Aller au contenu
Psychédélique(s) étudié(s) : 5-MeO-DMT, Bufoténine, DMT, DOI, Kétamine, LSD, MDMA, Mescaline, NBOMes, Psilocybine
Publiée le 1 novembre 2022
Type : Revue
Auteurs : Alex C. Kwan, David E. Olson, Katrin H. Preller, Bryan L. Roth
Résumé :

Cette revue explore la neurobiologie fondamentale sous-jacente à l’action des substances psychédéliques. L’étude débute par une discussion sur la chimie, soulignant la diversité des molécules psychoactives et les principes qui régissent leur puissance et leur pharmacocinétique.

Les auteurs décrivent le rôle des récepteurs de la sérotonine et de leurs voies de signalisation moléculaire en aval, en mettant l’accent sur les éléments clés pour la découverte de substances. L’analyse porte ensuite sur l’impact des psychédéliques sur la dynamique de l’activité neuronale dans diverses régions corticales et sous-corticales, ainsi que sur les changements transcriptionnels et les effets durables sur la plasticité structurelle.

Enfin, l’étude résume les résultats de la neuroimagerie qui mettent en évidence les effets sur les cortex associatifs et la connectivité fonctionnelle thalamo-corticale, éclairant ainsi les théories actuelles de l’action psychédélique. En synthétisant les connaissances aux niveaux chimique, moléculaire, neuronal et des réseaux, l’article vise à offrir une perspective intégrative sur les mécanismes neuraux responsables des effets aigus et durables des psychédéliques sur le comportement.

Objectif :

L’objectif principal de cette revue est de fournir une perspective intégrative sur la neurobiologie fondamentale sous-jacente à l’action des substances psychédéliques. L’étude vise à relier les différents niveaux d’investigation – de la chimie aux mécanismes moléculaires, neuronaux et des réseaux – pour offrir une compréhension approfondie.

Elle cherche à explorer comment les connaissances aux niveaux chimique et moléculaire peuvent accélérer la découverte de nouvelles substances psychédéliques et si les mécanismes neuronaux et de réseau peuvent conduire à des théories unifiées expliquant leur action. L’étude synthétise les connaissances actuelles du domaine et met en lumière les questions ouvertes qui pourraient stimuler de futures recherches sur les bases neurales de l’action des psychédéliques.

Méthodologie :
  • Analyse de la littérature existante : L’étude repose sur une revue approfondie de la littérature scientifique concernant la neurobiologie des substances psychédéliques.
  • Synthèse des connaissances : Les auteurs synthétisent les informations issues de divers domaines, notamment la chimie, la signalisation moléculaire, la dynamique neuronale et la connectivité des réseaux cérébraux.
  • Examen des mécanismes d’action : L’analyse se concentre sur les mécanismes par lesquels les psychédéliques modulent les neurones et les circuits neuraux.
  • Présentation des théories actuelles : L’étude discute des modèles théoriques existants sur l’action des psychédéliques, tels que le modèle cortico-striato-thalamo-cortical (CSTC), le modèle REBUS et le modèle du “prior fort” (SP).
  • Identification des questions ouvertes : Les auteurs mettent en évidence les lacunes dans la compréhension actuelle et proposent des pistes pour de futures recherches.
Résultats principaux :
  • Chimie et pharmacologie : L’étude identifie les substances psychédéliques comme des agonistes des récepteurs 5-HT2A, caractérisées par une grande diversité structurelle (tryptamines, phényléthylamines, ergolines) et des propriétés pharmacocinétiques permettant un franchissement aisé de la barrière hémato-encéphalique.
  • Signalisation moléculaire : Les récepteurs 5-HT2A sont cruciaux pour les effets psychédéliques, mais d’autres récepteurs (comme les 5-HT1A, D1-D4, alpha-adrénergiques, 5-HT2B et 5-HT2C) sont également impliqués. La signalisation en aval inclut l’activation de Gq, l’hydrolyse du PIP2, la mobilisation du calcium intracellulaire, l’activation de la protéine kinase C, la translocation des arrestines et la libération d’acide arachidonique.
  • Effets neuronaux aigus : L’agonisme des récepteurs 5-HT2A augmente l’excitabilité neuronale, bien que les effets sur les taux de décharge dans le cortex préfrontal soient variés. Les psychédéliques réduisent les entrées sensorielles dans la voie visuelle et entraînent une cessation rapide de l’activité de décharge dans le raphé dorsal.
  • Effets à long terme : Une seule dose de psychédéliques peut entraîner une augmentation rapide de l’expression des gènes précoces immédiats (par exemple, c-fos, arc, egr-2) et une régulation positive des facteurs neurotrophiques (BDNF). Des modifications structurelles telles qu’une augmentation de la taille et de la densité des épines dendritiques, ainsi qu’une prolifération dendritique, sont observées et peuvent persister plusieurs semaines.
  • Effets sur les réseaux cérébraux : Les études de neuroimagerie montrent une réduction de l’activité et de la connectivité fonctionnelle au sein du réseau du mode par défaut (DMN), et une hyperconnectivité entre les régions sensorielles. Le LSD, par exemple, augmente la connectivité fonctionnelle thalamo-corticale.
  • Théories de l’action psychédélique : Plusieurs modèles sont proposés pour expliquer l’action des psychédéliques, notamment le modèle cortico-striato-thalamo-cortical (CSTC) qui se concentre sur la modification du filtrage thalamique, le modèle REBUS qui décrit une signalisation ascendante accrue et une désintégration du DMN, et le modèle du “prior fort” (SP) qui suggère une dépendance accrue aux attentes “top-down”.
Implications cliniques :

Les substances psychédéliques présentent un potentiel thérapeutique considérable, notamment pour le traitement des troubles neuropsychiatriques tels que la dépression, l’anxiété et les troubles liés à l’utilisation de substances. Les essais cliniques de phase II ont déjà montré des réductions durables des symptômes avec une ou quelques séances de psychothérapie assistée par psychédéliques.

Les avancées moléculaires ouvrent la voie à la découverte de nouvelles substances avec des profils de signalisation optimisés, une sélectivité accrue pour les récepteurs 5-HT2A et l’absence d’agonisme sur les récepteurs 5-HT2B afin d’éviter les effets secondaires indésirables. Les recherches futures visent également à développer des “psychoplastogènes” non hallucinogènes et des promédicaments pour améliorer la biodisponibilité et moduler la durée des effets.

Il est impératif d’approfondir la compréhension des mécanismes causaux liant les actions neurobiologiques des psychédéliques à leurs effets comportementaux et thérapeutiques. Les auteurs soulignent l’importance de mener des investigations systématiques sur la dynamique neuronale à travers tout le cerveau, d’utiliser des outils pharmacologiques sélectifs pour différencier les rôles des sous-types de récepteurs (par exemple 5-HT2A et 5-HT2C) et de clarifier la contribution des différentes populations cellulaires. Une compréhension plus fine du cours temporel et de l’hétérogénéité des effets au niveau des réseaux sera cruciale pour une approche de médecine de précision en psychothérapie assistée par psychédéliques.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

Retour en haut
Rechercher