Les substances psychédéliques et la méditation sont reconnues pour leur capacité à induire des expériences personnellement significatives, voire transformatrices. Cette étude exploratoire emploie des méthodes de traitement du langage naturel (NLP) pour comparer les récits de ces expériences.
Les auteurs analysent les rapports narratifs de 197 participants décrivant leur expérience la plus marquante, facilitée soit par des substances psychédéliques (n=134), soit par la méditation (n=63). Les analyses de similarité textuelle, la modélisation de sujets et l’analyse des sentiments sont utilisées pour cette comparaison.
Les résultats indiquent que les contenus sémantiques et lexicaux des récits sont très similaires, les deux groupes exprimant en moyenne des émotions positives. Cependant, les récits d’expériences psychédéliques se montrent plus chargés émotionnellement, avec des niveaux de sentiments positifs et négatifs plus élevés que les expériences de méditation, plus neutres. Ces observations suggèrent que, bien que les deux types d’expériences soient similaires dans leur contenu général, l’intensité émotionnelle constitue un facteur de différenciation majeur. L’étude propose ainsi de nouvelles hypothèses pour la recherche future sur les expériences transformatrices, tout en reconnaissant les limites des méthodes NLP et de l’ensemble de données.
L’étude vise à combler un manque dans la recherche en comparant empiriquement la phénoménologie des expériences induites par les substances psychédéliques et celles induites par la méditation. L’objectif principal est d’examiner les similarités et les différences entre les récits de ces deux types d’expériences, en se concentrant sur des rapports narratifs d’expériences personnellement significatives.
Un objectif secondaire est d’évaluer l’utilité et la valeur des méthodes de traitement du langage naturel (NLP) dans ce contexte d’analyse d’expériences subjectives.
- Participants : 197 personnes ayant vécu une expérience personnellement significative, réparties en deux groupes : un groupe “psychédéliques” (n=134) et un groupe “méditation” (n=63).
- Procédure : Deux enquêtes en ligne identiques (à l’exception de la modalité d’induction) ont été diffusées internationalement pour recueillir des données démographiques et des récits narratifs ouverts.
- Matériel : Les participants ont rédigé un rapport narratif ouvert sur leur expérience la plus significative. Le questionnaire sur l’expérience mystique (MEQ30) a également été utilisé comme point de référence psychométrique.
- Analyses : Les rapports ont été analysés à l’aide de plusieurs techniques de traitement du langage naturel (NLP). Celles-ci incluent des analyses de similarité textuelle (fréquences de mots, similarité sémantique par plongements vectoriels), l’analyse TF-IDF pour identifier les mots distinctifs, la modélisation de sujets par l’algorithme Latent Dirichlet Allocation (LDA), et une analyse des sentiments à l’aide du modèle VADER.
- Similarité sémantique élevée : Les analyses révèlent une forte similarité dans le contenu sémantique et lexical entre les récits des deux groupes. La similarité cosinus entre les représentations sémantiques moyennes des deux corpus est très élevée (0,972). Seulement 8,70% des mots uniques montrent une différence d’usage statistiquement significative.
- Intensité émotionnelle distincte : L’analyse des sentiments montre que, bien que les deux groupes rapportent des expériences globalement positives, les récits psychédéliques sont significativement plus chargés émotionnellement. Ils contiennent des scores plus élevés de sentiments à la fois positifs et négatifs, tandis que les récits de méditation tendent à être plus neutres sur le plan émotionnel.
- Expériences mystiques : Il n’y a pas de différence significative entre les scores totaux du questionnaire sur l’expérience mystique (MEQ30) pour le groupe psychédélique (M=97,39) et le groupe méditation (M=97,18), indiquant une intensité d’expérience mystique comparable.
- Mots distinctifs : L’analyse TF-IDF montre que les mots qui différencient les groupes sont principalement liés à la méthode d’induction (par exemple, ‘trip’, ‘lsd’, ‘champignon’ pour les psychédéliques; ‘nyams’, ‘dzogchen’ pour la méditation) plutôt qu’au contenu de l’expérience elle-même.
- Modélisation de sujets : L’application de l’algorithme LDA s’avère peu concluante, générant des thèmes redondants et peu distincts, ce qui suggère une limitation de cette méthode pour ce type de données narratives.
Les résultats de l’étude apportent un soutien empirique aux cadres théoriques des expériences transformatrices, qui postulent que différentes méthodes d’induction peuvent mener à des expériences partageant des caractéristiques phénoménologiques fondamentales. La grande similarité sémantique observée entre les récits psychédéliques et de méditation, malgré des méthodes d’induction différentes, renforce cette idée.
L’intensité émotionnelle apparaît comme un facteur clé distinguant les deux types d’expériences. Les récits psychédéliques, plus chargés en émotions positives et négatives, suggèrent une plus grande labilité émotionnelle, ce qui est cohérent avec les modèles neurocognitifs comme le modèle REBUS. Cette différence pourrait avoir des implications pour les résultats thérapeutiques, l’intensité émotionnelle étant souvent liée aux bienfaits à long terme des expériences psychédéliques.
L’étude souligne également que les similarités observées pourraient être influencées par le contexte culturel des participants (majoritairement occidentaux) et la nature de la consigne, qui demandait de décrire l’expérience la plus ‘significative’, orientant potentiellement les récits vers des thèmes communs de transformation.
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