Les substances psychédéliques et la méditation peuvent susciter des expériences personnellement significatives qui favorisent le bien-être, cependant leurs contributions relatives et combinées demeurent mal comprises. La méditation entraîne généralement des améliorations progressives par une pratique soutenue, tandis que les substances psychédéliques peuvent provoquer des changements aigus et rapides.
Cette publication ré-analyse les données de deux enquêtes transversales en ligne. La première étude (N=679) évalue les associations entre l’usage cumulatif de psychédéliques, la pratique de la méditation, et le bien-être, le mal-être ainsi que la flexibilité psychologique. Les résultats indiquent que, lorsqu’elles sont examinées séparément, les deux pratiques sont associées à un plus grand bien-être et à une meilleure flexibilité. Cependant, lorsqu’elles sont considérées conjointement, les associations pour les psychédéliques sont réduites ou non significatives, alors que la méditation reste constamment associée aux résultats positifs. De faibles preuves d’un effet de synergie émergent également.
La seconde étude (N=137) examine les changements perçus dans le bien-être après une expérience personnellement significative, facilitée soit par les psychédéliques seuls, la méditation seule, ou les deux combinés. Les participants des groupes ‘combiné’ et ‘méditation’ rapportent des améliorations significativement plus importantes que le groupe ‘psychédéliques seuls’.
Globalement, ces résultats suggèrent que la méditation peut non seulement augmenter les bénéfices des expériences psychédéliques, mais aussi potentiellement confondre les associations observées entre l’usage de psychédéliques et le bien-être.
L’étude vise à examiner comment l’usage de substances psychédéliques et la pratique de la méditation, de manière individuelle et combinée, sont associés au bien-être psychologique, au mal-être et à la flexibilité psychologique. Pour ce faire, les auteurs ré-analysent les données de deux études antérieures.
La première étude explore l’importance relative de la fréquence de chaque pratique (engagement cumulatif) et son association avec la santé mentale. Elle cherche à déterminer les associations uniques de chaque pratique, si l’association de l’usage psychédélique persiste après contrôle de la méditation, et si un engagement fréquent dans les deux pratiques produit des effets synergiques.
La seconde étude examine les différences dans les changements de bien-être perçus après une seule expérience personnellement significative, facilitée soit par les psychédéliques, la méditation, ou les deux simultanément. L’étude évalue également les différences dans les aspects de type mystique de ces expériences.
- Conception : L’article présente une ré-analyse de données issues de deux études transversales distinctes menées en ligne.
- Étude 1 :
- Participants : 679 individus ayant une expérience avec les substances psychédéliques classiques, recrutés via la plateforme en ligne Prolific.
- Mesures : Des questionnaires auto-rapportés ont évalué la fréquence d’usage de psychédéliques, la fréquence de la pratique de la méditation, la flexibilité et l’inflexibilité psychologique (MPFI-24), la paix de l’esprit (PoMS), le bien-être psychologique (WEMWBS), ainsi que les symptômes de dépression (PHQ-9) et d’anxiété (GAD-7).
- Analyse : Des modèles de régression multiple ont été utilisés pour évaluer les associations uniques et combinées de la fréquence d’usage de psychédéliques et de la méditation avec les différentes mesures de santé mentale.
- Étude 2 :
- Participants : 137 participants recrutés au sein de communautés de méditation et de psychédéliques, répartis en trois groupes : psychédéliques seuls (n=49), méditation seule (n=63), et une combinaison des deux (n=25).
- Mesures : Les participants ont évalué les changements perçus dans leur bien-être (satisfaction de vie, affect positif/négatif, sens et but, paix et harmonie) à la suite d’une expérience significative. L’intensité de l’expérience de type mystique a été mesurée avec le Questionnaire de l’Expérience Mystique (MEQ30).
- Analyse : Des modèles de régression logistique ordinale ont été employés pour comparer les changements de bien-être perçus entre les trois groupes. Des tests de Kruskal-Wallis ont été utilisés pour comparer les scores MEQ30 et les fréquences d’usage.
- Étude 1 (Fréquence d’usage) :
- Lorsqu’analysées séparément, une fréquence plus élevée de pratique de la méditation et d’usage de psychédéliques est associée à une plus grande flexibilité psychologique, une plus grande paix de l’esprit et un meilleur bien-être mental.
- Lorsque les deux pratiques sont incluses dans le même modèle, la fréquence de la méditation reste un prédicteur significatif et robuste de ces résultats positifs. En revanche, l’association avec la fréquence de l’usage de psychédéliques est considérablement affaiblie ou devient non significative.
- Une faible interaction, suggérant un effet synergique potentiel, est observée pour le bien-être mental, indiquant que les bénéfices de l’usage de psychédéliques pourraient être plus importants chez les personnes qui méditent fréquemment.
- Aucune association significative n’est trouvée entre la fréquence de l’une ou l’autre pratique et les symptômes de dépression ou d’anxiété dans cet échantillon.
- Étude 2 (Expérience unique) :
- Les participants des groupes ‘méditation seule’ et ‘combiné’ (psychédéliques + méditation) rapportent des améliorations perçues significativement plus importantes de l’affect positif et de la paix intérieure, ainsi qu’une plus grande réduction de l’affect négatif, par rapport au groupe ‘psychédéliques seuls’.
- Il n’y a pas de différence significative dans les améliorations perçues entre le groupe ‘méditation seule’ et le groupe ‘combiné’.
- Aucune différence statistiquement significative n’est observée entre les trois groupes concernant l’intensité de l’expérience de type mystique (scores MEQ30).
Les résultats suggèrent que la pratique de la méditation est associée de manière plus constante et robuste à un meilleur bien-être psychologique que la fréquence de l’usage de substances psychédéliques. L’association entre l’usage de psychédéliques et le bien-être semble être en partie expliquée par la pratique concomitante de la méditation, ce qui positionne cette dernière comme un facteur de confusion potentiel dans la recherche sur les psychédéliques.
L’étude indique que la méditation pourrait améliorer les bénéfices d’une expérience psychédélique. La combinaison des deux pratiques lors d’une même expérience est associée à de meilleurs résultats en termes de bien-être perçu (augmentation de l’affect positif, réduction de l’affect négatif) par rapport à une expérience avec des psychédéliques seuls. La méditation pourrait équiper les individus d’outils psychologiques pour mieux naviguer et intégrer les expériences psychédéliques.
Enfin, l’étude souligne l’importance de la paix de l’esprit comme une composante distincte et significative du bien-être, particulièrement sensible à des pratiques comme la méditation et l’usage intentionnel de psychédéliques. Ces pratiques semblent moins viser la réduction du mal-être que la culture active de qualités positives.
La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.