La pratique de la méditation et l’utilisation de substances psychédéliques suscitent un intérêt croissant. Ces deux méthodes induisent des états de conscience non ordinaires potentiellement bénéfiques sur le plan thérapeutique, ce qui alimente un intérêt scientifique pour leurs synergies potentielles.
Cette étude examine les facteurs individuels, liés aux psychédéliques et à la méditation pour déterminer dans quelles conditions les méditants perçoivent l’utilisation de psychédéliques comme bénéfique pour leur pratique.
Les résultats indiquent que la majorité des participants (73,5%) estiment que l’utilisation de substances psychédéliques a une influence positive sur la qualité de leur méditation. Une analyse par apprentissage automatique identifie que la fréquence d’utilisation, la définition d’intentions avant l’expérience, un trait de personnalité élevé en agréabilité et l’exposition à la N,N-DMT sont les principaux prédicteurs de cette perception positive.
L’étude vise à identifier les facteurs qui favorisent les bénéfices perçus de l’utilisation de substances psychédéliques sur la pratique de la méditation. En s’appuyant sur un large échantillon de méditants ayant une expérience des psychédéliques, les auteurs examinent un éventail de facteurs classés comme individuels, liés aux psychédéliques et liés à la méditation. L’objectif est de comprendre les conditions dans lesquelles un méditant perçoit que sa pratique est améliorée par cette utilisation. L’étude emploie des méthodes d’apprentissage automatique (machine learning) pour gérer et analyser un grand nombre de variables prédictives.
- Participants : L’étude inclut un échantillon de convenance de 863 adultes (âge moyen de 37,7 ans) ayant une pratique régulière de la méditation (au moins 3 fois par semaine au cours des 12 derniers mois) et une expérience de l’utilisation de substances psychédéliques. Le recrutement s’est fait via les plateformes de médias sociaux.
- Procédure : La collecte de données s’est déroulée en ligne via la plateforme Qualtrics entre octobre 2020 et juin 2021.
- Mesures : La variable principale est une question unique évaluant l’influence perçue des expériences psychédéliques sur la qualité de la pratique de la méditation sur une échelle de Likert en 7 points. Les variables prédictives couvrent trois domaines : 1) les facteurs individuels (démographie, satisfaction de vie, personnalité via le Big Five Inventory), 2) les facteurs liés aux psychédéliques (fréquence d’utilisation, type de substance, contexte de l’expérience comme la définition d’intention), et 3) les facteurs liés à la méditation (années de pratique, expérience de retraites, types de méditation).
- Analyse des données : Des algorithmes d’apprentissage automatique (régression par filet élastique, forêt aléatoire) sont utilisés pour modéliser la relation entre les prédicteurs et le résultat. L’importance des variables est évaluée à l’aide de plusieurs techniques (valeurs SHAP, ablation de caractéristiques et coefficients standardisés).
- Perception générale : En moyenne, les participants rapportent que les expériences psychédéliques améliorent la qualité de leur pratique de méditation. Plus précisément, 73,5% des participants constatent une influence positive.
- Prédicteurs clés : L’analyse par apprentissage automatique, où le modèle de filet élastique montre la meilleure performance prédictive (R² = 0,266), identifie systématiquement quatre facteurs principaux :
- Une plus grande fréquence d’utilisation des substances psychédéliques (au cours de la vie et des 12 derniers mois).
- Le fait de définir des intentions claires avant une expérience psychédélique.
- Un score plus élevé sur le trait de personnalité de l’agréabilité.
- L’exposition à la N,N-DMT.
- Corrélations : Plusieurs variables montrent des corrélations significatives avec le résultat, les plus fortes étant la fréquence d’utilisation des psychédéliques (r = 0,34), la définition d’intentions (r = 0,30) et l’exposition à la N,N-DMT (r = 0,23).
Les résultats de cette étude suggèrent qu’un profil d’individus susceptibles de percevoir des bénéfices de l’utilisation de psychédéliques pour leur méditation se dessine. Il s’agit de personnes qui abordent cette utilisation comme une pratique régulière et intentionnelle, qui présentent un score élevé d’agréabilité et qui ont une expérience avec la N,N-DMT.
Ces conclusions soulignent l’importance du contexte de l’expérience (‘set and setting’), en particulier la formulation d’intentions. Les implications pour la recherche future incluent la nécessité de mener des études longitudinales et expérimentales pour établir des liens de causalité. Sur le plan clinique, ces données pourraient informer le développement de modèles thérapeutiques intégrant la méditation et les substances psychédéliques.
Les auteurs reconnaissent plusieurs limites, notamment le caractère transversal de l’étude, l’utilisation d’un échantillon de convenance non représentatif (principalement masculin) et le recours à des mesures auto-rapportées non validées psychométriquement.
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