondaires. L’absence de placebo actif signifie que les effets d’attente ne peuvent pas être entièrement contrôlés. Ces contraintes sont cohérentes avec l’objectif principal de l’étude, axé sur la sécurité et la tolérabilité, justifiant une conception ouverte comme première étape appropriée, compte tenu de la vulnérabilité de la population et de la nouveauté de l’intervention.

La publication de ce protocole vise à améliorer la transparence et la rigueur méthodologique, permettant ainsi une évaluation critique et une adaptation du design pour les futurs essais. Les résultats attendus sont de fournir les premières données de sécurité contrôlées sur la psilocybine chez les adolescents et les jeunes adultes atteints d’anorexie mentale, et de clarifier comment la thérapie assistée par la psilocybine interagit avec les caractéristiques cliniques et neurodéveloppementales des troubles alimentaires à début précoce.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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