Cette étude rétrospective analyse les caractéristiques circonstancielles, cliniques et toxicologiques de tous les décès documentés liés à la consommation de diéthylamide de l’acide lysergique (LSD) et de psilocybine en Australie entre 2000 et 2023 à partir du Système national d’information coronarienne (NCIS).
Au total, 43 cas sont répertoriés : 33 impliquent le LSD et 10 la psilocybine. Les victimes sont très majoritairement de jeunes hommes âgés en médiane de 24 à 26 ans. La cause prédominante de décès dans les deux groupes réside dans des blessures traumatiques accidentelles ou des gestes d’automutilation sévères par moyens physiques, fréquemment associés à une agitation aiguë intense précédant le décès.
Les cas de décès attribuables uniquement à une toxicité pharmacologique directe s’avèrent exceptionnels, bien qu’un cas d’intoxication mortelle exclusive au LSD et deux arrêts cardiaques sur terrain cardiovasculaire vulnérable soient rapportés. L’étude souligne la nécessité de mesures de prévention des traumatismes et d’une surveillance médicale étroite lors de l’administration thérapeutique de ces psychédéliques.
L’étude vise à déterminer les circonstances de survenue ainsi que les caractéristiques sociodémographiques des cas de décès liés au LSD et à la psilocybine survenus en Australie entre 2000 et 2023.
Elle a également pour objectif d’établir le profil toxicologique sanguin et de documenter les principales observations lésionnelles issues des autopsies médico-légales de ces dossiers.
- Source des données : Extraction systématique des dossiers coronariens clos dans la base nationale australienne National Coronial Information System (NCIS) pour la période comprise entre le 1er juillet 2000 et le 30 novembre 2023.
- Critères de sélection : Inclusion des cas dans lesquels l’usage personnel de LSD ou de psilocybine contribue directement ou indirectement au décès, à l’exclusion des homicides et des tiers non consommateurs.
- Paramètres analysés : Données sociodémographiques, antécédents médicaux et psychiatriques, récits policiers sur les circonstances du drame, observations d’autopsie complète ou partielle, tomodensitométries et rapports de toxicologie.
- Analyses toxicologiques : Dosage par chromatographie et spectrométrie de masse sur sang périphérique pour quantifier le LSD, la psilocine, ainsi que d’autres substances associées.
- Profil démographique : L’analyse identifie 43 décès (33 associés au LSD, 10 à la psilocybine) concernant des sujets d’un âge médian de 24 ans (LSD) et 26 ans (psilocybine), avec une prédominance masculine supérieure à 95 %.
- Circonstances de décès : Le traumatisme accidentel représente la circonstance la plus courante (36,4 % pour le LSD, 40,0 % pour la psilocybine), suivi des blessures par automutilation (36,4 % des cas de LSD, aucun pour la psilocybine).
- Toxicité et atteintes cardiaques : La toxicité médicamenteuse poly-substance explique 18,2 % des décès sous LSD et 20,0 % sous psilocybine. Un seul cas est attribué exclusivement à la toxicité létale directe du LSD et deux cas à un événement cardiovasculaire chez des sujets atteints de cardiomégalie.
- Manifestations cliniques aiguës : Une agitation sévère précède le décès chez 27,3 % des usagers de LSD et 20,0 % des usagers de psilocybine. Des convulsions et de l’hyperthermie sont relevées uniquement dans les cas liés au LSD.
- Profils toxicologiques : La concentration sanguine médiane est de 0,8 μg/L pour le LSD et de 20 μg/L pour la psilocine. Le psychédélique constitue l’unique substance présente dans 25,0 % des dossiers de LSD et 20,0 % des cas de psilocybine, la présence concomitante de psychostimulants ou de cannabis restant fréquente.
Les résultats mettent en évidence que la mortalité associée au LSD et à la psilocybine découle principalement d’accidents physiques et d’actes d’automutilation déclenchés par une désorientation comportementale majeure ou un état d’agitation sévère, plutôt que d’un effet toxique organique direct.
Sur le plan clinique, ces observations incitent à une prudence rigoureuse lors des applications thérapeutiques de substances psychédéliques, particulièrement chez les individus présentant des antécédents cardiovasculaires ou des vulnérabilités psychiatriques, et justifient un encadrement médical constant dans des environnements sécurisés afin de prévenir tout passage à l’acte accidentel.
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