Cette étude qualitative analyse l’expérience subjective de participants atteints de trouble obsessionnel-compulsif (TOC) réfractaire au traitement, après avoir reçu une dose unique de psilocybine dans le cadre du premier essai randomisé contrôlé par placebo. La recherche se concentre sur la manière dont les participants vivent les effets aigus et post-administration, les interactions entre ces effets, ainsi que leurs perspectives sur le changement thérapeutique.
L’analyse met en lumière l’influence modérée à forte des conditions de préparation mentale et de l’environnement (set and setting) sur la nature et la trajectoire des expériences avec la psilocybine. Les effets aigus rapportés sont synergiques et incluent des aspects visuels, perceptuels, émotionnels, psychologiques et somatiques, similaires à ceux observés dans d’autres indications. Cependant, ces effets tendent à se manifester avec une intensité plus faible, potentiellement en raison d’une interférence des symptômes du TOC pendant la session.
Les auteurs notent que certains effets cognitifs et comportementaux, aigus et post-administration, correspondent aux mécanismes d’action supposés des psychothérapies validées pour le TOC, comme la thérapie d’exposition et de prévention de la réponse (EPR) et la thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT).
L’objectif principal de cette recherche est d’explorer de manière approfondie les effets subjectifs de la psilocybine sur le trouble obsessionnel-compulsif (TOC), un domaine encore peu étudié. L’étude vise à comprendre comment des individus atteints de TOC réfractaire au traitement vivent les effets aigus et post-administration d’une dose unique de psilocybine, combinée à un soutien psychologique non directif.
Plus spécifiquement, les auteurs cherchent à élucider les interrelations entre ces effets et à recueillir les perspectives des participants sur les mécanismes du changement thérapeutique. Les questions de recherche portent sur : les influences préalables sur l’expérience (set and setting), la nature des effets aigus et à long terme, et l’interaction entre ces différents facteurs.
- Participants : L’étude inclut 12 participants issus d’un essai randomisé contrôlé par placebo. Six d’entre eux ont reçu de la psilocybine lors de la phase initiale, et les six autres ont reçu la psilocybine en ouvert après avoir initialement reçu le placebo.
- Procédure : Des entretiens qualitatifs semi-directifs ont été menés avec chaque participant environ un mois après l’administration de la psilocybine.
- Analyse : Les transcriptions des entretiens ont été analysées en utilisant l’analyse phénoménologique interprétative (IPA). Un processus de codage consensuel a été utilisé pour atteindre un accord inter-codeurs de 100 % lors de l’extraction des thèmes principaux.
L’analyse a révélé quatre thèmes majeurs, chacun avec plusieurs sous-thèmes :
- Influences sur l’expérience de la psilocybine : Ce thème inclut les facteurs de préparation (Set), comme les intentions de soulagement des symptômes, et les facteurs environnementaux (Setting), comme le confort de la salle et le rôle des facilitateurs.
- Effets aigus : Ceux-ci comprennent des effets perceptuels (physiologiques/somatiques et visuels), des effets (méta)cognitifs (perspicacités, approches expérientielles), des effets émotionnels (positifs et négatifs) et l’impact direct du TOC pendant l’expérience (interférence ou mise en sourdine des symptômes).
- Changements post-administration liés au TOC : Les participants rapportent des modifications dans les symptômes (obsessions et compulsions) et dans leurs perceptions du TOC (renforcement de croyances antérieures, déstigmatisation).
- Changements post-administration au-delà des symptômes du TOC : Ce thème englobe des changements (méta)cognitifs (nouvelles perspicacités, approche expérientielle) et d’autres changements positifs (émotions positives, fonctionnement interpersonnel).
Les résultats de cette étude qualitative suggèrent des hypothèses pour de futures recherches et indiquent un potentiel pour l’intégration de la psilocybine avec des approches psychothérapeutiques structurées pour le TOC. L’étude met en évidence que les effets aigus de la psilocybine, bien que similaires à ceux rapportés dans d’autres troubles, peuvent être atténués ou interrompus par les symptômes du TOC.
Les changements (méta)cognitifs et comportementaux observés, tant durant la phase aiguë qu’après la session, s’alignent avec les mécanismes d’action de thérapies comme l’EPR et l’ACT. Ces observations soutiennent l’idée qu’une thérapie assistée par psilocybine pourrait améliorer les processus de flexibilité psychologique et d’approche expérientielle, essentiels au traitement du TOC. Les auteurs soulignent la nécessité de recherches supplémentaires pour développer des protocoles de traitement intégrés et optimisés.
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