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Psychédélique(s) étudié(s) : Psilocybine
Publiée le 30 janvier 2026
Type : Etude pilote
Auteurs : Michael H. Sutherland, Christopher R. Nicholas, Richard C. Lennertz, Cody J. Wenthur, Bryan M. Krause, Christina J. Sauder, Brady A. Riedner, Richard F. Smith, Paul R. Hutson, Charles L. Raison, Matthew I. Banks
Résumé :

Cette étude pilote en ouvert examine les effets de l’administration orale de psilocybine (25 mg) combinée à du midazolam par voie intraveineuse chez des volontaires sains. L’étude analyse les changements dans la puissance des bandes de fréquences de l’électroencéphalogramme (EEG), la complexité de Lempel-Ziv normalisée (LZCn) et l’exposant spectral.

Les auteurs utilisent des modèles linéaires à effets mixtes pour évaluer l’évolution de ces mesures dans le temps et leur relation avec les effets subjectifs du midazolam (mesurés par l’échelle OAA/S) et de la psilocybine (mesurés par le questionnaire ASC).

Initialement, lorsque seul le midazolam est actif, les résultats montrent une augmentation de la puissance bêta et une diminution de l’exposant spectral. Avec l’apparition des effets de la psilocybine, une augmentation de la LZCn et de l’exposant spectral est observée, ainsi qu’une diminution de la puissance sur une large bande de fréquences, particulièrement dans les bandes delta, thêta et alpha. Les scores subjectifs de l’expérience psychédélique (ASC) améliorent la prédiction de la LZCn et de l’exposant spectral. Ces données suggèrent que les effets neurophysiologiques de la psilocybine sont maintenus en présence de midazolam, ce qui soutient son utilité pour les études mécanistiques sur l’activité thérapeutique de la psilocybine.

Objectif :

L’étude vise à évaluer les effets électrophysiologiques (EEG) de la co-administration de psilocybine et de midazolam. Les objectifs principaux sont de déterminer si les changements induits par la psilocybine sur la puissance des bandes EEG, la complexité (LZCn) et l’exposant spectral persistent en présence de midazolam, une benzodiazépine ayant des effets opposés sur la plasticité neuronale.

Un second objectif est d’examiner comment ces mesures EEG sont liées à l’état d’éveil et à la qualité subjective de l’expérience psychédélique, mesurées respectivement par les échelles OAA/S et ASC.

Méthodologie :
  • Participants : L’étude inclut huit participants sains.
  • Conception : Il s’agit d’une étude pilote, en ouvert et pré-enregistrée.
  • Intervention : Les participants reçoivent une dose orale de 25 mg de psilocybine simultanément avec une injection intraveineuse de midazolam. Les doses de midazolam sont ajustées pour induire une sédation légère à modérée tout en altérant l’encodage de la mémoire.
  • Mesures : L’activité cérébrale est enregistrée en continu par électroencéphalographie (EEG) à haute densité. Le niveau de sédation est évalué à l’aide de l’échelle OAA/S (Observer’s Assessment of Arousal and Sedation), et l’expérience subjective est mesurée avec des items sélectionnés du questionnaire ASC (Altered States of Consciousness).
  • Analyse : Les données EEG sont analysées pour évaluer les changements dans la puissance des bandes spectrales (delta, thêta, alpha, bêta, gamma), la complexité du signal (LZCn) et l’exposant spectral. Des modèles linéaires à effets mixtes sont utilisés pour modéliser les changements au fil du temps et évaluer l’influence des scores OAA/S et ASC.
Résultats principaux :
  • Puissance spectrale : Une diminution globale de la puissance à large bande est observée au cours de la session, principalement dans les bandes de fréquences delta, thêta et alpha. Une augmentation transitoire de la puissance bêta est notée à 15 et 30 minutes, suivie d’une diminution.
  • Complexité du signal (LZCn) : La LZCn augmente de manière significative entre 60 et 210 minutes après l’administration, avant de revenir au niveau de base à 360 minutes. Cette augmentation est en corrélation avec l’intensité de l’expérience subjective (scores ASC).
  • Exposant spectral : L’exposant spectral diminue significativement à 15 minutes, puis augmente de manière soutenue entre 90 et 360 minutes. Cette augmentation est également prédite par les scores ASC.
  • Modélisation : L’inclusion des scores ASC (expérience subjective) améliore significativement les modèles statistiques prédisant la LZCn et l’exposant spectral, indiquant une forte association entre l’expérience psychédélique et ces marqueurs neurophysiologiques. L’échelle de sédation (OAA/S) n’améliore que le modèle pour la puissance alpha.
Implications cliniques :

Les résultats de cette étude suggèrent que les principaux effets électrophysiologiques de la psilocybine, tels que l’augmentation de la complexité du signal cérébral, ne sont pas annulés par la co-administration de midazolam, malgré les effets neuropharmacologiques opposés de ce dernier.

Cette observation renforce l’hypothèse selon laquelle l’expérience subjective aiguë induite par la psilocybine peut être dissociée de la formation de la mémoire de cette expérience. Cela ouvre des perspectives pour des études mécanistiques visant à isoler les facteurs contribuant à l’efficacité thérapeutique des substances psychédéliques, en distinguant les effets de l’expérience elle-même de ceux liés à son intégration mémorielle ultérieure.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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