Face à l’intérêt public et scientifique croissant pour les substances psychédéliques, leur utilisation non supervisée à des fins de santé augmente. De nombreux individus rapportent s’auto-traiter pour des symptômes physiques ou psychologiques. Cependant, les synthèses de niveau revue sur cette pratique restent rares.
Cette revue de la portée cartographie et synthétise les données probantes issues de revues sur l’automédication avec les psychédéliques. Elle examine quelles substances sont utilisées, dans quels buts liés à la santé, ainsi que les bénéfices et les risques rapportés.
Les résultats indiquent que trois revues répondaient aux critères d’inclusion. La psilocybine et le LSD sont les substances les plus fréquemment citées, principalement pour les céphalées en grappe et les douleurs chroniques. Les bénéfices rapportés comprennent un soulagement abortif et prophylactique, ainsi qu’une rémission prolongée, souvent obtenue avec des régimes de microdosage. Environ 40% des utilisateurs atteignent une rémission complète, et 70% signalent un bénéfice préventif. Les effets indésirables sont décrits comme rares et brefs. Les motivations pour l’automédication sont principalement le coping (faire face), le désespoir et l’insatisfaction vis-à-vis des soins conventionnels.
En conclusion, les données préliminaires suggèrent que les individus qui s’automédicamentent avec des psychédéliques, notamment la psilocybine et le LSD, rapportent un soulagement des symptômes pour des conditions telles que les céphalées en grappe. Toutefois, ces conclusions restent limitées par des données rares et hétérogènes. Des recherches plus rigoureuses sont nécessaires pour clarifier l’efficacité, la sécurité et les schémas d’utilisation en conditions réelles.
L’objectif de cette étude est de cartographier et de synthétiser les données probantes disponibles au niveau des revues concernant l’automédication avec des substances psychédéliques. L’étude vise à identifier quelles substances sont utilisées, pour quelles conditions de santé, et quels sont les bénéfices et les risques rapportés dans la littérature existante.
- Type d’étude : Il s’agit d’une revue de la portée (scoping review) de la littérature existante au niveau des revues, suivant la checklist PRISMA-ScR (2018).
- Sources de données : Les recherches sont menées dans les bases de données PubMed, PsycINFO et Google Scholar entre octobre et novembre 2024.
- Critères d’inclusion : Sont incluses les revues examinant l’utilisation non supervisée de substances psychédéliques classiques ou non classiques pour des conditions physiques, mentales ou comportementales.
- Processus de sélection : Quatre examinateurs sélectionnent indépendamment les articles. L’extraction des données est réalisée à l’aide d’un outil d’IA (Elicit AI) et vérifiée manuellement.
- Évaluation de la qualité : La qualité méthodologique des revues incluses est évaluée à l’aide des critères AMSTAR-2.
- Sélection finale : Trois revues (une systématique, une de portée et une narrative) sont retenues pour la synthèse finale.
- Substances et conditions : La psilocybine et le LSD sont les substances les plus fréquemment utilisées en automédication, principalement pour traiter les céphalées en grappe et les douleurs chroniques.
- Bénéfices rapportés : Les résultats montrent un soulagement abortif (arrêt de la crise), un effet prophylactique (prévention) et des périodes de rémission prolongée. Environ 40% des utilisateurs rapportent une rémission complète et 70% un bénéfice préventif. Le microdosage est une pratique courante pour obtenir ces effets.
- Effets indésirables : Les effets secondaires signalés sont généralement rares et de courte durée.
- Motivations : Les principales motivations des utilisateurs sont le besoin de faire face à leurs symptômes (coping), le désespoir face à l’inefficacité des traitements conventionnels et l’insatisfaction générale envers ces derniers.
- Comparaison aux traitements standards : Pour les céphalées en grappe, l’efficacité de la psilocybine et du LSD est jugée comparable ou supérieure à celle des traitements de première ligne comme les triptans ou l’oxygénothérapie à haut débit.
Cette revue de la portée met en évidence des preuves préliminaires suggérant que l’automédication avec des substances psychédéliques, en particulier la psilocybine et le LSD, peut apporter un soulagement symptomatique pour des affections difficiles à traiter comme les céphalées en grappe. Cependant, les auteurs soulignent que ces conclusions sont basées sur des données limitées, rares et hétérogènes, provenant principalement de comptes rendus rétrospectifs et auto-sélectionnés.
L’étude souligne que cette pratique est souvent motivée par le désespoir des patients et leur insatisfaction à l’égard des thérapies conventionnelles. Un point clé est que les bénéfices thérapeutiques peuvent survenir à des doses sub-hallucinogènes (microdosage), ce qui remet en question la nécessité de l’expérience psychoactive intense pour l’efficacité. Le profil de sécurité semble encourageant, mais doit être confirmé par des études plus robustes.
Les auteurs concluent qu’il existe un besoin urgent de recherches plus rigoureuses, telles que des essais observationnels structurés et des essais pragmatiques, pour mieux comprendre l’efficacité, la sécurité et les modes d’utilisation réels de ces substances en automédication. Cela est crucial pour éclairer à la fois la conception des essais cliniques futurs et les politiques de santé publique.
La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.