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Psychédélique(s) étudié(s) : Kétamine
Publiée le 10 décembre 2025
Type : Etude quantitative
Auteurs : Fares Qeadan, Shanti O'Neil
Résumé :

L’étude analyse l’association entre le traitement pour un trouble de l’usage de substances (TUS) et l’usage de kétamine. Face à l’utilisation croissante de la kétamine en milieu clinique et aux risques de santé publique liés à son mésusage, cette recherche explore son utilisation parmi les individus suivant un traitement pour TUS, un domaine peu étudié jusqu’à présent.

En se basant sur les données de l’enquête nationale sur l’usage de drogues et la santé (NSDUH) de 2021-2023, les auteurs examinent le lien entre l’usage de kétamine au cours de l’année écoulée et le suivi d’un traitement pour TUS chez les résidents américains de 12 ans et plus. Les résultats montrent que parmi les 173 808 participants, 3,19 % ont reçu un traitement et 0,26 % ont consommé de la kétamine. L’usage de kétamine s’avère plus fréquent chez les personnes en traitement (1,39 %) que chez celles qui n’y sont pas (0,22 %).

Le suivi d’un traitement est associé à une probabilité plus élevée de consommer de la kétamine dans plusieurs catégories de TUS, notamment l’alcool, le cannabis, les inhalants, la méthamphétamine et les opioïdes. L’étude conclut que le traitement pour un TUS au cours de l’année écoulée est un marqueur d’une exposition élevée à la kétamine. Ces résultats, générateurs d’hypothèses, soulignent la nécessité d’un dépistage clinique, d’une éducation des patients sur les risques et de recherches supplémentaires pour clarifier les dynamiques de l’usage de kétamine dans les populations traitées pour TUS.

Objectif :

L’objectif principal de cette étude est d’analyser l’association entre le suivi récent d’un traitement pour un trouble de l’usage de substances (TUS) et la consommation de kétamine au cours de l’année écoulée. Compte tenu de l’augmentation simultanée du mésusage de la kétamine et de ses applications thérapeutiques, l’étude vise à comprendre les schémas de son utilisation chez les individus traités pour un TUS, en stratifiant l’analyse par type de substance et catégorie de consommation (usage, mésusage, et trouble).

Méthodologie :
  • Source des données : L’étude utilise les données des années 2021, 2022 et 2023 de l’Enquête Nationale sur l’Usage de Drogues et la Santé (NSDUH).
  • Participants : L’échantillon total comprend 173 808 participants, des résidents américains civils et non institutionnalisés âgés de 12 ans et plus, ayant déclaré une consommation de substances.
  • Mesures : L’exposition principale est le fait d’avoir reçu un traitement pour un trouble de l’usage d’alcool ou de drogues au cours de l’année écoulée. Le critère de jugement principal est l’usage de kétamine au cours de la même période. L’analyse est stratifiée par type de substance (alcool, cannabis, opioïdes, etc.) et par catégorie d’usage (usage simple, mésusage, ou trouble).
  • Analyse statistique : Des modèles de régression logistique ajustés sont utilisés pour estimer les associations entre le suivi d’un traitement et les probabilités d’usage de kétamine.
Résultats principaux :
  • Prévalence : Sur 173 808 participants, 3,19 % ont reçu un traitement pour un TUS au cours de l’année passée, et 0,26 % ont déclaré avoir consommé de la kétamine. L’usage de kétamine est nettement plus élevé chez les personnes en traitement (1,39 %) que chez les autres (0,22 %).
  • Association principale : Le suivi d’un traitement est associé à des probabilités significativement plus élevées d’usage de kétamine dans de nombreux sous-groupes de TUS, incluant les troubles liés à l’alcool (aOR = 2,73), au cannabis (aOR = 2,32), aux inhalants (aOR = 5,22), à la méthamphétamine (aOR = 5,10), aux analgésiques (aOR = 2,62) et aux opioïdes (aOR = 2,76).
  • Autres associations : Des liens significatifs sont également trouvés pour les personnes qui mésusent des opioïdes ou des psychotropes, ainsi que pour celles qui consomment du tabac, de l’alcool, du cannabis, de l’héroïne, de la PCP, de la DMT, de la méthamphétamine et des stimulants.
Implications cliniques :

L’étude indique que le suivi d’un traitement pour un trouble de l’usage de substances est fortement associé à une probabilité accrue de consommer de la kétamine. Cette corrélation suggère probablement une plus grande sévérité des troubles et une polyconsommation plus fréquente chez les individus traités. Ces résultats mettent en lumière le double statut de la kétamine, à la fois comme thérapie potentielle et comme substance sujette au mésusage.

Les auteurs recommandent l’intégration d’un dépistage systématique et d’une éducation des patients sur la kétamine dans les programmes de traitement des addictions. Ils appellent à des essais cliniques rigoureux pour clarifier le rôle, les bénéfices et les risques de la kétamine dans ce contexte. La présence de la kétamine au sein de la communauté des personnes en rétablissement, en dehors de protocoles cliniques stricts, est une source de préoccupation qui nécessite des recherches qualitatives et prospectives pour mieux comprendre les motivations de cet usage.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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