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Psychédélique(s) étudié(s) : Psilocybine
Publiée le 15 mai 2026
Type : Essai clinique
Auteurs : Hampus Yngwe, Pontus Plavén-Sigray, Carl Johan Ekman, Eva Henje, Anders Berglund, Mikael Tiger, Maria Beckman, Johan Lundberg
Résumé :

L’étude examine les effets antidépresseurs de la psilocybine, qui est proposée comme un antidépresseur à action rapide (début en moins de 2 semaines) avec des effets durables (plus de 6 semaines). Cependant, les preuves issues des essais cliniques randomisés sont limitées, en particulier au sein de la population plus large souffrant de trouble dépressif majeur (TDM).

Les résultats de cet essai clinique randomisé démontrent qu’une dose unique de psilocybine est associée à des effets antidépresseurs rapides, observables dès le deuxième jour et persistants pendant plus de trois mois sur les critères secondaires. La psilocybine est généralement bien tolérée, bien que certains individus aient nécessité un soutien supplémentaire après l’administration en raison d’anxiété.

Les conclusions de l’étude suggèrent que la psilocybine pourrait offrir un effet antidépresseur rapide et relativement durable pour le trouble dépressif majeur, justifiant des recherches supplémentaires sur des stratégies de dosage répété ou des traitements adjuvants.

Objectif :

L’objectif principal de cette étude est d’évaluer les effets antidépresseurs à court et long terme d’une thérapie à la psilocybine chez les patients atteints de trouble dépressif majeur (TDM). L’étude vise spécifiquement à déterminer l’efficacité d’une dose unique de psilocybine à 25 mg par voie orale sur les symptômes dépressifs dès le jour 8.

Les objectifs secondaires incluent l’évaluation du suivi de l’efficacité et de la tolérabilité sur une période de 12 mois, contrôlée par placebo, ainsi que la surveillance des prescriptions d’antidépresseurs pendant la période de suivi et le test de l’intégrité de l’aveuglement.

Méthodologie :
  • Type d’étude : Il s’agit d’un essai clinique randomisé, en double aveugle, contrôlé par placebo, de phase 2.
  • Participants : L’étude inclut 35 participants (21 femmes [60 %] ; âge moyen [ET] de 41,0 [10,1] ans) diagnostiqués avec un TDM récurrent modéré à sévère. 17 participants sont randomisés dans le groupe psilocybine et 18 dans le groupe niacine.
  • Lieu de l’étude : La clinique psychiatrique du nord de Stockholm, en Suède.
  • Interventions : Les participants reçoivent une dose unique de 25 mg de psilocybine ou de 100 mg de niacine (placebo actif) et 5 séances de soutien psychothérapeutique sur une période de 17 jours.
  • Mesures principales : Le critère d’évaluation principal est la différence entre les groupes concernant le changement du score de l’échelle d’évaluation de la dépression de Montgomery-Åsberg (MADRS) du début au jour 8.
  • Mesures secondaires : Les scores MADRS aux jours 15, 42 et 365, ainsi que les auto-évaluations mensuelles (MADRS-S) des symptômes dépressifs, de l’incapacité, de la qualité de vie et de l’anxiété tout au long du suivi de 365 jours. L’intégrité de l’aveuglement est également évaluée.
  • Durée de l’étude : L’étude est menée du 26 janvier 2021 au 19 février 2024. L’analyse statistique est réalisée du 20 février 2024 au 20 juin 2025.
Résultats principaux :
  • Critère principal (MADRS) : L’étude atteint son objectif principal avec une différence moyenne significative entre les groupes (modèle estimé) dans le changement du score MADRS au jour 8 (-7,27 ; IC à 95 % : -12,89 à -1,65 ; P = 0,01) en faveur de la psilocybine.
  • Effets à court et moyen terme : La différence entre les groupes est également significative aux jours 15 (différence moyenne, -11,03 ; IC à 95 % : -16,65 à -5,42 ; P < 0,001) et 42 (différence moyenne, -8,33 ; IC à 95 % : -13,94 à -2,71 ; P = 0,004).
  • Effets à long terme : La différence n’est plus significative au jour 365 (différence moyenne, -3,68 ; IC à 95 % : -9,30 à 1,94 ; P = 0,20).
  • Auto-évaluations (MADRS-S) : Le groupe psilocybine présente une réduction significativement plus importante à partir du jour 2 (différence moyenne, -9,58 ; IC à 95 % : -16,05 à -3,11 ; P = 0,004), avec des différences entre les groupes persistant jusqu’au jour 102 (différence moyenne, -6,60 ; IC à 95 % : -13,01 à -0,19 ; P = 0,04), puis des effets isolés aux jours 283 et 343.
  • Événements indésirables : La plupart des événements indésirables liés au traitement sont transitoires et de gravité légère à modérée. Aucun événement indésirable grave lié au médicament n’est rapporté. Deux participants du groupe psilocybine signalent une anxiété sévère et persistante ayant nécessité une attention médicale.
  • Taux de rémission : Au jour 42, le taux de rémission est de 52,9 % (9 sur 17) pour la psilocybine contre 5,9 % (1 sur 17) pour la niacine. Au jour 365, le taux de rémission MADRS pour la psilocybine est de 52,9 % (9 sur 17) pour la population ITT, ce qui n’est pas significativement différent du taux de rémission de 41,2 % (7 sur 17) observé pour la niacine.
  • Intégrité de l’aveuglement : Au jour 365, 94,1 % des participants du groupe psilocybine et 100 % de ceux du groupe niacine devinent correctement leur affectation. L’évaluateur en aveugle devine correctement l’affectation dans 82,4 % des cas pour le groupe psilocybine et 76,5 % pour le groupe niacine au jour 365.
Implications cliniques :

Dans cet essai clinique randomisé (ECR), une dose unique de psilocybine à 25 mg génère une réduction cliniquement significative des symptômes dépressifs, observable dès le jour 8, par rapport à 100 mg de niacine. Cette découverte implique que la psilocybine peut constituer une option aux traitements standards lorsque le soulagement rapide des symptômes est crucial.

La supériorité de la psilocybine sur la niacine persiste jusqu’au jour 42 et est observée jusqu’au jour 102 dans les auto-évaluations, mais plus au-delà. Cette étude enrichit les rapports précédents concernant les effets antidépresseurs au-delà de 6 mois dans des essais non contrôlés, suggérant qu’une dose de rappel ou une thérapie d’entretien pourrait être nécessaire pour prévenir les rechutes à long terme. Cependant, des ECR avec des échantillons plus larges sont nécessaires pour tirer des conclusions fermes sur les effets à long terme.

La psilocybine est généralement bien tolérée par la plupart des participants, avec des événements indésirables transitoires et de gravité légère à modérée, sans événements indésirables graves liés au traitement. Toutefois, deux participants signalent une anxiété sévère et persistante, ce qui indique que certains individus peuvent nécessiter un soutien supplémentaire. La faible intégrité de l’aveuglement rapportée souligne les limites de la niacine en tant que placebo actif, même au sein d’une population naïve aux psychédéliques. Des recherches supplémentaires sont essentielles pour affiner la conception des ECR sur les psychédéliques, afin d’aborder les questions d’aveuglement fonctionnel et de prendre en compte les effets d’attente et placebo.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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