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Psychédélique(s) étudié(s) : Kétamine, Psilocybine
Publiée le 29 décembre 2025
Type : Revue
Auteurs : Charles F. Zorumski, Joseph Cichon, Yukitoshi Izumi, Thomas Zeffiro, Steven Mennerick, Peter Nagele, Charles R. Conway
Résumé :

L’étude examine comment le succès de la kétamine, un anesthésique dissociatif et antagoniste non compétitif des récepteurs NMDAR, stimule la recherche de nouveaux traitements pour la dépression.

Des essais cliniques récents indiquent que l’oxyde nitreux (N₂O), un anesthésique dissociatif par inhalation utilisé depuis plus de 150 ans, possède également des effets antidépresseurs rapides et durables chez les patients souffrant de trouble dépressif majeur (TDM) et de TDM résistant au traitement (TDM-R). Bien que le N₂O soit un inhibiteur non compétitif des récepteurs NMDAR, ses mécanismes d’action sont distincts de ceux de la kétamine.

Les études cellulaires et sur les circuits neuronaux concernant les effets psychotropes et antidépresseurs du N₂O en sont à leurs débuts. Elles suggèrent que le N₂O partage certains mécanismes en aval avec la kétamine, tout en ayant des effets uniques sur la neurophysiologie et la signalisation. La neuro-imagerie humaine et les études sur la connectivité des réseaux cérébraux commencent à identifier les effets aigus et persistants du N₂O sur les circuits cérébraux pertinents pour la réponse antidépressive.

Cette revue met en lumière l’état actuel de la recherche clinique et préclinique sur les effets du N₂O et souligne les questions majeures encore sans réponse, dont certaines sont en cours d’exploration. Les auteurs mettent l’accent sur les orientations futures et les obstacles potentiels à l’utilisation clinique du N₂O pour le traitement des maladies psychiatriques.

Objectif :

Cette revue a pour objectif principal de synthétiser l’état actuel de la recherche clinique et préclinique sur les effets de l’oxyde nitreux (N₂O) en tant que traitement potentiel pour la dépression. Elle vise à mettre en lumière les connaissances actuelles sur ses mécanismes d’action, en le comparant notamment à la kétamine.

L’article se propose également d’identifier et de discuter les questions majeures qui restent en suspens, ainsi que les orientations futures de la recherche. Enfin, il aborde les obstacles potentiels à l’intégration clinique du N₂O dans le traitement des troubles psychiatriques.

Méthodologie :
  • Type d’étude : Revue de la littérature scientifique.
  • Sources analysées : L’analyse porte sur des études cliniques et précliniques examinant les effets de l’oxyde nitreux (N₂O).
  • Axes d’analyse : Les auteurs synthétisent les résultats des essais cliniques sur le N₂O dans les troubles de l’humeur (TDM, TDM-R), discutent des études mécanistiques explorant ses effets sur les récepteurs (NMDAR), les circuits neuronaux et la connectivité cérébrale, et comparent systématiquement les mécanismes et effets du N₂O à ceux de la kétamine.
Résultats principaux :
  • Efficacité clinique : Plusieurs essais cliniques, bien que de petite taille, rapportent que l’oxyde nitreux (N₂O) produit des effets antidépresseurs rapides chez les patients atteints de trouble dépressif majeur (TDM) et de TDM résistant au traitement (TDM-R). Les bénéfices apparaissent souvent dans les 24 heures suivant l’inhalation et peuvent persister plusieurs semaines chez certains participants.
  • Dosage et tolérabilité : Des concentrations de 25% et 50% de N₂O se montrent efficaces, la dose de 25% présentant une meilleure tolérabilité avec un risque d’effets secondaires (nausées, maux de tête) quatre fois plus faible.
  • Mécanismes d’action : Le N₂O est un antagoniste non compétitif des récepteurs NMDAR, mais son mécanisme de blocage est distinct de celui de la kétamine. Il agit également sur d’autres cibles, notamment les récepteurs GABA-A, les canaux calciques de type T et certains récepteurs opioïdes, ce qui pourrait contribuer à ses propriétés anxiolytiques et antidépressives.
  • Effets sur les réseaux cérébraux : Des études de neuro-imagerie montrent que le N₂O modifie de manière persistante (au moins 24 heures) la connectivité fonctionnelle dans les réseaux cérébraux humains, notamment en réduisant l’hyperconnectivité des régions limbiques observée chez les patients déprimés.
  • Données précliniques : Les études sur les animaux suggèrent que le N₂O, comme la kétamine, active des voies de signalisation intracellulaire impliquant mTOR, BDNF et l’oxyde nitrique synthase (NOS). Cependant, des mécanismes uniques, comme l’inhibition des canaux potassiques SK2, sont également identifiés.
Implications cliniques :

Les données accumulées suggèrent que l’oxyde nitreux (N₂O) représente une option thérapeutique prometteuse et efficace pour les troubles dépressifs, en particulier pour la dépression résistante au traitement. Son profil d’action rapide, son mécanisme distinct de celui de la kétamine et sa facilité d’administration en font un candidat pertinent pour de futures applications psychiatriques.

L’étude souligne cependant la nécessité de mener des essais cliniques de plus grande envergure pour confirmer ces premiers résultats, déterminer les schémas posologiques optimaux et évaluer son efficacité dans différents sous-groupes de patients. La compréhension de ses effets à long terme et la manière de prolonger ses bénéfices thérapeutiques constituent un défi majeur.

Enfin, les auteurs indiquent que des recherches supplémentaires sur les mécanismes neurobiologiques sont cruciales. L’intégration du N₂O dans la pratique clinique dépendra de sa capacité à démontrer une efficacité et une sécurité robustes, ainsi que de la levée des obstacles réglementaires liés à son utilisation hors AMM en psychiatrie.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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