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Psychédélique(s) étudié(s) : Psilocybine
Publiée le 2 janvier 2026
Type : Méta-analyse
Auteurs : Reza Moshfeghinia, Sara Mostafavi, Kimia Jazi, Amir Reza Ghasemi, Yasamin Khosravaninezhad, Santhosshi Narayanan, Jamshid Ahmadi, Mehdi Pasalar
Résumé :

Cette méta-analyse évalue l’efficacité et la sécurité de la psilocybine pour traiter la détresse psychologique chez les patients atteints de cancer. L’étude synthétise les données d’essais randomisés et non randomisés pour examiner les effets de la psilocybine sur la santé mentale, notamment l’anxiété et la dépression, à court terme (2-5 semaines) et à long terme (6 mois).

Les résultats des essais contrôlés randomisés (ECR) indiquent que la psilocybine réduit de manière significative les symptômes dépressifs, mesurés par l’Inventaire de Dépression de Beck (BDI) et la sous-échelle de dépression de l’Échelle Hospitalière d’Anxiété et de Dépression (HADS-D). Cependant, les résultats concernant l’anxiété sont mitigés, avec des effets non significatifs sur la sous-échelle d’anxiété (HADS-A) mais des résultats variables pour l’Inventaire d’Anxiété État-Trait (STAI).

Les analyses à court terme montrent des améliorations significatives pour la dépression et l’anxiété. Les analyses à long terme confirment des bénéfices durables sur la réduction des symptômes dépressifs. De plus, des améliorations significatives de la qualité de vie et du bien-être spirituel sont également observées après le traitement par la psilocybine.

En conclusion, l’étude suggère que la psilocybine pourrait être efficace pour réduire les symptômes dépressifs chez les patients cancéreux. Les effets sur l’anxiété sont moins clairs et dépendent de la durée du suivi. Les auteurs soulignent que ces résultats sont préliminaires en raison du faible nombre d’études, de l’hétérogénéité élevée et des défis méthodologiques. Des essais plus vastes et rigoureux sont nécessaires pour confirmer ces observations.

Objectif :

L’objectif principal de cette étude est de réaliser une revue systématique et une méta-analyse pour évaluer de manière exhaustive l’efficacité et la sécurité de la psilocybine dans le traitement de la détresse psychologique chez les patients atteints de cancer. L’étude vise spécifiquement à analyser les effets de la substance sur les symptômes de dépression et d’anxiété, ainsi que sur d’autres dimensions comme la qualité de vie et le bien-être spirituel, en examinant les données à court et à long terme.

Méthodologie :
  • Protocole de recherche : La revue systématique et la méta-analyse suivent les directives PRISMA.
  • Stratégie de recherche : Une recherche exhaustive a été menée jusqu’en novembre 2024 dans six bases de données : Scopus, PsycINFO, PubMed, Cochrane, CINAHL Complete et Web of Science. Les termes clés utilisés incluent ‘psilocybine’ et ‘cancer’.
  • Critères d’éligibilité : L’étude inclut des essais interventionnels (randomisés et non randomisés) portant sur des adultes (18 ans et plus) atteints de cancer ayant reçu de la psilocybine. Les comparaisons incluent des groupes placebo ou des soins standards, ainsi que des études à bras unique. Les critères de jugement principaux sont le bien-être psychologique (dépression, anxiété, bien-être spirituel, qualité de vie) mesuré par des outils validés.
  • Extraction et analyse des données : Deux auteurs ont indépendamment sélectionné les études et extrait les données. La qualité des études et le risque de biais ont été évalués à l’aide des outils Cochrane (ROB-2 pour les ECR, ROBINS-1 pour les études non randomisées). L’analyse quantitative a été réalisée à l’aide de la différence moyenne standardisée (DMS) avec un modèle à effets aléatoires.
Résultats principaux :
  • Sélection des études : Un total de sept études, publiées entre 2011 et 2023, ont été incluses dans la revue, avec des tailles d’échantillon allant de 11 à 51 participants.
  • Analyse des essais contrôlés par placebo : La psilocybine entraîne une réduction significative des symptômes dépressifs sur les échelles BDI (DMS = -2.87) et HADS-D (DMS = -2.97). Les résultats sur l’anxiété sont mitigés : la réduction est significative pour le STAI-S (DMS = -1.84) mais non significative pour le HADS-A.
  • Analyse à court terme (2-5 semaines) : Des améliorations significatives sont observées pour la dépression (BDI, HADS-D) et l’anxiété (HADS-A, STAI), avec des réductions importantes des symptômes. Le bien-être spirituel (FACIT-Sp) montre également une amélioration positive.
  • Analyse à long terme (6 mois) : Les bénéfices sur la dépression sont maintenus (BDI, HADS-D). La qualité de vie et le bien-être spirituel (FACIT-Sp) montrent une amélioration substantielle et statistiquement significative.
  • Événements indésirables : Aucun événement indésirable grave n’est signalé dans les études incluses. Les effets secondaires les plus courants sont une augmentation transitoire de la pression artérielle et du rythme cardiaque, des maux de tête, des nausées et un inconfort psychologique.
Implications cliniques :

Cette méta-analyse suggère que la thérapie assistée par la psilocybine peut aider à réduire les symptômes dépressifs chez les patients atteints de cancer, bien que ses effets sur l’anxiété soient plus variables. Les résultats sont prometteurs mais doivent être considérés comme préliminaires en raison de plusieurs limites importantes, notamment le petit nombre d’essais, la diversité géographique limitée (toutes les études ont été menées aux États-Unis), une hétérogénéité significative entre les études, et les défis liés à la mise en aveugle.

Les auteurs recommandent la conduite de futures études longitudinales de grande envergure, avec des protocoles de mise en aveugle robustes, un pré-enregistrement et une évaluation systématique des modérateurs (comme le statut de la chimiothérapie) et des interactions médicamenteuses potentielles. De telles recherches sont cruciales pour établir de manière définitive l’efficacité clinique, la sécurité et les protocoles optimaux pour l’utilisation de la psilocybine dans le contexte de la détresse psychologique liée au cancer.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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