Une observation récurrente dans la thérapie assistée par psychédéliques est que l’intensité et la qualité subjective de l’expérience contribuent davantage aux résultats thérapeutiques que la dose administrée. Pour expliquer le caractère thérapeutique de ces expériences, de nombreuses théories évoquent leur capacité à révéler ou à permettre de nouvelles représentations mentales, une expansion de la conscience ou la révision de croyances profondes sur soi et le monde. Dans ces modèles, une forme de perturbation des croyances se voit souvent attribuer un rôle causal.
L’auteure de cet article soutient que même si les substances psychédéliques agissent en assouplissant les croyances ou en élargissant la conscience, cela ne suffit pas à expliquer pourquoi les changements qui en résultent sont bénéfiques plutôt que neutres ou néfastes. En considérant implicitement comme acquis le caractère généralement positif de nombreuses expériences psychédéliques, les théories existantes risquent de décrire des processus qui pourraient tout aussi bien aggraver la détresse que la soulager, et ne reflètent donc pas les résultats majoritairement positifs décrits dans la littérature.
Finalement, l’auteure affirme que sans un changement positif de la valence affective, il n’y a pas de raison claire pour que les expériences psychédéliques aboutissent à des résultats thérapeutiques.
L’objectif de cette étude est de démontrer les limites des théories actuelles sur la thérapie psychédélique qui sont neutres sur le plan de l’affect. L’auteure analyse de manière critique les modèles qui attribuent les bienfaits thérapeutiques à la perturbation des croyances ou à l’expansion de la conscience.
Elle propose que ces mécanismes, seuls, sont insuffisants pour garantir un résultat positif. L’étude vise à établir que l’affect positif est une composante nécessaire et jusqu’ici négligée, indispensable pour expliquer pourquoi les changements induits par les psychédéliques sont majoritairement bénéfiques.
- Analyse critique de la littérature : L’étude examine les théories existantes expliquant les effets thérapeutiques des psychédéliques, notamment les théories basées sur la neuroplasticité, les croyances métaphysiques, le modèle d’auto-dissolution (‘self-unbinding model’) de Letheby et le modèle de révélation de l’esprit caché (‘revealing the hidden mind’) de Lyon.
- Argumentation théorique : L’auteure développe un argument philosophique pour souligner une lacune fondamentale dans ces modèles : l’absence d’un mécanisme garantissant une trajectoire positive aux changements psychologiques.
- Proposition d’un nouveau facteur : L’étude introduit le concept d’affect positif comme facteur nécessaire pour orienter la révision des croyances et l’intégration des expériences vers des résultats thérapeutiques durables.
- Examen des données empiriques : L’analyse s’appuie sur des données cliniques et des études sur le microdosage pour étayer l’hypothèse selon laquelle la valence de l’expérience est un prédicteur clé des résultats.
- Insuffisance des théories neutres en affect : Les cadres théoriques de Letheby et Lyon, bien que décrivant comment les psychédéliques modifient la cognition, n’expliquent pas pourquoi ces changements devraient être bénéfiques. L’étude montre que la perturbation des croyances ou la révélation de contenus mentaux cachés pourraient tout aussi bien conduire à des résultats négatifs (ex: nihilisme, anxiété accrue).
- Absence de telos clinique : Les mécanismes proposés par ces théories manquent d’une orientation inhérente (‘telos’) vers le bien-être clinique. Ils décrivent un processus de changement mais pas la direction de ce changement.
- Nécessité de l’affect positif : L’auteure conclut que l’affect positif est le facteur manquant. Il est nécessaire pour : 1) orienter la révision des croyances vers des conclusions adaptatives et constructives, 2) rendre ces nouvelles croyances crédibles et désirables pour l’individu, et 3) motiver l’intégration à long terme de ces changements comportementaux.
- Corrélation empirique : Les données empiriques confirment qu’un affect positif durant l’expérience psychédélique est un prédicteur majeur des résultats cliniques positifs, tandis qu’un affect négatif prolongé est associé à des résultats plus faibles ou négatifs.
L’étude conclut que toute théorie visant à expliquer l’efficacité thérapeutique des substances psychédéliques doit intégrer l’affect positif comme une composante essentielle. Les modèles qui ignorent la valence émotionnelle de l’expérience sont fondamentalement incomplets, car ils ne peuvent expliquer la tendance majoritairement positive des résultats observés dans les contextes cliniques et non cliniques.
L’auteure suggère que l’affect positif pourrait être le dénominateur commun des différentes modalités d’utilisation des psychédéliques, y compris le microdosage. En fin de compte, l’efficacité thérapeutique de ces substances, malgré leurs effets complexes et variés, pourrait reposer sur un mécanisme plus simple : le bien-être et les émotions positives qu’elles induisent.
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