En dépit de l’existence de traitements actuels pour le trouble dépressif majeur (TDM), les symptômes et le fardeau de la dépression persistent souvent, soulignant le besoin de thérapies novatrices, y compris la thérapie assistée par substances psychédéliques (TAP), qui présente un potentiel prometteur pour des réponses antidépressives précoces et durables.
Cette recherche vise à comparer les opinions des pharmaciens concernant les considérations logistiques et éthiques relatives aux traitements actuels du TDM avec celles anticipées pour la TAP, ainsi qu’à évaluer le soutien à l’utilisation sur ordonnance par rapport à l’automédication avec des substances psychédéliques dans des scénarios et populations spécifiques.
Des pharmaciens sont interrogés par échantillonnage de commodité transversal afin de recueillir leurs perceptions concernant les traitements actuels et futurs de la dépression. Les réponses à l’enquête sont évaluées à l’aide d’analyses paramétriques et non paramétriques unidirectionnelles et bidirectionnelles, selon le cas.
Les coûts de traitement et les obstacles juridiques sont perçus comme des barrières logistiques significativement plus importantes pour la TAP que pour les traitements actuels (P < 0,01 et P < 0,0001, respectivement), tandis qu’aucune différence significative n’est relevée concernant les barrières éthiques. L’utilisation de substances psychédéliques sur ordonnance chez les patients adultes reçoit un soutien significativement plus élevé que l’automédication pour la dépression dans les situations de tentative de post-suicide, de prophylaxie du suicide et après l’échec de deux antidépresseurs ou plus (P < 0,0001, P < 0,0001 et P < 0,001, respectivement). L’utilisation de substances psychédéliques sur ordonnance obtient un soutien significativement plus élevé que l’automédication pour les personnes âgées, les incarcérés, le personnel militaire en service actif et les vétérans (P < 0,01, P < 0,01, P < 0,0001 et P < 0,05, respectivement).
Les perceptions des pharmaciens concernant les obstacles éthiques associés à la TAP s’alignent généralement avec celles perçues pour les traitements actuels, tandis que les obstacles logistiques concernant les coûts et les barrières légales sont perçus comme plus importants pour la TAP. Les pharmaciens expriment généralement un soutien plus marqué pour l’utilisation de substances psychédéliques sur ordonnance par rapport à l’automédication, avec une utilisation sur ordonnance soutenue dans de nombreuses populations protégées. La TAP est perçue comme un ajout globalement utile aux traitements actuels de la dépression.
L’objectif principal de cette recherche est de comparer les perceptions des pharmaciens concernant les obstacles éthiques et logistiques entre la mise en œuvre des traitements actuels du trouble dépressif majeur (TDM) et la thérapie assistée par substances psychédéliques (TAP).
L’étude vise également à identifier les facteurs situationnels et orientés vers les objectifs qui influencent la probabilité de soutien des pharmaciens aux approches de mise en œuvre de la TAP.
- Conception de l’étude : L’étude est une enquête descriptive transversale, élaborée en appliquant les meilleures pratiques pour recueillir les perceptions des pharmaciens sur les aspects éthiques, logistiques et cliniques liés à la thérapie assistée par substances psychédéliques (TAP).
- Participants : Des pharmaciens sont interrogés par échantillonnage de commodité.
- Outils de collecte de données : L’enquête comprend des questions à échelle de Likert, de classement, des boutons radio et des échelles visuelles-analogiques.
- Collecte et gestion des données : Les données sont collectées et gérées à l’aide des outils de capture de données électroniques REDCap de l’Université du Wisconsin-Madison.
- Période de l’enquête : L’enquête est ouverte pendant sept semaines, du 23 juillet 2024 au 3 septembre 2024.
- Analyse des données : Les réponses sont évaluées à l’aide d’analyses paramétriques et non paramétriques unidirectionnelles et bidirectionnelles.
- Approbation éthique : Cette recherche est examinée, évaluée et approuvée par le Comité d’Examen Institutionnel de Recherche à Risque Minimal de l’Université du Wisconsin-Madison (IRB).
- Profil des répondants : L’étude reçoit 55 réponses à l’enquête, dont 51 proviennent de pharmaciens agréés. La plupart des répondants ont moins de 5 ans d’expérience et exercent en milieu ambulatoire. 64,71 % des répondants sont impliqués dans la gestion de la santé mentale ou des soins psychiatriques.
- Expérience personnelle avec les substances psychédéliques : 16,34 % des répondants déclarent une utilisation personnelle de substances psychédéliques, 79,6 % nient toute utilisation et 4,08 % préfèrent ne pas divulguer cette information.
- Divulgation par les patients : 54 % des répondants indiquent que des patients leur ont révélé leur utilisation de substances psychédéliques.
- Perceptions des résultats de traitement du TDM : Pour les patients individuels, les pharmaciens classent la diminution de l’idéation suicidaire comme le résultat le plus important à cibler, significativement plus importante que l’amélioration de l’humeur (P < 0,01). La réduction des symptômes psychomoteurs est le deuxième résultat le moins important.
- Perceptions des résultats sociétaux du TDM : L’amélioration de l’accès aux traitements actuels de la dépression est classée comme le résultat sociétal le plus important (P < 0,01), tandis que le développement de nouveaux traitements est jugé le moins important.
- Familiarité avec les ressources du TDM : Les médicaments sont la ressource la plus utilisée quotidiennement par les pharmaciens, les ISRS/IRSN étant les plus fréquents et la kétamine/eskétamine les moins fréquentes. Les pharmaciens estiment que les médicaments actuels pour la dépression répondent aux besoins de la pratique de manière similaire à ceux d’autres domaines thérapeutiques.
- Familiarité avec les substances psychédéliques pour la dépression : Seuls 4 % des répondants sont “extrêmement familiers” avec l’utilisation des substances psychédéliques pour le traitement de la dépression, tandis que 44 % sont “un peu familiers” et 14 % “pas du tout familiers”.
- Utilité de la TAP : 80 % des répondants considèrent que la TAP serait au moins “un peu utile”.
- Obstacles logistiques et éthiques : Les coûts de traitement et les barrières légales sont perçus comme des obstacles logistiques significativement plus importants pour la TAP que pour les traitements actuels (P < 0,01 et P < 0,0001). Aucune différence significative n’est observée pour les barrières éthiques, bien que l’inégalité d’accès soit l’obstacle éthique le plus préoccupant.
- Coût acceptable de la TAP : Le coût acceptable moyen pour un parcours complet de TAP est de 401 USD ± 142 USD.
- Intervalle entre les visites : Les pharmaciens préfèrent un intervalle d’une à deux semaines entre les administrations de substances psychédéliques.
- Priorités pour la mise en œuvre de la TAP : L’établissement de l’efficacité et de la sécurité sont les aspects les plus importants à considérer pour la future mise en œuvre de la TAP (P < 0,0001). Les aspects éthiques et logistiques sont considérés comme moins prioritaires.
- Soutien à l’utilisation sur ordonnance vs automédication : Un soutien plus important est constaté pour l’utilisation de substances psychédéliques sur ordonnance par rapport à l’automédication. Ce soutien est particulièrement marqué pour les patients ayant déjà fait une tentative de suicide, pour la prophylaxie du suicide, et après l’échec d’au moins deux antidépresseurs conventionnels.
- Soutien dans les populations vulnérables : L’utilisation sur ordonnance de substances psychédéliques est significativement plus soutenue que l’automédication pour toutes les populations vulnérables énumérées, y compris les militaires en service actif, les adolescents, les enfants, les personnes âgées, les prisonniers, les personnes atteintes de troubles cognitifs, les femmes enceintes, les femmes qui allaitent et les vétérans. Cependant, la plupart des répondants s’opposent à toute utilisation de substances psychédéliques, même sur ordonnance, pour les femmes enceintes, celles qui allaitent, les enfants et les adolescents, suggérant une résistance plus forte à la mise en œuvre clinique dans ces populations.
L’étude souligne l’importance de recueillir les opinions des pharmaciens pour combler le manque de recherche translationnelle axée sur les praticiens concernant le développement thérapeutique de la thérapie assistée par substances psychédéliques (TAP).
Les résultats indiquent que les pharmaciens manquent généralement de familiarité avec les substances psychédéliques et que les obstacles perçus à la mise en œuvre incluent un manque de connaissances suffisantes, l’absence de praticiens formés et les défis financiers. Des préoccupations générales de sécurité liées aux limitations méthodologiques sont également relevées.
Pour promouvoir une mise en œuvre intégrée et multi-acteurs de la TAP, les recherches futures devraient explorer des facilitateurs spécifiques, notamment des processus de consentement éclairé améliorés pour tenir compte de la vulnérabilité des patients, ainsi que des études approfondies sur les populations marginalisées pour développer des pratiques de TAP adaptées et culturellement informées.
L’étude suggère que l’exploration des approches de TAP, telles que l’administration en groupe, est justifiée pour aborder les obstacles logistiques liés aux coûts de traitement élevés. Les groupes de discussion multi-acteurs sont identifiés comme un moyen prometteur d’identifier les barrières systémiques et de proposer des solutions.
En conclusion, les pharmaciens sont plus susceptibles de soutenir les approches logistiques de la mise en œuvre de la TAP qui se concentrent sur l’accès sur ordonnance pour les patients n’ayant pas bénéficié d’autres traitements du TDM, mais qui ne sont pas encore engagés dans une idéation ou une action suicidaire.
Les approches de mise en œuvre de la TAP sont mieux alignées avec les objectifs des pharmaciens en matière de traitement du TDM lorsqu’elles visent à accroître l’accès au traitement, à améliorer les symptômes dépressifs et à réduire la suicidalité. La faible familiarité avec la TAP parmi les pharmaciens met en évidence une opportunité d’introduire une éducation systématique sur les substances psychédéliques dans les programmes scolaires de pharmacie.
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