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Psychédélique(s) étudié(s) : Ayahuasca, DMT, LSD, MDMA, Psilocybine
Publiée le 21 avril 2026
Type : Revue exploratoire
Auteurs : Anne-Fiona Griesfeller, Lotte Kooman, Lilian Kloft-Heller, Samuli Kangaslampi, Johannes G. Ramaekers, Henry Otgaar
Résumé :

Les rapports de souvenirs refoulés refaisant surface lors d’expériences psychédéliques circulent depuis des décennies. Cependant, la véracité de ces souvenirs refoulés reste débattue, et les mécanismes par lesquels les substances psychédéliques pourraient récupérer ces souvenirs présumés ne sont pas clairs.

Cette revue exploratoire met en lumière le fait que la plupart des publications se concentrent sur la LSD en relation avec la “mémoire refoulée”. Peu de sources fournissent une définition de la “mémoire refoulée”. Les mécanismes proposés sur la façon dont les psychédéliques pourraient influencer la “mémoire refoulée” incluent des réductions psychanalytiques des blocages de mémoire défensifs et des altérations neurobiologiques du contrôle exécutif. Toutefois, le soutien empirique pour ces mécanismes est limité.

La littérature analysée n’offre pas d’explication cohérente sur la manière dont les psychédéliques pourraient récupérer les souvenirs refoulés, ni de preuves cohérentes qu’ils le font de manière fiable. Des travaux futurs devraient fournir des définitions claires de la “mémoire refoulée” dans le contexte des psychédéliques, tester les effets proposés des psychédéliques sur la mémoire et le contrôle exécutif à travers de multiples substances psychédéliques, inclure des conceptions contrôlées par placebo et prendre en compte l’occurrence potentielle de faux souvenirs.

Objectif :

Cette revue exploratoire vise à fournir un aperçu de la littérature sur la “mémoire refoulée” dans le contexte des psychédéliques. L’étude examine la manière dont la “mémoire refoulée” est définie, quelles substances psychédéliques sont majoritairement abordées, quels mécanismes sont proposés pour expliquer leurs effets, et si ces mécanismes sont empiriquement étayés.

Méthodologie :
  • Conception de l’étude : Une revue exploratoire est menée en suivant les lignes directrices PRISMA-ScR.
  • Sources de données : Les bases de données Web of Science, PubMed, PsycINFO et Google Scholar sont explorées pour des publications pertinentes.
  • Critères d’inclusion/exclusion : Les sources doivent être écrites en anglais, publiées entre 1947 et 2025, aborder à la fois les substances psychédéliques et les “mémoires refoulées” (ou termes similaires), et être accessibles. Les sources antérieures à 1947, non écrites en anglais ou n’abordant qu’un seul des concepts, sont exclues.
  • Sélection des sources : La revue est réalisée en deux étapes. La première étape implique un criblage en texte intégral sur Web of Science, PsycINFO et PubMed. La deuxième étape se concentre sur Google Scholar, avec un criblage des titres et des résumés. Des vérifications de références supplémentaires sont effectuées, portant le total à 53 sources incluses.
  • Extraction des données : Les données sont consignées sur la conception de l’étude, la substance psychédélique, les définitions de la “mémoire refoulée”, les résultats et les mécanismes proposés.
  • Évaluation de la qualité : La qualité des 53 sources incluses est évaluée à l’aide des lignes directrices de Wachendörfer et Oeberst (2023). 52,8 % des études sont jugées de qualité moyenne, 20,8 % de faible qualité et 26,4 % de haute qualité.
Résultats principaux :
  • Substances psychédéliques étudiées : La grande majorité des publications (69,8 %, n=37) se focalisent sur la connexion entre le LSD et la “mémoire refoulée”. La LSD est exclusivement discutée dans 35,8 % des cas (n=19) et avec d’autres psychédéliques dans 34 % des cas (n=18). L’Ayahuasca est la deuxième substance la plus fréquemment mentionnée (9,4 %, n=5). D’autres substances comme la MDMA et la Psilocybine sont également mentionnées.
  • Définition de la “mémoire refoulée” : Aucune source ne fournit une définition spécifique de la “mémoire refoulée”. Seules cinq sources incluent des définitions de concepts connexes tels que l'”amnésie dissociative” ou les “souvenirs récupérés”, qui sont interprétés comme faisant référence à la “mémoire refoulée”.
  • Mécanismes proposés : 54,7 % (n=29) des sources n’expliquent aucun mécanisme potentiel. 33,9 % (n=18) des sources discutent de mécanismes psychanalytiques (réduction des blocages de mémoire défensifs) ou neurobiologiques (altérations du contrôle exécutif, augmentation de l’activité amygdalienne et changements neuroplastiques). Cependant, le soutien empirique pour ces mécanismes est limité, voire inexistant.
  • Récupération des souvenirs : Toutes les publications (N=53) évoquent l’émergence ou la récupération de souvenirs inconscients après des expériences psychédéliques. 64,2 % (n=34) des sources discutent des bénéfices thérapeutiques de cette récupération.
  • Risques potentiels : Certaines sources (n=3) décrivent que la récupération de souvenirs peut entraîner un re-traumatisme ou des comportements inadaptés, soulignant l’importance d’une analyse approfondie des souvenirs récupérés.
  • Limitations méthodologiques : La plupart des études expérimentales sont anciennes (publiées entre 1950 et 1967) et manquent de méthodologies rigoureuses actuelles, comme l’utilisation de groupes de contrôle sous placebo.
Implications cliniques :

L’étude indique que la littérature examinée sur la connexion entre les substances psychédéliques et la “mémoire refoulée” manque de définitions claires et d’explications cohérentes sur les mécanismes sous-jacents. Elle souligne l’absence de fondement empirique solide pour les affirmations concernant la récupération fiable de souvenirs refoulés sous l’influence des psychédéliques.

L’étude met en évidence la nécessité urgente de mener des recherches rigoureuses et généralisables sur la manière dont ces substances peuvent affecter l’encodage, le stockage et la récupération des souvenirs, particulièrement dans les contextes thérapeutiques. Actuellement, les affirmations selon lesquelles les psychédéliques peuvent récupérer les souvenirs refoulés sont non étayées. Cependant, il est crucial d’aborder avec empathie et respect les expériences subjectives des individus qui rapportent de tels souvenirs, malgré le manque de preuves empiriques.

Pour l’avenir, la recherche doit fournir des définitions claires de la “mémoire refoulée” dans le contexte psychédélique et tester rigoureusement les effets proposés des substances psychédéliques sur la mémoire et le contrôle exécutif à travers diverses substances. Il est impératif d’inclure des conceptions contrôlées par placebo et de prendre en compte la formation potentielle de faux souvenirs. Les cliniciens et les chercheurs sont également encouragés à développer des protocoles pour la gestion des souvenirs récupérés afin d’assurer la sécurité des participants et d’éviter la ré-traumatisation ou le renforcement de souvenirs inexacts.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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