Une théorie prédominante sur les substances psychédéliques suggère qu’elles augmentent l’entropie cérébrale. Treize études antérieures ont évalué ces effets sur l’entropie cérébrale en IRMf, chacune appliquant une mesure distincte. Cette étude évalue ces différentes métriques au sein d’une cohorte indépendante de 28 participants sains, totalisant 121 scanners IRMf avant et après l’administration de psilocybine.
Les auteurs examinent les relations entre l’entropie cérébrale et les effets objectifs et subjectifs de la substance en utilisant des modèles linéaires à effets mixtes. Toutes les métriques sont évaluées avec deux stratégies de parcellisation et sept pipelines de débruitage. Les résultats montrent des associations positives significatives et cohérentes pour l’entropie de Shannon de la distribution spatiale, la longueur de chemin, les corrélations instantanées, le changement d’état cérébral et l’entropie d’échantillon à de courtes échelles de temps.
Cependant, l’étude n’observe pas d’effets significatifs pour 8 des 14 métriques d’entropie et note des effets positifs incohérents pour la complexité de Lempel-Ziv du signal BOLD. Les quantifications de l’entropie cérébrale présentent des corrélations inter-mesures limitées, ce qui soutient un effet psychédélique aigu nuancé sur l’entropie cérébrale et démontre empiriquement que ces métriques ne reflètent pas un construit unique.
L’objectif de cette étude est d’évaluer les effets aigus de l’administration de psilocybine (0.2-0.3 mg/kg) sur 14 métriques d’entropie cérébrale précédemment rapportées, au sein d’un échantillon indépendant de 28 individus sains.
En se basant sur “l’Hypothèse du Cerveau Entropique” (EBH), les chercheurs postulent que les métriques de l’entropie cérébrale devraient augmenter suite à l’administration de psilocybine.
- Participants : 28 volontaires sains (10 femmes, âge moyen 33 ± 8 ans).
- Protocole : Une étude en simple aveugle et croisée. Les participants reçoivent une dose unique de 0.2-0.3 mg/kg de psilocybine.
- Imagerie : 121 acquisitions IRMf à l’état de repos sont réalisées au total, une fois avant et plusieurs fois après l’administration de la substance.
- Mesures : L’étude évalue les effets psychédéliques (nommés “PsiFx”) à travers l’intensité subjective rapportée (SDI), le niveau plasmatique de psilocine (PPL) et l’occupation estimée des récepteurs 5-HT2A (Occ2A).
- Analyse : 14 métriques d’entropie cérébrale sont évaluées. Les relations entre chaque métrique et les “PsiFx” sont analysées à l’aide de modèles linéaires à effets mixtes. La robustesse des résultats est testée à travers deux stratégies de parcellisation et sept pipelines de pré-traitement des données.
- Associations positives cohérentes : Des relations positives significatives et constantes sont observées entre les effets de la psilocybine (“PsiFx”) et cinq des 14 métriques d’entropie, réparties dans différentes classes : connectivité statique, connectivité dynamique et activité dynamique. L’entropie spatiale globale normalisée (NGSC) et l’entropie d’échantillon à courtes échelles montrent également des associations positives modérées et robustes.
- Effets incohérents : Des effets positifs mais incohérents sont observés pour la complexité temporelle de Lempel-Ziv du signal BOLD.
- Effets nuls : Huit des 14 métriques d’entropie évaluées ne montrent aucune association significative et cohérente avec les effets de la psilocybine.
- Corrélation entre les métriques : Les auteurs observent que les différentes métriques d’entropie sont généralement faiblement corrélées entre elles, indiquant qu’elles représentent des phénomènes distincts et que le concept d'”entropie cérébrale” n’est pas un construit singulier.
Les résultats mitigés de cette étude soulignent l’importance cruciale de répliquer les découvertes dans des cohortes indépendantes. Bien que certaines données appuient “l’Hypothèse du Cerveau Entropique”, la variabilité des résultats met en évidence le caractère général de cette théorie et la nécessité de définir plus précisément quelles métriques de l’entropie cérébrale sont affectées par les substances psychédéliques.
L’étude montre que le concept d'”entropie cérébrale” n’est pas unitaire. Les différentes métriques mesurent des construits distincts, et leur regroupement superficiel sous une même étiquette peut obscurcir la compréhension des effets psychédéliques. Ces travaux établissent des biomarqueurs candidats pour les futures études cliniques sur les psychédéliques et insistent sur l’importance de la transparence méthodologique dans la recherche en neuroimagerie psychédélique.
La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.