Cette étude examine les expériences subjectives de personnes ayant des antécédents de troubles psychotiques non affectifs qui ont consommé des substances psychédéliques. L’étude part du constat que ces personnes sont systématiquement exclues des essais contemporains sur la thérapie assistée par psychédéliques.
La méthodologie repose sur deux entretiens semi-structurés menés avec 19 participants ayant utilisé des psychédéliques après avoir reçu un diagnostic de trouble psychotique non affectif. Les entretiens explorent les effets positifs et négatifs perçus de cette consommation. Les données sont ensuite analysées à l’aide d’une analyse thématique réflexive.
Les résultats mettent en évidence trois thèmes majeurs : 1) les défis communs rencontrés pendant les effets aigus des psychédéliques ; 2) les expériences psychédéliques spécifiques à la psychose ; et 3) les effets post-aigus et à long terme. Les défis communs incluent une anxiété passagère, entraînant parfois de brèves hospitalisations. Les expériences spécifiques à la psychose comprennent une augmentation de l’auto-compassion, une réduction de l’auto-stigmatisation et une meilleure compréhension des hallucinations et des délires. Concernant les effets à long terme, la plupart des participants décrivent certains bénéfices, mais la durabilité de ces avantages perçus varie considérablement.
L’étude vise à combler une lacune dans la recherche en examinant qualitativement les expériences subjectives de personnes ayant des antécédents de trouble psychotique non affectif (TPNA) qui ont consommé des substances psychédéliques dans un cadre naturaliste. L’objectif principal est d’obtenir une compréhension holistique de la gamme de ces expériences, incluant les effets positifs et négatifs perçus, pendant la phase aiguë et à long terme. Cette exploration a pour but d’éclairer une évaluation plus systématique des risques et bénéfices potentiels de l’utilisation des psychédéliques dans cette population spécifique.
- Participants : L’étude inclut 19 personnes ayant des antécédents de trouble psychotique non affectif (TPNA) et ayant consommé des substances psychédéliques après leur diagnostic. Le recrutement s’effectue par un échantillonnage raisonné via des prospectus numériques diffusés sur des forums en ligne.
- Procédure : Deux entretiens semi-structurés approfondis sont menés avec chaque participant via Zoom. Le premier entretien explore séparément les expériences liées à la psychose et aux psychédéliques. Le second entretien se concentre sur la comparaison entre ces deux types d’expériences.
- Analyse des données : Une analyse thématique réflexive est utilisée pour interpréter les données recueillies, en mettant l’accent sur les perceptions et les significations que les participants attribuent à leurs expériences.
- Thèmes identifiés : L’analyse révèle trois thèmes principaux : les défis durant les effets aigus, les expériences spécifiques à la psychose et les effets à long terme.
- Défis et risques : Les participants rapportent fréquemment une anxiété passagère pendant l’expérience. Quatre participants signalent une hospitalisation brève liée à une anxiété sévère, toujours dans un contexte de consommation de doses élevées ou de plusieurs substances.
- Bénéfices spécifiques à la psychose : Un grand nombre de participants décrivent une augmentation significative de l’auto-compassion et une réduction de la stigmatisation intériorisée liée à leur diagnostic. Six participants rapportent avoir acquis une meilleure compréhension de la nature de leurs hallucinations ou délires.
- Effets à long terme : Les effets post-aigus et à long terme sont hétérogènes. La plupart des participants décrivent des effets positifs, tels qu’une motivation accrue, une meilleure connexion sociale et des changements de style de vie. Cependant, la durabilité de ces effets varie. Des effets négatifs mineurs, comme des troubles du sommeil, sont également mentionnés, tandis que d’autres participants ne rapportent aucun impact durable.
L’étude suggère que les substances psychédéliques ont des effets hétérogènes sur les personnes ayant des antécédents de psychose non affective, présentant à la fois des risques de préjudice et des bénéfices potentiels. La relation entre l’usage de psychédéliques et le TPNA apparaît plus complexe que ce qui est généralement postulé.
Les résultats indiquent que, bien que des risques tels que l’anxiété aiguë et l’hospitalisation existent, de nombreux participants rapportent des bénéfices significatifs, notamment une réduction de l’auto-stigmatisation. Ces conclusions pourraient contribuer au développement de futurs essais cliniques sur la sécurité et la tolérabilité des psychédéliques dans cette population. Elles soulignent la nécessité d’une recherche plus nuancée pour réévaluer les critères d’exclusion stricts actuellement en vigueur dans la recherche clinique.
La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.