L’administration de kétamine à dose sub-anesthésique démontre des effets antidépresseurs rapides dans les cas de dépression résistante au traitement (DRT), suscitant à la fois enthousiasme et débats. De nombreuses questions subsistent quant à ses mécanismes d’action et à son intégration dans les soins psychiatriques. L’étude présente le ‘modèle de Montréal’, une approche biopsychosociale complète développée sur six ans dans des établissements de santé publics pour la DRT sévère.
Ce modèle vise à associer de manière synergique les perfusions de kétamine avec des soins biopsychosociaux conventionnels et d’inspiration psychédélique. La kétamine y est conceptualisée comme une intervention brève qui crée des ‘fenêtres d’opportunité’ pour améliorer les soins psychiatriques et favoriser la croissance psychologique. Le protocole combine des soins psychiatriques structurés et une psychothérapie concomitante avec six perfusions de kétamine. Ces dernières sont administrées avec des compléments non pharmacologiques inspirés des approches psychédéliques, tels qu’un soutien psychologique continu pour la préparation et l’intégration.
Ce modèle intégratif a pour but de combler le fossé entre les approches biomédicales et psychédéliques afin d’offrir une méthode réalisable, flexible et standardisée pour l’utilisation de la kétamine dans le traitement de la DRT.
L’étude vise à présenter le ‘modèle de Montréal’, une approche biopsychosociale complète pour l’utilisation de la kétamine dans le traitement de la dépression sévère résistante au traitement (DRT). Ce modèle a été affiné sur une période de six ans dans des contextes de soins de santé publics.
Les objectifs principaux du modèle sont de :
1. Utiliser les effets antidépresseurs rapides et puissants, bien que souvent transitoires, de la kétamine pour faciliter les soins psychiatriques fondés sur des preuves, y compris les modifications du mode de vie et l’optimisation des médicaments.
2. Administrer la kétamine avec des compléments non pharmacologiques d’inspiration psychédélique, tels que la musique et le soutien psychologique, afin que les expériences de traitement deviennent des opportunités de croissance psychothérapeutique.
3. Améliorer l’engagement des patients dans une psychothérapie fondée sur des preuves en tirant parti des bénéfices uniques de la kétamine, notamment ses effets pro-cognitifs et anti-suicidaires, ainsi que des expériences psychologiques vécues pendant les séances.
- Type d’approche : L’étude décrit le ‘modèle de Montréal’, une approche biopsychosociale qui intègre des éléments des modèles de soins biomédicaux et psychédéliques pour la kétamine.
- Développement : Le modèle a été développé et affiné sur une période de 6 ans, basée sur plus de 500 traitements à la kétamine administrés à des patients hospitalisés et ambulatoires dans deux hôpitaux de l’Université McGill.
- Composantes du modèle : Le modèle se déroule en plusieurs phases :
- Évaluation psychiatrique : Une évaluation approfondie de 90 minutes pour confirmer le diagnostic, examiner les traitements passés, et évaluer les comorbidités et le mode de vie.
- Préparation initiale : Deux à trois séances préparatoires de 30 à 60 minutes avant le début des perfusions pour établir un cadre thérapeutique, définir des objectifs comportementaux (SMART goals), optimiser la médication et préparer le patient à l’expérience.
- Traitement à la kétamine : Un cycle de six perfusions intraveineuses de kétamine (0,5 mg/kg sur 40 minutes) sur une période de 4 semaines (deux fois par semaine pendant 2 semaines, puis une fois par semaine pendant 2 semaines).
- Soutien psychologique : Les séances sont menées avec des compléments non pharmacologiques d’inspiration psychédélique, incluant l’utilisation de bandeaux oculaires, de musique, et un soutien psychologique continu de ‘préparation et intégration roulantes’ (‘rolling’).
- Psychothérapie concomitante : Les patients doivent s’engager dans au moins une heure de psychothérapie hebdomadaire fondée sur des preuves (ex: TCC, ACT) qui commence avant les traitements à la kétamine.
- Suivi et maintenance : Le maintien des bénéfices repose sur la médication conventionnelle, la poursuite de la psychothérapie et des séances de kétamine d’entretien occasionnelles (tous les 4-6 mois si nécessaire).
- Conceptualisation du modèle : Le modèle de Montréal propose de coupler les perfusions de kétamine avec des soins biopsychosociaux à la fois conventionnels et d’inspiration psychédélique. La kétamine est vue comme une intervention brève produisant des fenêtres d’opportunité pour des soins psychiatriques améliorés et des occasions de croissance psychologique.
- Structure du traitement : Le protocole combine des soins psychiatriques structurés et une psychothérapie concomitante avec une série de six perfusions de kétamine.
- Cadre d’administration : Les perfusions sont administrées en utilisant des compléments non pharmacologiques d’inspiration psychédélique, notamment un soutien psychologique préparatoire et intégratif continu (‘rolling’), de la musique et des bandeaux oculaires pour potentialiser l’expérience subjective.
- Application clinique : Le modèle, tel que décrit, a été mis en œuvre dans le cadre d’un récent essai clinique randomisé pour évaluer comment la musique influence les effets physiologiques et psychologiques de la kétamine.
L’étude suggère que le modèle intégratif de Montréal peut aider à combler le fossé entre les approches biomédicales et psychédéliques du traitement par la kétamine pour la dépression résistante. Il propose une approche qui est à la fois réalisable, flexible et standardisée.
Pour les cliniciens ayant une perspective biomédicale, l’intégration de compléments psychologiques peut adresser les limitations majeures de la kétamine, comme la durabilité des effets, et améliorer la tolérance au traitement. Pour ceux ayant une orientation psychédélique, ce modèle offre un cadre de thérapie adapté aux contextes psychiatriques du monde réel, tout en soulignant les avantages potentiels de la kétamine (durée d’action plus courte, profil de sécurité établi pour les patients sévères) par rapport aux substances psychédéliques sérotoninergiques comme la psilocybine.
Le modèle représente une alternative efficace en termes de ressources à la réadministration fréquente des doses, en mettant l’accent sur l’autonomisation du patient et les changements comportementaux pour un rétablissement durable. Les auteurs appellent à de futures recherches pour explorer et disséquer les facteurs psychologiques intégrés dans ce modèle.
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